Environ 68 000 Québécois déménagent chaque année lors du 1er juillet.
Environ 68 000 Québécois déménagent chaque année lors du 1er juillet.

Jour du déménagement: un 1er juillet pas comme les autres

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
Ce sont environ 68 000 Québécois qui profitent annuellement du 1er juillet pour déménager. Cette année, le coronavirus vient toutefois jouer les trouble-fête et provoque certaines inquiétudes chez ceux qui doivent changer d’adresse. La Société d’habitation du Québec a donc prévu quelques outils pour donner un coup de pouce à tous ceux qui sont touchés par ces conditions particulières.

De nombreux ménages se sont tournés vers les déménageurs professionnels, reconnus comme un service essentiel, pour limiter les risques de contamination en ce jour national du déménagement qui sort de l’ordinaire.

Plusieurs compagnies demandent qu’une seule personne soit présente à l’arrivée des déménageurs pour faciliter la distanciation physique. Les équipes ne changent pas et le camion doit être désinfecté régulièrement entre les déménagements. Tout ça alors que la main-d’oeuvre se fait rare.

«On fait notre possible, on est jamais à l’abri, mais jusqu’à maintenant tout va bien. Notre gros problème c’est le manque d’employés, confie la propriétaire de Déménagement JCBM 2020 INC à Granby, Jessye Gince-Bélanger. Parfois les gens font une journée et ne reviennent plus ou ne se présentent tout simplement pas.»

Il s’agit d’un emploi physique qui ne convient pas à tous, reconnaît-elle, mais la peur de la COVID-19 et l’attrait de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) compliquent les choses cette année, estime Jessye Gince-Bélanger. «S’ils sont payés à rester chez eux, pourquoi viendraient-ils avoir chaud ? On a un peu payé la note».

Même son de cloche chez Déménagement Deslauriers, entreprise établie dans la région depuis les années 50. «Il ne faut pas perdre ceux qu’on a parce qu’il n’y en a pas beaucoup (de disponibles)», lance le propriétaire, Steve Fréchette.

Jessye Gince-Bélanger, propriétaire de JCBM 2020 INC Déménagement, et Moez Chebbi, chauffeur et déménageur.

Limiter les risques 

Ce n’est toutefois pas tout le monde qui a les moyens d’engager des déménageurs, admet le directeur des communications de la Société d’habitation du Québec (SHQ), Alain Ménard. Un guide a donc été rédigé pour limiter les risques de contamination avant, pendant et après le déménagement. La distanciation physique (lorsque c’est possible), le port du masque et le lavage de main font bien entendu partie des mesures prescrites.

Avant de déménager, on recommande aussi de s’informer auprès de son nouveau propriétaire de l’état de santé des anciens locataires et de prévoir le moment de prise de possession pour éviter les croisements. Il est aussi suggéré d’avoir en main une grande quantité de produits désinfectants, de prévoir «la séquence d’action» pour faciliter le maintien de la distanciation physique et de préparer le plus de boîtes possible avant le déménagement.

Si vous ou un membre de votre famille présentez des symptômes de la COVID-19, il est préférable de reporter le déménagement et de décliner l’aide de la personne malade. «On demande aussi aux gens de donner un petit coup pour nettoyer avant qu’ils quittent leur logement, par respect pour le nouveau locataire», insiste Alain Ménard.

Lors les boîtes sont empilées dans votre nouveau chez vous, il ne vous faut pas baisser la garde. La SHQ invite ainsi à nettoyer et désinfecter les pièces, en portant une attention particulière aux objets fréquemment touchés (meubles, électroménagers, poignées de porte).

Aide financière

La SHQ a mis sur pied le Plan d’action gouvernemental en prévision du 1er juillet, qui vise à ce que tout le monde ait trouvé un toit à l’issue de la période de déménagement. Celui-ci se décline en différents programmes d’aide. «Jamais au Québec il n’y a eu autant d’outils pour aider les gens dans une période comme celle-là», avance Alain Ménard.

Les ménages qui manquent de liquidités pour payer le loyer des mois de mai et juin, en raison de la COVID-19, peuvent ainsi recevoir un prêt maximal de 1500$ — le coût du loyer médian pour deux mois au Québec —, à rembourser sans intérêts avant le 1er août 2021. L’aide financière est versée directement aux propriétaires et doit être demandée sur le site de la SHQ avant le 15 juillet.

Pour être admissible, vous devez être locataire résident du Québec et avoir reçu ou être admissible à recevoir la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ou des prestations d’assurance-emploi du gouvernement du Canada en lien avec la COVID-19, indique la SHQ.

Pour plusieurs, la crise sanitaire a occasionné d’importants retards dans la livraison de leur résidence. La SHQ offre dans ce cas une compensation financière «pour un hébergement temporaire, d’un montant forfaitaire de 75 $ par jour, jusqu’à un montant maximal de 2 000 $ par mois et pour les frais de déménagement ou d’entreposage des biens et pour une somme égale aux frais déboursés ou jusqu’à concurrence de 1 000 $», pour deux mois, à certaines conditions.

Une aide d’urgence est prévue pour les municipalités qui affichent un taux d’inoccupation de 2 % ou moins - dont Granby avec son taux d’inoccupation de 0,9% - pour assumer une partie des dépenses engagées pour l’hébergement temporaire de certains ménages, leur déménagement ou l’entreposage de leurs biens.

Alain Ménard invite les citoyens qui sont toujours en quête d’un logement à contacter le centre de relations avec la clientèle de la SHQ, qui se coordonne avec les offices d’habitation et les organismes locaux qui accompagnent les ménages dans la quête d’un logement en composant sans frais le 1800-463-4315.