Emmanuel Gauthier entouré de son frère Vincent et de son père Réjean.

«J'étais en train de mourir»

TROIS-RIVIÈRES — Emmanuel Gauthier, ce globe-trotteur de Trois-Rivières atteint par la malaria en Afrique, est de retour au pays. Et les nouvelles concernant l’état de santé du jeune homme actuellement hospitalisé à Trois-Rivières sont bonnes.

«Je pense que les traitements se sont bien passés. J’ai eu une échographie de tous mes organes et ça semble bien beau. Je ne suis pas à 100 %, mais ils vont continuer de me suivre quelque temps. Mais je pense que je suis sur le bon chemin», affirme Emmanuel Gauthier de sa chambre d’hôpital. «Si tout va bien, je devrais avoir mon congé lundi. Je suis tanné d’être malade, j’ai le goût d’aller dehors.»

Alors qu’il se trouvait en Tanzanie en février, Emmanuel Gauthier a contracté la malaria. Et la forme du parasite contracté était très violente. Ce parasite a rapidement affecté la santé de l’homme de 32 ans. «Les symptômes que j’ai eus ne ressemblent pas à ceux qu’on voit normalement. C’était vraiment différent», ajoute le globe-trotteur. «Ce n’est pas normal ce que j’ai eu. J’étais en train de mourir en deux jours.»

Sa santé s’est rapidement détériorée et il a dû être transféré d’urgence par avion dans un hôpital du Kenya apte à soigner la malaria. «J’étais en Zanzibar, une petite île où il n’y a pas beaucoup d’équipement. Le personnel médical m’a dit que je ne pouvais pas rester ici parce que j’étais sur le point de mourir», souligne Emmanuel Gauthier, qui avoue qu’il était dans un état second à ce moment. «S’ils me gardaient à cet hôpital du Zanzibar, ils ne pouvaient rien faire pour moi.»

Une fois arrivé dans un hôpital du Kenya, Emmanuel Gauthier a pu être soigné adéquatement. «L’hôpital était bien équipé et le staff était vraiment cool. C’était quand même douloureux, mais j’allais mieux», se souvient-il.

Moins d’une semaine après l’hospitalisation d’Emmanuel Gauthier, son frère Vincent a sauté dans un avion pour aller le rejoindre au Kenya. Cette présence fraternelle a été très bien accueillie par le globe-trotteur. «Ça fait énormément de bien de voir un visage connu», avoue-t-il. «Mais j’étais confus en raison de tous les médicaments que j’avais.»

Même si le combat contre la malaria allait bien, Emmanuel Gauthier était très faible. Il n’arrivait pas à marcher seul et il était très essoufflé. Ses poumons ont été atteints. «Ç’a été long avant que ça devienne correct.»

Emmanuel Gauthier en compagnie de l’infirmière d’Airmédic qui l’a accompagné du Kenya jusqu’à Trois-Rivières.

Une fois que son état de santé était suffisamment bon pour qu’il prenne l’avion, Emmanuel Gauthier a pu revenir au pays. Aidé par une infirmière d’Airmédic, il a donc pu rentrer à Montréal vendredi. Aussitôt qu’il est arrivé à l’aéroport, il a été transporté au centre hospitalier de Trois-Rivières par ambulance où il a été placé en isolement. «Je n’ai même pas pu prendre mes parents dans mes bras», dit-il avant de préciser qu’il a pu le faire depuis.

Une générosité inespérée
Alors qu’il était au pire de sa maladie, Emmanuel ne se doutait pas que ses proches faisaient tout pour lui venir en aide. Sans assurance voyage, les frais médicaux grimpaient rapidement. D’ailleurs, ceux-ci sont montés à près de 56 000 $.

Les proches d’Emmanuel Gauthier ont mis sur pied une campagne de sociofinancement pour recueillir des dons. De plus, des amis du voyageur amateur de musique métal en Norvège et en Suède ont organisé des concerts-bénéfices. En tout, ces efforts ont permis de recueillir près de 46 000 $. Le reste des frais médicaux ont été épongés par les parents d’Emmanuel.

«Je n’avais pas de téléphone, alors je ne pouvais pas voir tout ça. Lorsque mon frère m’a montré ça, je n’en revenais pas. J’ai lâché une petite larme», confie-t-il. «J’ai eu aussi environ 800 messages d’amis qui me disaient qu’ils n’allaient pas me laisser tomber. Wow, je sais que j’avais des amis, mais pas tant que ça. Ça flatte l’ego», ajoute-t-il en riant.

Bien qu’il entend rester au Québec dans les prochains mois pour travailler, toute cette mésaventure n’a pas découragé Emmanuel Gauthier de voyager. Il a encore le goût de parcourir le monde à la recherche de nouvelles saveurs, paysages et rencontres. Il indique toutefois qu’il se prémunira d’une assurance voyage à l’avenir.