Juliette Deschênes a appris à vivre avec le diabète de type 1, une maladie qui détruit les cellules du pancréas produisant l’insuline.
Juliette Deschênes a appris à vivre avec le diabète de type 1, une maladie qui détruit les cellules du pancréas produisant l’insuline.

Juliette 1, diabète 0!

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Le 11 juin 2018, Juliette Deschênes, alors âgée de dix ans, a reçu un diagnostic de diabète de type 1. Un choc pour elle, sa famille et ses proches. En un an seulement, la jeune fille a rapidement appris à être responsable, disciplinée et résiliente.

« Le diabète ne prend pas de pause », dit-elle, en faisant référence au livre du joueur du Canadien Max Domi, intitulé No Days off : My Life with Type 1 Diabetes and Journey to the NHL, paru l’an passé.

L’attaquant du Canadien de Montréal a, lui aussi, reçu un diagnostic de diabète de type 1 alors qu’il avait 12 ans. Juliette a eu la chance de rencontrer Max Domi, qu’elle admire énormément, lors d’une conférence de presse organisée l’an passé au Complexe Bell de Brossard et au cours de laquelle le joueur du Canadien annonçait la création d’un fonds portant son nom. Un fonds lancé en association avec la Fondation de la recherche sur le diabète juvénile.

Sportive et active, Juliette, qui habite à Saint-Césaire, ne pouvait contenir ni sa joie ni son stress de rencontrer le populaire joueur de hockey, puisque son histoire l’inspire beaucoup.

« De voir qu’un joueur est diabétique comme moi, ça me prouve qu’on peut faire n’importe quoi malgré la maladie », insiste-t-elle.

Lorsque Max Domi avait 12 ans, il a pu de son côté rencontrer la légende des Flyers de Philadelphie, Bobby Clarke, qui souffre de la même maladie. Ce type de diabète touche surtout les enfants et les adolescents.

« [Bobby Clarke] avait pris une minute pour moi, a raconté Max Domi au point de presse. Il n’y a pas eu une journée, par la suite, même quand les journées étaient difficiles, où je ne me suis pas dit que si M. Clarke avait pu le faire, je le pouvais aussi. »

Une phrase que se répète également Juliette en pensant à Max, puisque les deux traversent des journées teintées par les contraintes qu’apporte cette maladie chronique. Le diabète de type 1 détruit les cellules du pancréas qui produisent l’insuline. Ainsi, la personne diabétique dépend toute sa vie d’une source externe d’insuline.

« Et je me suis dit, si un jour j’ai l’occasion d’avoir la portée [que Bobby Clarke] avait ou de m’en approcher, je vais tenter d’avoir le même impact sur les jeunes qu’il a eu sur moi. C’était le but ultime pour moi », a déclaré Max Domi.

Appuis de tous les côtés

La mère de Juliette, Josianne Houle, a reçu la nouvelle comme un coup de massue. Mais elle a retroussé ses manches, a fait beaucoup de recherches, et elle encourage sa fille tous les jours.

« Juliette est une enfant hyper responsable, mentionne sa mère avec fierté. Tout de suite, elle calculait ses glucides. Elle a une mémoire phénoménale. Elle a appris à devenir responsable très rapidement. C’est facile de lui faire confiance. »

Son père, sa mère et son frère ont dû apprendre et faire des efforts, ensemble. Préparer les repas n’est pas simple, mais tous veulent accommoder Juliette. Même les parents de ses amis s’informent et font en sorte de ne pas préparer quelque chose qui pourrait être nocif pour la santé de Juliette.

« Il faut être très stricts et rigoureux. C’est mieux pour les personnes diabétiques d’avoir une routine », rapporte Josianne, qui a vécu des moments d’épouvante les jours avant que ne tombe le diagnostic de sa fille.

« Juliette était blanche comme un drap, elle dormait pendant 22 h. Elle a perdu huit livres. On a rapidement été transférés à l’hôpital à Sherbrooke. »

Josianne et Juliette n’ont que de bons mots pour l’équipe médicale qui gravite autour d’elles. « On a presque hâte de les voir ! », ne cache pas Mme Houle, qui doit accompagner sa fille aux trois mois pour des suivis à Sherbrooke. Les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent s’administrer de l’insuline à l’aide d’une aiguille ou d’une pompe en quantité suffisante pour maintenir leur taux de glycémie.

Levées de fond

Juliette, qui est en sixième année à l’école primaire Saint-Vincent de Saint-Césaire, sera la porte-parole de la Montérégie de la Marche pour la Fondation de la recherche sur le diabète juvénile, qui aura lieu cet été.

L’an passé, grâce aux tricots et aux tomates de sa grand-mère, Francine Paquette Houle, la jeune fille avait pu remettre un peu plus de 2200 $ à la Fondation. Ayant déjà des connaissances phénoménales en ce qui concerne la nourriture, les glucides et le sport, elle qui pratique la danse, le golf et le dek hockey souhaite étudier pour devenir nutritionniste. Mais pas pour n’importe qui. « Nutritionniste pour les joueurs du Canadien ! »

« Il ne faut pas abandonner ses rêves parce qu’on est diabétique », lance-t-elle.

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