L’équipe lors de son arrivée à Québec, après 55 jours de voyage. Le départ s’est fait le 4 juin 2016, à La Rochelle en France.

La Grande Traversée: un voyage loin d’être oublié

Le voyage de la France vers l’Amérique des premiers colons peut nous sembler impossible avec les ressources dont nous disposons aujourd’hui. Pourtant, 10 francophones ont pris part à l’aventure pour réaliser la grande traversée dans des conditions similaires au XVIIe siècle. Les participantes Cindy Gagnon et Christiane Savoie reviennent sur leur expérience le temps d’une conférence, donnée à Québec.

Le périple de 5100 km a été filmé pour créer la série télé La Grande Traversée diffusée en 2017. Les 10 aventuriers provenant de toutes les régions du Québec ont traversé l’Atlantique à bord du grand voilier L’Espérance. Il est possible de visionner les 10 épisodes sur Tou.tv.

«On a été projetés dans le passé carrément. Ce genre de voyage là, c’est un voyage qui t’habite toute ta vie. Ce sont des images qui te restent en tête. On a eu une bonne idée des conditions du XVIIe siècle, peut-être pas à 100 %. Par exemple, on a des connaissances qu’ils n’avaient pas. Et nous, la position des hommes et celle des femmes étaient la même sur le bateau», indique Cindy Gagnon, actuellement résidente de l’Estrie.

Mme Gagnon et sa camarade Mme Savoie, de Québec, seront de passage au Domaine Joly-De Lotbinière le 3 août afin de parler de cette fameuse traversée. Elles pourront alors raconter tout ce qui n’a pas été capturé par les caméras.

«Il y a beaucoup de choses qui se passent en 55 jours. Dans la conférence, on va surtout répondre aux questions. Les gens veulent plus de détails. Ce sont des conditions très précaires, notre alimentation a changé et notre hygiène était au strict minimum. Ce qu’on voit à la télé, c’est vraiment ce qu’on a vécu. On n’a pas triché.» 

Voyage difficile, mais possible

Mal de mer, hygiène, esprit d’équipe, nourriture, ennui... Le voyage n’aura certainement pas été facile. Les deux femmes profitent des conférences pour répondre notamment à la fameuse question : pourquoi se lancer dans un voyage pareil?

«Nos raisons sont toutes différentes, la mienne c’est que c’est vraiment un rêve de jeunesse que j’avais de traverser l’Atlantique en bateau. Et j’ai vraiment réalisé mon rêve», exprime Mme Gagnon.

Le voyage aura certainement été marquant pour les deux femmes, comme leurs autres camarades qu’ils appellent «les colons». Mme Gagnon soutient qu’elle et son équipe ont pu y parvenir parce qu’ils sont restés soudés.

«C’est une grosse prise de conscience, aujourd’hui tout est fait pour que ça soit plus facile. Juste à l’époque, des grignotines, ça n’existait pas, on ne pouvait pas manger sur le pouce. Se nourrir, c’était une pensée constante. Ça prenait des heures et des heures pour cuisiner quelque chose. On est vraiment revenus à l’état d’avant. Coudre était une activité de tous les jours aussi. On devient fiers d’accomplir des choses très, très simples.»

La plus grande peur de Mme Gagnon sur le voilier? «Dans des traversées, il y a des tempêtes... Avant d’embarquer, je refusais de regarder toute vidéo ou image d’un bateau dans une tempête, je ne voulais pas en voir!» se souvient-elle. 

Tous les visiteurs du Domaine Joly-De Lotbinière de la journée du 3 août pourront assister à la conférence, à 13h. Seul le prix d’entrée sur le site du Domaine sera demandé (20 $). Depuis leur retour, les participants offrent quelques conférences sur demande, il s’agit de la première pour Québec, ville où les participants sont débarqués à la fin de leur périple.