Marie-Ève, la nouvelle essayiste, et moi, lors du lancement. Deux femmes fières.

La mère porteuse

CHRONIQUE / Pour le lancement de son premier livre — car la connaissant, il y en aura au moins six autres —, notre collègue Marie-Ève Martel a passé une partie de la semaine... à concocter toutes les petites bouchées qu’elle allait offrir à ses invités. Pas par souci d’économie. Pas du tout. Cuisiner à travers des articles à rédiger, des textes de La Presse canadienne à relire, des entrevues à faire ou à donner, elle l’a fait parce qu’elle a un grand cœur. Tout simplement.

C’est donc à des œufs farcis de fierté, à un gâteau glacé de mots et à des légumes et des fromages coupés avec amour que nous avons eu droit lors du lancement granbyen d’Extinction de Voix, — Plaidoyer pour la sauvegarde de l’information régionale.

Juste pour vous dire, à son éditeur et à Michel Nadeau, qui signe sa préface, Marie a offert une bouteille de rouge californien Curious Beasts. Pourquoi ? Pour faire référence à ce que nous sommes, nous les journalistes : de petites bêtes curieuses.

Vous voyez le genre ?

Marie-Ève Martel, c’est tout ça. Un cœur sur deux pattes. Une exubérante qui ne cesse de douter, mais le genre de personne qui donne en disant huit fois « Merci ! ».

Entre son lancement à Montréal et celui à Granby, elle m’a avoué, une galaxie entière d’étoiles dans les yeux, être reconnaissante.

— Euh, Marie, c’est nous tous qui sommes reconnaissants, que je lui ai alors fait remarquer. Tu vas au batte pour nous tous. Ce n’est pas rien ce que tu mets en lumière. Il faut que les gens s’en rendent compte avant qu’il ne soit trop tard...

Le rêve d’écrire un livre habitait Marie-Ève bien avant qu’elle ne devienne journaliste. Ce sera finalement son métier qui lui aura donné l’inspiration pour écrire son premier bouquin.

« Tout est dans tout », comme on aime se le rappeler souvent.

Son essai est, en fait, un cri du cœur pour l’information locale. Oui, elle prêche pour sa paroisse, la Marie. Mais si l’un de nous ne le fait pas, qui le fera ? Ainsi, elle est une vraie p’tite mère pour ceux et celles qui l’entourent.

Quand on y pense, on ne pouvait avoir meilleure porteuse pour nos voix de régionaux.

Marie est notre mère porteuse !

Une femme qui n’a pas peur de ses convictions, capable de porter une cause d’un point A à un point X, Y et Z s’il le faut. Une battante qui n’y va pas par quatre chemins. Une généreuse. Et aussi une grande sensible.

C’est le genre de personne qui, pour montrer à un collègue dans une mauvaise passe que tout le monde partage sa peine, se garroche à la pharmacie du coin acheter une carte et la fait noircir de bons mots par tout le monde.

C’est celle qui, au péril de sa vie ( !) accompagne, côté passager, une amie-un-peu-plus-âgée qui se pratique à conduire sa voiture en vue de l’obtention de son permis de conduire. Marie est une dévouée. Toujours prête à répondre présent. « Chu quétaine de même ! qu’elle lance quand on lui fait remarquer sa grandeur d’âme. Ça vient tout seul. Mais des fois, j’me sens comme une mamie dans un corps de jeune femme ! »

— Une vieille âme lucide, on n’en aura jamais trop, que je lui ai indiqué.

Et du monde généreux, il ne s’en fera jamais assez non plus.

En voulez-vous, une autre preuve de son abnégation ? Dans son allocution, au lancement de son essai, Marie-Ève a fait une demande spéciale aux gens présents. « Quand vous l’aurez lu, faites-le lire à une personne qui n’est pas directement liée au monde des médias, car c’est elle qui a le pouvoir de faire une différence quant à notre avenir en comprenant mieux notre rôle. »

Donnez-moi deux semaines. Après, je mets ma copie en circulation (munie d’un élastique !) La première personne qui m’appelle au 450-375-4555, poste 4260, aura à faire de même et ainsi de suite...

Après une chaîne de lettres, faisons d’un livre une chaîne.

Moi aussi, parfois, chu quétaine de même.