Après trois condamnations pour conduite avec les facultés affaiblies, Valérie Tremblay semble avoir retenu la leçon, car il y a 18 mois qu’elle a cessé la consommation d’alcool.

Ivre à la garderie en après-midi

La mère de famille qui s’était rendue à la garderie pour y cueillir son enfant alors qu’elle était en état d’ébriété très avancée a affirmé au tribunal qu’elle n’avait pourtant pas bu de la journée et qu’elle se trouvait alors en lendemain de veille.

Malgré tout, Valérie Tremblay, de Jonquière, a soufflé des taux de .282 et de .299 au beau milieu de l’après-midi.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, l’a condamnée à une amende de 3000 $, à une interdiction de conduire de deux années et à 150 heures de travaux communautaires. Elle en était à sa troisième condamnation pour conduite avec les facultés affaiblies en l’espace de six ans.

Le 27 décembre 2016, vers 16 h, la cliente de Me Charles Cantin s’est rendue à la garderie où se trouve son enfant afin de le ramener à la maison. Des gens ont alors remarqué que la femme, qui avait 37 ans à l’époque, semblait en état d’ébriété.

Immédiatement, les policiers du Service de police de Saguenay (SPS) ont été appelés sur place. Ils ont pu arrêter la conductrice au moment où elle s’apprêtait à quitter les lieux. Les responsables de la garderie avaient refusé qu’elle reparte avec son enfant.

« Je plaide coupable à une conduite avec les facultés affaiblies à la suite d’un lendemain de veille », a déclaré l’accusée.

« Je n’avais pas consommé de la journée lorsque je suis allée chercher mon enfant vers 15 h 30. Je me sentais bien correct », a-t-elle poursuivi.

D’ailleurs, lors de l’intervention policière, les patrouilleurs ont noté que la femme n’avait pas de difficulté à s’exprimer et qu’elle marchait correctement, mais ils ont remarqué une odeur d’alcool. Le test de l’appareil de détection d’alcool (ADA) a indiqué un échec, ce qui a amené les policiers à la conduire au quartier général du SPS.


«  Je n’avais pas consommé de la journée lorsque je suis allée chercher mon enfant vers 15 h 30. Je me sentais bien correct.  »
Valérie Tremblay, accusée

Sur la remarque de l’accusée, le juge Guimond a mentionné qu’il était surpris d’apprendre les taux obtenus au lendemain de veille.

« C’est surprenant pour un lendemain de veille d’être à plus de .160. Je me demande bien à combien vous étiez la veille », s’est interrogé le magistrat.

Me Cantin a précisé que sa cliente avait été gardée en interrogatoire et en détention durant 14 heures, même si elle ne présentait aucun symptôme d’une conductrice en état d’ébriété.

« Vous êtes chanceuse de ne pas y retourner (en détention) pour un bon bout », a mentionné le juge Guimond.

« Je vais accepter la suggestion commune, car il y a une reprise en main. Mais je dois dire que votre comportement du moment n’était pas très édifiant. Ce n’est pas rassurant de savoir que vous pouviez vous trouver sur la route, à proximité d’une garderie, en état d’ébriété en plein après-midi », a noté le magistrat.

Sobre
Aujourd’hui, Valérie Tremblay dit ne plus consommer d’alcool et n’a pas conduit de véhicule automobile depuis les 18 derniers mois.

« Ça va faire 18 mois demain (27 septembre) que je suis sobre », a précisé l’accusée.

Si elle veut récupérer son permis de conduire, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) exigera un nouvel examen de qualification en raison de ses antécédents judiciaires.

Antécédents
Par ailleurs, avant de soumettre la suggestion commune au juge, Me Sébastien Vallée, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a déposé les antécédents judiciaires de Valérie Tremblay.

Le 24 septembre 2012, il y a six ans, la femme maintenant âgée de 39 ans avait plaidé coupable à deux conduites avec les facultés affaiblies. Elle avait été condamnée à une amende de 1200 $ pour sa première offense et à un montant de 1800 $ pour la seconde condamnation.