Dans la nuit de mardi à mercredi, un septuagénaire aurait démontré des signes de détresse cardiorespiratoire pendant plus d’une demi-heure avant d’être pris en charge par les ambulanciers.
Dans la nuit de mardi à mercredi, un septuagénaire aurait démontré des signes de détresse cardiorespiratoire pendant plus d’une demi-heure avant d’être pris en charge par les ambulanciers.

Institut de santé mentale: des médecins se questionnent sur la mort d'un patient

Un patient de l’Institut universitaire de santé mentale de Québec (IUSMQ) a succombé à un arrêt cardiorespiratoire, cette semaine. Une pénurie de médecins affecte l’établissement, qui n’a plus de chariots de code bleu permettant de réanimer des patients. Dans le milieu, des médecins estiment que le défunt aurait eu plus de chances d’être sauvé s’il avait été hospitalisé dans un hôpital général.

Dans la nuit de mardi à mercredi, un septuagénaire aurait montré des signes de détresse cardiorespiratoire pendant une quarantaine de minutes avant d’être pris en charge par les ambulanciers.

Comme l’IUSMQ n’a plus de médecins omnipraticiens en nombre suffisant pour couvrir tous les quarts de travail, le personnel doit faire appel à un médecin de garde les soirs, les nuits et les fins de semaine.

Et c’est parce qu’il n’y a plus assez de médecins pour assurer une présence médicale en tout temps que le code bleu, qu’on lance en cas d’arrêt cardiorespiratoire, est maintenant de niveau «intermédiaire», a décidé le CIUSSS de la Capitale-Nationale en décembre. 

Les chariots de code, qui contiennent un moniteur cardiaque et tout le matériel nécessaire pour réanimer quelqu’un, ont été retirés de l’établissement. 

Ainsi, si un patient fait un arrêt cardiorespiratoire, il doit être transféré en ambulance dans un hôpital général, les médecins sur place n’étant plus équipés pour y répondre. 

Plus de chances ailleurs

Dans le cas du patient décédé cette semaine, les massages cardiaques et la défibrillation prodigués avant sa prise en charge par le personnel de l’hôpital où il a été transféré n’ont pas suffi à le sauver. 

Aux premiers signes de détresse respiratoire, le médecin de garde aurait tenté de faire transférer le patient dans une aile de soins actifs, mais les lits étaient tous occupés, notamment par des patients en psychogériatrie ne nécessitant plus de soins actifs.

Des médecins à qui nous avons parlé se demandent si ce patient n’aurait pas pu être sauvé s’il avait été hospitalisé dans un hôpital général. «Il n’aurait peut-être pas plus survécu, mais il aurait eu plus de chances, ça, c’est sûr», croit une psychiatre qui préfère ne pas être identifiée.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a fermé des dizaines de lits en psychiatrie à l’Hôpital du Saint-Sacrement et à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. La plupart des lits en psychiatrie de la région sont désormais concentrés à l’IUSMQ, alors que le reste est au CHUL.

Un décision loin de faire l’unanimité chez les omnipraticiens et les psychiatres, qui rappellent que les patients psychiatriques ont souvent des maladies physiques concomitantes. 

Selon une étude publiée en septembre par l’Institut national de santé publique du Québec, 77 % des personnes atteintes de troubles de santé mentale qui se sont rendues aux urgences dans la dernière année l’ont fait pour régler un problème de santé physique. Une donnée qui, selon les auteurs du rapport, «souligne l’importance des maladies physiques concomitantes aux troubles mentaux chez ces personnes».