L’auteur allégué d’une myriade de publications internet incitant à la haine raciale et au génocide devra rester en prison pour la suite de ses procédures judiciaires.

Incitation à la haine: Valentin Auclair restera à l'ombre

C’est du box des accusés que Valentin Auclair assistera à la suite des procédures judiciaires qui le concernent.

La juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, a refusé jeudi de remettre en liberté provisoire l’auteur allégué d’une myriade de publications internet incitant à la haine raciale et au génocide.

L’homme replet, chauve et portant des lunettes « a déjà eu plusieurs avertissements », a souligné la juge en livrant sa décision à Granby, mais par visioconférence à partir du palais de justice de Cowansville.

Elle faisait référence à la première arrestation de l’accusé de 38 ans par la police de Granby, en octobre 2019.

M. Auclair a ensuite récidivé de nombreuses fois par l’entremise du site internet VK, l’équivalent russe de Facebook, la censure en moins.

Ses propos à teneur néonazie louangeaient « la race blanche aryenne », les camps de concentration et encourageaient l’achat d’armes pour « la chasse aux juifs, aux nègres et aux mahomardes ». 

Inquiétudes

Le tribunal estime qu’il existe une probabilité marquée que l’accusé commette de nouvelles infractions. Il a aussi « des inquiétudes quant à la sécurité des immigrants », a dit la juge Beauchesne, ajoutant qu’« il est difficile de penser que quelqu’un veuille la mort de personnes sans savoir qui elles sont ».

Au surplus, « l’accusation est grave, paraît fondée et l’accusé encourt une longue peine d’emprisonnement ». 

Valentin Auclair fait face à des accusations d’incitation à la haine et au génocide, passibles de cinq ans de prison. Une ordonnance de non-publication empêche les médias de dévoiler les éléments de la preuve qui pourraient être utilisés lors du procès.

À la défense, Me Geneviève Cardin avait suggéré, lundi, que son client pouvait être remis en liberté moyennant plusieurs conditions, ce à quoi s’est opposé Me Cassandre Hamel, du bureau de la Couronne.

Plus tôt cette année, M. Auclair avait été déclaré apte à comprendre le processus judiciaire ainsi que criminellement responsable. Il n’a pas d’antécédent judiciaire.

Embrigadé

« Il a besoin d’aide, pas de judiciarisation », a laissé tomber Michel Laurin, un ami de l’accusé, à sa sortie de la salle d’audience.

Selon M. Laurin, l’accusé souffre de « problèmes d’autisme sévères », mais n’est pas dangereux. Il a plutôt été « embrigadé, influencé par des choses qu’il a lues » sur internet. Il parle de la « mauvaise influence des médias sociaux ».

« Il est embarqué dans un cycle et il avait du temps pour s’exprimer. Mais je ne pense pas qu’il en a contre les immigrants. Il est trop faible pour se défendre. »

Le dossier de M. Auclair doit revenir devant la cour en mars.