David Savard donne une mise en échec Anthony Cirelli lors du match entre les Blue Jackets et le Lightning à Columbus, mardi.

«La job loin d’être finie» pour les Blue Jackets, insiste David Savard

Au lendemain de l’époustouflant balayage du Lightning par les Blue Jackets, David Savard savoure le moment. Mais il garde la tête froide. «On sait que la job est loin d’être finie, si on veut se rendre jusqu’au bout», insiste le défenseur de Québec.

Mardi soir, Savard et les Blue Jackets ont réussi l’impensable, sur la patinoire du Nationwide Arena de Columbus. Ce qu’aucune équipe de la LNH n’avait réalisé depuis 1938 — 81 ans! —, soit balayer les champions de la saison dès leur première série.

«C’est quand même plaisant!» a reconnu Savard, quand Le Soleil l’a joint mercredi matin dans la capitale de l’Ohio, sa résidence permanente depuis six ans. «C’est une chose d’avoir battu Tampa, mais c’est surtout pour l’organisation qui gagne une première série dans son histoire. C’était vraiment un beau moment pour toute l’équipe», confirme-t-il.

Le gentil barbu se réjouit pour lui, ses coéquipiers et les membres de l’organisation des Blue Jackets. Mais plus que ça, c’est toute la ville de Columbus qui sourit, aujourd’hui.

«Nos fans attendaient ça depuis longtemps. Les deux dernières games ici, c’était assez spécial dans l’aréna. La foule était debout pratiquement toute la partie et faisait beaucoup de bruit, le monde embarquait vraiment. C’est bon de leur donner une victoire, à la maison en plus. Ils ont pu profiter du beau moment avec nous.»

Rôle défensif crucial

Humble, Savard évolue dans l’ombre des Panarin, Atkinson, Dubois, Jones et autres Bobrovsky. Mais le numéro 58 a rempli un rôle crucial au cours de cette série de quatre victoires aux dépens du puissant Lightning de Tampa Bay.

Le produit du Séminaire Saint-François a été sur la glace durant 26 min 18, mardi. Joueur le plus utilisé des deux camps dans l’ultime affrontement. Avec une mince avance de 4-3 après deux périodes, ses habiletés défensives ont été mises à contribution maximale durant le dernier tiers. Il a passé la grande majorité des trois dernières minutes de jeu sur la patinoire.

Dans cette victoire de 7-3 qui expédiait en vacances l’équipe codétentrice d’une saison record de 62 victoires, Savard a stoppé 5 des 15 tirs du Lightning bloqués dans le match par les Blue Jackets. Danse la série, Savard a eu 15 des 62 lancers bloqués par Columbus à sa fiche, presque le quart.

«D’autres gars dans l’équipe sont plus l’avant-plan et c’est bien correct comme ça. C’est super le fun de contribuer autant au succès de l’équipe, d’être utilisé dans plein de situations et d’avoir la confiance de tout le monde. Mais c’est un travail d’équipe. Tout le monde a embarqué dans le concept d’équipe pour bloquer des tirs et tout», souligne-t-il.


« [Tortorella] est quelqu’un d’extrêmement honnête. Si tu joues bien, il va tout le temps te le dire. Et si tu joues mal, il va aussi te le dire! Ce qui te permet de revenir à la base de ce qui te fait avoir du succès sur la glace. »
David Savard

Il a clairement la confiance de son entraîneur-chef, le bouillant John Tortorella. «Un gars qui a beaucoup de fire», dixit Savard. «Il faut apprendre à dealer avec sa façon de coacher, qui est différente de l’entraîneur qu’on avait avant», Todd Richards, maintenant adjoint avec… Tampa!

Tortorella «est quelqu’un d’extrêmement honnête. Si tu joues bien, il va tout le temps te le dire. Et si tu joues mal, il va aussi te le dire! Ce qui te permet de revenir à la base de ce qui te fait avoir du succès sur la glace».

L'entraîneur-chef des Blues Jackets John Tortorella lors du premier match de la série à Tampa Bay.

Le Lightning devient seulement la cinquième formation dans l’histoire de la LNH incapable de gagner un seul match éliminatoire après avoir récolté le plus de points en saison. Les Saint Patricks de Toronto de 1920-21, les Sénateurs d’Ottawa de 1923-24, le Canadien de Montréal de 1928-29 et les Bruins de Boston de 1937-38 ont aussi échoué de la sorte.

Battus deux fois par les champions

Avant ces quatre gains en sept jours, les Blues Jackets n’avaient gagné que cinq matchs de séries en 18 ans d’existence. Mais ces deux dernières années, Columbus avait été éliminé en première ronde par l’éventuel champion de la Coupe Stanley, soit Washington en 2018 et Pittsburgh en 2017.

L’an passé, après avoir raflé les deux premiers matchs contre les Capitals à Washington, la défaite en deuxième prolongation du troisième match a fait très mal, rappelle Savard. Ovechkin et sa bande ont alors pris leur élan pour gagner quatre fois de suite et plus tard soulever le précieux trophée.

Quand Savard dit que «les choses changent vite en séries», il n’a pas tort. Le Lightning a pris les devants 3-0 dès la première période du premier match.

«On s’est dit qu’il fallait revenir à notre style de jeu, la seule façon de battre un bon club comme Tampa. Puis tranquillement, pas vite, la game un a tourné en notre faveur et on avait ensuite le vent dans les voiles», analyse l’athlète de 28 ans, le plus ancien dans le vestiaire avec Cam Atkinson, aussi promu pour la première fois à Columbus en octobre 2011.

David Savard (no 58) témoin d'un autre arrêt du gardien Sergei Bobrovsky, qui frustre ici Brayden Point du Lightning en troisième période du quatrième match de la série, mardi soir, à Columbus.

Des hauts et des bas

La saison que viennent de vivre les Blue Jackets n’a pas été de tout repos non plus. Avec l’attaquant vedette Artemi Panarin et le gardien étoile Sergei Bobrovsky qui n’ont pas signé de prolongation de contrat, puis l’arrivée de Matt Duchene et de Ryan Dzingel, en février, à la date limite des transactions.

Columbus a montré une fiche de 12-15-1 de la mi-janvier à la mi-mars, mais s’est relevé juste à temps avec sept victoires à ses huit derniers matchs de saison pour arracher la dernière place en séries au nez du Canadien.

«On a eu des hauts et des bas et on a réussi à naviguer à travers tout ça», constate Savard. «Ç’a débloqué vers la fin, on n’avait plus le choix. Avec toutes les parties qu’il fallait gagner, on peut dire que ça fait plus d’un mois qu’on est en séries!»

Tortorella réunira de nouveau ses troupes vendredi, après deux jours de congé bien mérités. «On va prendre une journée ou deux pour relaxer et apprécier le moment, mais on sait qu’on est loin d’avoir fini. On va se remettre au travail et se préparer pour arriver sharp pour la deuxième série. Maintenant, on sait comment on doit jouer si on veut avoir du succès», conclut Savard.

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