Dans son discours inaugural, le premier ministre avait surpris en disant vouloir profiter de la construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis pour enfouir les lignes électriques qui passent sur l’île d’Orléans et gâchent le paysage.

La CAQ enterre l'idée d'enfouir les lignes haute tension de l'île d'Orléans

Enfouir sous le fleuve les lignes haute tension qui passent sur l’île d’Orléans coûterait plus d’un milliard de dollars.

Trop cher pour la Coalition avenir Québec (CAQ), qui enterre l’idée lancée par le premier ministre François Legault l’automne dernier.

Dans son discours inaugural, le premier ministre avait surpris en disant vouloir profiter de la construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis pour enfouir les lignes électriques qui passent sur l’île d’Orléans et gâchent le paysage.

Pour Hydro-Québec, cette demande représentait un immense défi technique. La société d’État n’a jamais fait passer une ligne électrique aussi puissante — 735 000 volts de courant alternatif —, sous terre.

Hydro-Québec a présenté au bureau du premier ministre ces derniers jours un devis préliminaire des coûts de ce projet, qui s’élèvent à plus d’un milliards $. «C’est techniquement réalisable, mais ça représente un coût très important pour en enfouissement de moins d’une dizaine de kilomètres», indique Serge Abergel, directeur des relations avec les médias chez Hydro-Québec. La société d’État n’a toutefois pas voulu rendre public vendredi ce devis préliminaire. 

À titre de comparaison, Hydro-Québec vient de terminer la construction de la ligne haute tension Micoua-Saguenay, longue de 400 km, au coût de 1,4 milliard $. M. Abergel précise également que la ligne haute tension qui passe sur l’île d’Orléans n’est pas en fin de vie.

Passer son tour 

La réaction politique à cette estimation de coûts n’a pas tardé. «C’est trop cher, on va passer notre tour», lance Ewan Sauves, attaché de presse au cabinet du premier ministre François Legault. 

«Après un examen par Hydro-Québec, nous arrivons à la conclusion que de démanteler les pylônes qui enjambent l’île d’Orléans pour faire passer les lignes de transmission par le troisième lien serait trop onéreux, en plus de représenter un défi technique important», ajoute-t-il dans une déclaration écrite. 

M. Sauves fait valoir qu’il ne s’agissait pas d’un engagement de la CAQ d’enfouir ces lignes électriques. «C’était pas une annonce du premier ministre dans son discours, c’était un souhait.»

Pont ou tunnel?

Est-ce qu’on peut conclure que le gouvernement caquiste a rejeté l’idée de construire un tunnel entre les deux rives, et que le troisième lien sera un pont? «Je ne peux pas confirmer la forme que prendra le troisième lien. Le bureau de projet continue ses travaux et proposera un scénario en temps et lieu», répond M. Sauves. 

Chose certaine, le gouvernement dit vouloir éviter de défigurer l’île d’Orléans en construisant un troisième lien. «Notre gouvernement réitère sa volonté de préserver l’aspect patrimonial de l’île d’Orléans avec le projet de troisième lien», indique M. Sauves. 

Même si elle a promis une première pelletée de terre avant les élections de 2022, la CAQ n’a pas encore dévoilé le tracé, le coût et la forme que prendra le projet de troisième lien. M. Sauves se contente de dire qu’il «est beaucoup trop tôt pour donner des détails là-dessus».