Frédéric Pépin apprivoise le quotidien avec son tout nouveau bras robotisé.

La nouvelle vie de Frédéric

Il y a encore quelques mois, le jeune Frédéric Pépin n’aurait pas pu jouer aux échecs. C’est pourtant ce qu’il était en train de faire dans la salle à manger familiale, quand La Voix de l’Est est allée à sa rencontre.

Un bras robotisé a été installé au mois d’octobre sur le fauteuil roulant de l’adolescent, atteint depuis la naissance d’amyotrophie spinale de type 2. L’appareil, qui s’opère à même la télécommande de son fauteuil, facilite grandement le quotidien de Frédéric, qui a gagné en autonomie.

« Je peux faire plein d’affaires, comme manger tout seul ou boire. Je peux me servir sans avoir à demander­ à quelqu’un », dit-il fièrement.

Pour sa mère, Marilyn Leboeuf, il s’agit aussi d’un soulagement. « Ça allège le quotidien », note-t-elle.

Certes, une période d’adaptation a été nécessaire pour que Frédéric maîtrise la motricité du bras au bout duquel se trouve une « main » à trois doigts fonctionnant à la manière d’une petite grue.

« Frédéric adore les chocolats Ferrero­ Rocher, poursuit Mme Leboeuf. Alors pour l’entraîner à aller chercher des objets, on en a mis un petit peu partout­ dans la maison. »

Il a également fallu se procurer de la vaisselle adaptée pour l’aider à manger. Comme il faut insérer un embout au bras pour y faire tenir une fourchette, une simple assiette n’est pas d’une grande aide pour contenir la nourriture ainsi poussée par l’ustensile ; une soucoupe oblongue et plus profonde fait l’affaire. « Il a fallu qu’il réapprenne à manger, comme quand il était petit », souligne la mère de l’adolescent.

Un cadeau unique

La maladie dont est atteint Frédéric­ entraîne chez lui des déformations musculo-squelettiques­ dans ses membres, en plus de provoquer une grande faiblesse musculaire. Ce faisant, il n’a jamais pu marcher et perd graduellement l’usage de ses membres supérieurs en grandissant. 

« Il avait fait l’essai d’un bras en 2013. Mais à l’époque, on n’avait pas les moyens de se l’offrir », raconte Mme Leboeuf.

C’est finalement l’ergothérapeute de Frédéric qui mettra sa famille en contact avec la Fondation Le Pont vers l’autonomie, qui se spécialise dans l’acquisition de bras robotisés pour des personnes aux prises avec de graves conditions neuro­musculaires génétiques ou accidentelles­. (voir autre texte)

À peu près un an s’est déroulé entre la demande et l’obtention du précieux appareil, le temps nécessaire aux proches de Frédéric pour amasser une partie de la somme nécessaire. Une tante de Mme Leboeuf, nouvellement retraitée, a choisi de s’impliquer activement­ pour y parvenir.

« Ma tante Lucie aime beaucoup Frédéric, alors c’est tout naturel­lement qu’elle a sauté dans l’aventure­ », raconte la mère de famille. 

Recrutement de commanditaires, collectes de fonds festives et tirages : la dame n’a ménagé aucun effort pour atteindre son objectif, avec toute la détermination que l’amour qu’elle portait à son petit neveu lui a fournie.

C’est donc le 30 septembre dernier que la Fondation a pu remettre son bras mécanique à Frédéric, invité au Centre Bell pour l’occasion. « C’était une surprise. Il avait été invité parce que ce jour-là, on faisait tirer une loge pour assister aux matchs du Canadien dans le cadre de la collecte de fonds », raconte Mme Leboeuf.

Cette journée restera toujours marquée dans l’esprit de l’élève de première secondaire au programme d’éducation internationale, à l’école L’Envolée de Granby, qui rêve de faire carrière dans l’industrie­ du jeu vidéo.

Le nouveau bras robotisé de Frédéric Pépin lui permet, entre autres, de disputer une partie d’échecs avec les membres de sa famille.