En mars 2019, plusieurs milliers d'étudiants norvégiens ont manifesté pour exiger un renforcement des efforts pour lutter contre les changements climatiques.

La grève étudiante pour le climat en quatre questions

Les jeunes de partout sont invités à défiler vendredi pour réclamer aux adultes des actions fortes pour le climat, un test pour une mobilisation inédite inspirée par l’adolescente Greta Thunberg. Le phénomène en quatre questions.

Pourquoi cette grève?

Les étudiants qui manifesteront aujourd’hui (ainsi que les «non-étudiants» qui se joindront à eux) estiment que les dirigeants politiques d’un peu partout dans le monde n’en font pas assez pour maintenir le réchauffement planétaire en deçà de 1,5 °C, soit un niveau où l’on croit que les conséquences ne seront pas trop sévères. Dans un communiqué de l’organisation La Planète s’invite à l’université (LPSU), qui est derrière le pendant québécois de ce mouvement, on lit : «Cette manifestation étudiante mondiale se veut un appel tourné vers les décideurs, appel à l’urgence d’agir face à la crise climatique.»

Manifestation étudiante pour le climat en Norvège.

Alors ce n’est pas qu’au Québec?

Non. Il y a une dizaine de manifestations prévues au Québec, mais le mouvement est effectivement mondial. Des grèves sont prévues dans une centaine de pays aujourd’hui, et une autre grève étudiante «globale» est annoncée pour le 27 septembre prochain. Ce ne sont d’ailleurs pas les premières grèves étudiantes de ce mouvement. D’autres ont déjà eu lieu au cours des derniers mois, toujours les vendredis. Le 15 février dernier, par exemple, plusieurs milliers d’étudiants ont boudé leurs cours en Grande-Bretagne pour demander des actions plus décisives pour le climat, rapportait The Guardian, qui rapportait des événements semblables dans plusieurs autres pays au cours des semaines précédentes. En janvier, des dizaines de milliers d’étudiants en Belgique et en Allemagne ont fait de même, rapporte le Washington Post [et Le Soleil NDLR].

Alors d’où tout cela est-il parti?

L’origine du mouvement remonte à l’été dernier, quand une étudiante suédoise de 15 ans, Greta Thunberg, a décidé de manifester (seule, au début) devant le parlement de son pays. Elle a séché ses cours tous les vendredis par la suite, et a fini par acquérir une grande notoriété. Elle fut notamment invitée au dernier sommet de Davos. La jeune fille dit elle-même s’être inspirée de l’action des étudiants qui ont survécu au massacre de 17 des leurs, à Parkland, et qui se sont mobilisés pour demander que le gouvernement américain restreigne l’accès aux armes à feu.

L'activiste climatique Greta Thunberg durant son allocution lors du dernier Forum économique mondial.

Et sur le fond de la question, est-ce que ça se réchauffe?

Au cours des quelque 150 dernières années, la température moyenne sur Terre a gagné 1,1 °C. Par comparaison, lorsque la planète sortait d’une glaciation, elle gagnait entre 4 et 7 °C sur environ 5000 ans. Le rythme des 150 dernières années est donc environ 10 fois plus rapide que celui des cycles naturels, et les modèles climatiques actuels prévoient que ce sera encore deux fois plus rapide au cours du siècle prochain (go.nasa.gov/2TCC62q).