Le procès de Daren Leclerc devrait se poursuivre jusqu’au 31 août.

«Je me sentais impuissante et angoissée»

TROIS-RIVIÈRES — Le procès de Daren Leclerc, un jeune homme de Saint-Luc-de-Vincennes, a commencé, mercredi, au palais de justice de Trois-Rivières en lien avec des agressions sexuelles qui auraient été commises sur trois femmes en 2016, dont une mineure.

On lui reproche notamment d’avoir agressé sexuellement une jeune femme de 18 ans entre le 20 et le 24 septembre 2016. Puis, en octobre 2016, il aurait récidivé avec une adolescente de 16 ans, en plus de lui infliger des voies de fait, de lui proférer des menaces de mort et de se livrer à du harcèlement criminel. Enfin, il fait face à d’autres accusations d’agression sexuelle pour des événements survenus également en octobre 2016 mais cette fois-ci contre une femme de 20 ans. Notons par ailleurs qu’il n’en a pas fini avec la justice car il devra subir cet automne un second procès pour des gestes commis sur deux autres jeunes femmes, dont une mineure, pour un total de cinq présumées victimes.

Dans le cadre du procès, une première plaignante a témoigné, mercredi, sur l’agression dont elle aurait été victime entre le 20 et 24 septembre 2016. Elle a ainsi expliqué qu’elle connaissait Daren Leclerc depuis son enfance mais qu’elle l’avait perdu de vue pendant plusieurs années. Leurs chemins se sont croisés par le biais d’un ami commun à la fin de son adolescence. Toutefois, ce n’est qu’en septembre 2016 qu’ils auraient véritablement repris contact alors que la jeune fille, alors âgée de 18 ans, venait de mettre fin à une relation amoureuse. Elle l’avait même appelé le soir de la rupture pour se confier.

Ils auraient plus tard passé une première soirée ensemble à la résidence du jeune accusé. Ils se seraient embrassés mutuellement pendant de longues minutes jusqu’au moment où il aurait commencé à la « tripoter », pour reprendre son expression. Devant son refus, il aurait accepté de la ramener chez elle.

L’agression sexuelle serait survenue quelques jours plus tard au terme d’une soirée où elle aurait consommé alcool, cannabis et du GHB qu’elle avait elle-même acheté.

Toujours selon ses dires, c’est justement parce qu’elle était intoxiquée que Daren Leclerc lui aurait proposé de la ramener chez lui afin que son père ne la voit pas dans cet état. Le prévenu en aurait alors profité pour l’agresser. Ils auraient tout d’abord commencé à s’embrasser mais lorsque l’accusé aurait commencé à lui toucher les parties intimes, elle serait devenue mal à l’aise. Il lui aurait ensuite mordu les oreilles et le cou, l’aurait déshabillée, lui aurait retenu les mains pour ensuite la pénétrer de force. En racontant ces événements, la jeune femme a été incapable de retenir ses larmes. Une pause a même été nécessaire.

Au retour, le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, lui a alors demandé des précisions. Elle soutient avoir dit à Daren Leclerc qu’il lui faisait mal lorsqu’il la mordait mais qu’il aurait malgré tout continué. «J’étais molle et sans force à cause du GHB. J’ai essayé de le repousser et je lui ai demandé de me ramener chez moi mais il a refusé», a-t-elle raconté.

Selon elle, il ne cessait de lui répéter lors de la pénétration: «Parle-moi, pardonne-moi.» «Moi, je me sentais impuissante et angoissée», a-t-elle ajouté.

Elle aurait finalement réussi à se soustraire à son emprise. Il l’aurait ensuite ramenée chez elle. «Je me sentais dégueulasse. Je n’ai pas parlé à mes amis pendant plusieurs jours et j’ai lâché l’école. Je ne comprenais pas. Ça m’a pris un bon moment pour réaliser ce qui s’était passé. Je n’y croyais pas», a-t-elle raconté.

Or, dans le cadre du contre-interrogatoire mené par l’un des avocats de la défense, Me Matthieu Poliquin, la crédibilité de la jeune femme a été entachée. Il a en effet soulevé des contradictions non seulement dans son témoignage mais également dans les déclarations qu’elle avait faites aux policiers. Celles-ci portaient notamment sur la date de la présumée agression et sur la quantité de GHB qu’elle aurait consommé. Elle a alors rétorqué que les déclarations faites aux policiers étaient inexactes. Elle a aussi tenté de justifier ses trous de mémoire et les changements apportés à sa version par sa consommation importante de stupéfiants à cette époque. En toute fin de journée, visiblement épuisée, elle a éclaté en sanglots et a même laissé échapper un juron. Son contre-interrogatoire va se poursuivre jeudi matin.