L’appartement et les biens de Sonia Normandin, qui a été victime d’un braquage à domicile, ont été endommagés par les deux hommes qui se sont introduits chez elle.

«J’ai eu peur qu’ils me tuent ou qu’ils me violent»

TROIS-RIVIÈRES — Sonia Normandin prenait sa douche comme elle le fait tous les matins, jeudi, lorsque deux hommes masqués ont fait irruption dans son appartement, vraisemblablement à la recherche d’une autre personne.

C’est une dame encore sous le choc et grandement ébranlée d’avoir vu son intimité être violée de la sorte qui s’est confiée au Nouvelliste, vendredi après-midi. En compagnie de son conjoint, elle a tout de même été en mesure de relater les éprouvants événements qu’elle a vécus.

«J’étais dans ma douche quand le rideau s’est ouvert. Je croyais que c’était mon conjoint qui revenait mais j’ai plutôt vu un individu de race noire, tout vêtu de noir. Je lui ai alors demandé ce qu’il faisait là et comment il était entré. Il m’a alors dit ‘‘ta gueule et regarde-moi dans les yeux’’ deux ou trois fois. Par la suite, il m’a demandé: ‘‘il est où Jérémy?’’. Je lui ai répondu qu’il n’y avait pas de Jérémy ici et que je vivais seule», a-t-elle raconté d’une voix tremblotante.

Quelques minutes plus tard, un autre individu est entré dans la salle de bain. Plus petit que son complice, il était armé d’un long couteau selon la dame. En faisant irruption dans la pièce, il s’est emparé d’une bombe en aérosol de teinture à cheveux de couleur rose dont la dame se sert pour apporter des retouches à sa chevelure.

«Il l’a pris dans ses mains et avec son couteau il me regardait et m’a dit ‘‘si tu n’écoutes pas, ça va faire mal à tes beaux yeux’’ et il est parti. Mais j’étais toujours dans la douche avec l’autre», a-t-elle poursuivi.

Après un moment, que Mme Normandin qualifie d’interminable, les deux hommes ont quitté, et ce, sans la toucher. Ils ont cependant laissé son appartement dans un état lamentable. En plus de se servir de la bombe en aérosol pour faire des marques sur les murs, ils ont donné des coups de couteau dans le sofa et le lit de la dame, endommagé ses vêtements, volé une importante somme d’argent, tous ses bijoux, de la nourriture, des canettes de bière et de boisson gazeuse ainsi que des médicaments.

Les intrus ont donné des coups de couteau dans le lit.

«J’ai entendu une porte se fermer. Mais j’étais tellement sous la panique que je suis restée une quinzaine de minutes sans bouger dans la douche à pleurer. J’ai eu très peur qu’ils me tuent ou qu’ils me violent. J’étais nue...», a-t-elle rappelé.

Après avoir repris ses esprits, la dame a téléphoné à son conjoint et a composé le 9-1-1 par la suite. Après avoir rencontré les policiers, elle s’est réfugiée chez son amoureux où elle a passé la nuit. Elle envisage d’ailleurs y habiter dorénavant, car elle ne voit pas comment elle pourrait vivre dans son appartement sans penser constamment à ce troublant événement.

«J’ai encore des flashbacks. J’entends encore sa voix et je le vois ouvrir le rideau», a-t-elle lancé.

Une visite suspecte la veille
Vers 14 h mercredi, soit moins de 24 heures avant le braquage à domicile dont elle a été victime, Mme Normandin a reçu la visite d’un homme assez âgé, vêtu d’un complet gris.

«Il a sonné à la porte et je suis allée répondre. Il m’a alors demandé si je connaissais des latinos ou s’il y en avait dans le coin. Je lui ai répondu non. [...] Il m’a simplement dit merci et souhaité une bonne journée et est parti», a-t-elle ajouté.

Après les événements de jeudi, la dame s’est souvenue de cette visite et que son ancien voisin, qui vivait dans l’appartement en haut du sien, semblait d’origine latine et avait la peau foncée. Ce dernier a été évincé par le propriétaire lorsque les résidents de l’immeuble ont pu le réintégrer après qu’un incendie l’eut passablement endommagé en avril dernier. Ce brasier s’était déclaré dans la sécheuse de l’appartement de Mme Normandin. À ce moment, Mme Normandin vivait à cet endroit depuis seulement deux mois.

Mme Normandin se trouvait dans la douche lorsque les deux individus ont fait leur apparition.

Du côté de la police de Trois-Rivières, on confirme être la recherche de deux hommes dans la vingtaine de race noire et qu’une enquête était en cours relativement à cet événement.