L'ombudsman de l'Ontario, Paul Dubé, accompagné de la nouvelle commissaire aux services en français de la province, Kelly Burke.

Kelly Burke, nouvelle commissaire aux services en français de l'Ontario

Quatorze mois après que le gouvernement ait décidé que le poste relèverait désormais du bureau de l’ombudsman, l’Ontario a une nouvelle commissaire aux services en français: Kelly Burke.

Sous-ministre adjointe au ministère des Collèges et Universités au cours de la dernière année, celle qui entre en fonction dès maintenant a occupé de 2014 à 2019 le poste de sous-ministre adjointe et directrice générale de l’administration au ministère des Affaires francophones. 

L’annonce de la nomination de cette avocate « complètement bilingue », qui survient cinq mois après le lancement d’un processus de recherche d’un océan à l’autre, a été faite lundi matin par l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé. 

« Des efforts considérables ont été faits pour trouver la meilleure personne au Canada capable de remplir ce rôle, et je suis convaincu que nous y sommes parvenus. Je suis ravi d’avoir trouvé Mme Burke et je sais qu’elle se fera avec succès la championne des droits linguistiques que nous souhaitons tous avoir comme commissaire. Nous avons de la chance d’avoir trouvé quelqu’un d’une telle envergure et d’une telle expérience en matière de leadership pour ce rôle », a-t-il indiqué par voie de communiqué.

Ce dernier se dit convaincu qu’avec l’expérience de Mme Burke, « les plus beaux jours des Services en français en Ontario ne sont pas révolus, mais à venir ». 

L’ombudsman de l’Ontario souligne que sa nouvelle collègue qui dirigera l’Unité des services en français a joué un rôle « déterminant » dans des projets tels que la création d’un monument à Queen’s Park pour souligner les 400 ans de présence française dans la province ainsi que la mobilisation de la communauté pour un projet pilote améliorant l’accès à la justice dans la langue de Molière à Ottawa.

Celle qui a travaillé comme enseignante en immersion française au tout début de sa carrière a aussi occupé au fil des ans plusieurs postes dans les hautes sphères de la fonction publique, entre autres au ministère du Procureur général, au ministère des Affaires intergouvernementales ainsi qu’au ministère des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs.

« C’est un privilège de faire partie d’un organisme qui est renommé en tant qu’agent de changement positif. Étant passionnément franco-ontarienne, j’ai sollicité ce rôle, car il m’offre une occasion unique de contribuer par mes connaissances et mon expérience à la promotion des droits linguistiques des francophones au sein d’un organisme renommé pour son efficacité. J’envisage avec enthousiasme ce que l’Unité des services en français pourra accomplir pour les francophones et les francophiles en Ontario », a réagi la principale intéressée. 

Rappelons que le gouvernement Ford a provoqué un tollé dans la communauté franco-ontarienne en novembre 2018 en annonçant des compressions dans les services en français, y compris la dissolution du Commissariat aux services en français. Depuis le 1er mai dernier, toutes les responsabilités du poste de commissaire aux services en français ont été transférées au sein du Bureau de l’ombudsman.

«Un organisme plus puissant»

Affirmant que Mme Burke sera très proactive et présente, l’ombudsman ajoute qu’elle œuvrera dans un organisme « plus puissant et plus influent » pour promouvoir les droits des francophones que sous l’ancienne législation. 

« Bien que mon Bureau n’ait pas sollicité ce mandat, nous y voyons une occasion historique de renforcer le respect des droits linguistiques des francophones en Ontario, en poursuivant le travail accompli par le Bureau de l’ancien commissaire. La nouvelle commissaire œuvrera au sein d’un organisme plus vaste, doté de plus d’expérience, avec un mandat plus large », dit-il. 

Mme Burke ne parlera pas aux médias avant mercredi, en marge d’un point de presse à Toronto. 

L’ombudsman est un officier indépendant et impartial de l’Assemblée législative de l’Ontario qui examine et règle les plaintes du public sur les organismes du gouvernement provincial, ainsi que sur les services en français, les services de protection de l’enfance, les municipalités, les universités et les conseils scolaires. Il fait des recommandations, lesquelles sont dans la majorité des cas acceptées. 

En 2018-2019, le Bureau de l’Ombudsman a reçu plus de 27 400 plaintes. Du nombre, 61 % ont été réglées en l’espace de deux semaines, dit-on. 

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RÉACTIONS POSITIVES ET UN BÉMOL

Les réactions à la nomination de Kelly Burke n’ont pas tardé lundi, entre autres par le biais des médias sociaux. 

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a indiqué qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle pour les Franco-Ontariens et tous ceux ayant à cœur la protection de l’accès aux services en français. « La nouvelle commissaire sera véritablement indépendante du gouvernement et de tous les intervenants. Elle sera impartiale dans son travail », a-t-elle noté. 

Sur Twitter, l’ancien commissaire aux services en français, François Boileau, a salué le choix du Bureau de l’Ombudsman de l’Ontario. 

« Félicitations à Kelly Burke, une professionnelle intègre et certainement très compétente. Je lui offre tout mon appui, tout en lui souhaitant la meilleure des chances dans ses nouvelles fonctions », a-t-il gazouillé. 

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) applaudit également son arrivée, affirmant que Mme Burke « dispose de l’expérience nécessaire dans son nouveau défi ». 

« C’est une bonne nouvelle et je suis heureux que nous puissions avoir la chance de poursuivre notre collaboration, qui s’était amorcée lorsqu’elle était sous-ministre adjointe au ministère des Affaires francophones. L’AFO s’engage à travailler avec elle et avec l’ombudsman pour s’assurer de la réussite de la mission de la commissaire. Nous lui souhaitons le meilleur dans sa nouvelle position », de dire son président, Carol Jolin. 

L’AFO entend faire une demande formelle de rencontre avec Mme Burke dans les prochains jours « afin d’établir des paramètres de collaboration ». Elle rappelle cependant qu’elle persiste et signe en continuant de réclamer au gouvernement « de redonner l’indépendance complète au commissaire aux services en français ». 

Ne critiquant pas la personne choisie, le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires francophones, Guy Bourgouin, a quant à lui a indiqué que « nous savons très bien qu’une commissaire dépendant de l’ombudsman n’aura pas le mordant d’une commissaire indépendante ». 

Le chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario et député d’Ottawa-Sud, John Fraser, a lui aussi réitéré sa demande au gouvernement Ford de rétablir l’indépendance du bureau du commissaire. 

Voici quelques réactions à sa nomination: