Copropriétaire des magasins Puce Rock, Karine Giasson subit les effets de la nouvelle réglementation sur l’affichage de la feuille de cannabis.

La feuille de cannabis maintenant interdite

TROIS-RIVIÈRES — La légalisation du cannabis ne fait pas que des heureux. Les commerces qui vendaient jusqu’à tout récemment des articles arborant la feuille de cannabis ou faisant la promotion de sa consommation ne peuvent dorénavant plus le faire.

Les t-shirts du légendaire groupe heavy metal Pantera sur lesquels la fameuse feuille verte à longues pointes est bien en évidence ainsi que les affiches de Bob Marley fumant un gros joint font notamment partie des produits que lesdits commerces ne peuvent plus vendre. Le ministère de la Santé et des Services sociaux considère qu’ils constituent une forme de promotion du cannabis. Les commerçants qui refuseront ou omettront de se soumettre à cette nouvelle réglementation risquent d’écoper d‘amendes pouvant varier entre 5000 $ et 500 000 $.

Les deux magasins Puce Rock de Trois-Rivières sont directement touchés par cette nouvelle loi. Les deux copropriétaires, Manon et Karine Giasson, ont donc dû rapidement retirer une importante partie de leur inventaire de leurs tablettes lorsqu’elles ont pris connaissance de ce changement de législation par l’entremise des médias. Ces produits représentaient d’ailleurs environ 40 % de la marchandise qui était en vente dans les succursales de la rue Royale au centre-ville et du boulevard des Forges.

«On les a renvoyés à nos fournisseurs, mais on ne sait pas encore ce qui va nous être crédité», indique Karine Giasson sur un ton résigné. Cette dernière s’attend d’ailleurs à perdre quelques milliers de dollars. Ces pertes ne devraient pas compromettre l’avenir de l’entreprise familiale.

Comme on retrouve des feuilles de cannabis sur chacune d’elles, les enseignes des deux magasins devront également être remplacées. Malheureusement pour les deux femmes d’affaires, celle de la succursale de la rue des Forges venait tout juste d’être changée.

Comme un jour de fête

En plus des items associés à la contre-culture et à la musique, ces boutiques vendent également depuis un bon moment des articles servant à la consommation de cannabis. Tout comme les produits du tabac dans les dépanneurs, ces items se trouvent dans des présentoirs recouverts.

Les deux femmes s’attendent à ce que les ventes de ce type de produits augmentent en raison du récent changement historique.

«Depuis mercredi, je ne vois pas encore vraiment de nouveaux clients. Mais je sens tout de même que c’est un peu comme un jour de fête, comme à la Saint-Jean-Baptiste», mentionne Mme Giasson.