Le suspect dans cette affaire, Corey Hurren.
Le suspect dans cette affaire, Corey Hurren.

Incident à Rideau Hall à Ottawa: le suspect avait «plusieurs armes» en sa possession

Le militaire qui est entré de force sur les terrains de Rideau Hall, jeudi, possédait «plusieurs armes» dans sa camionnette. Mais sa course folle a été considérablement ralentie par la porte de fer forgé située à l’entrée des terrains de la Couronne.

Corey Hurren est accusé de plusieurs chefs criminels. Vendredi matin, le sous-commissaire Michael Duheime, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a décrit la chronologie des événements ayant causé une commotion à Rideau Hall, où résident la gouverneure générale et, de façon temporaire, le premier ministre, à Ottawa.

Originaire du Manitoba, Corey Hurren a percuté l’épaisse grille de fer forgé de la porte Thomas, au 1, promenade Sussex. «Le véhicule a été endommagé par la porte de fer lors de l’impact», a décrit le sous-commissaire.

C’est ainsi que le suspect a abandonné son Dodge Ram noir devenu inutilisable, dans lequel se trouvaient plusieurs boîtes de carton, une glacière, et des armes. Le Manitobain avait aussi une lettre en sa possession. La GRC n’a pas dévoilé le contenu de cette missive ni à qui elle s’adressait. «Nous ne révélons pas d’informations en ce qui concerne la sécurité des personnes sous la protection fédérale (i.e le premier ministre Justin Trudeau et la gouverneure générale Julie Payette). L’enquête se poursuit.»

Après avoir percuté la clôture et abandonné sa camionnette, à 6h30, l’individu s’est dirigé vers les bâtiments principaux de Rideau Hall en empruntant un sentier pédestre.

Voici le parcours du suspect lors des événements de jeudi à Ottawa.

Des employés responsables de l’entretien du terrain ont alerté la sécurité, qui, à son tour, a signalé le danger auprès de la GRC. Son unité d’intervention tactique s’est lancée à ses trousses.

Il s’est caché dans un boisé de 6h35 à 6h38, avec ce qui semblait être une carabine. La GRC n’a pas décrit les calibres des armes saisies.

Dès 6h40, les employés ont été mis en confinement. Ni le premier ministre ni la gouverneure générale n’étaient dans leurs résidences à ce moment. «Leur sécurité n’a pas été mise en danger», a assuré M. Duheime.

Pendant trois minutes, soit jusqu’à 6h43, le suspect a poursuivi sa marche vers une serre.

«Notre équipe a établi un contact avec l’individu à 6h43, et un dialogue a débuté vers 6h53. À 8h30 (M. Hurren) a été appréhendé rapidement et sans violence, a fait valoir le responsable de la GRC. Je veux ici souligner le professionnalisme de nos agents.»

Au moment d’écrire ces lignes, Corey Hurren n’avait toujours pas comparu au palais de justice d’Ottawa. Il devait subir son enquête sur cautionnement en fin de journée, vendredi. Selon la GRC, le prévenu n’était pas connu des services policiers avant cet incident.


« La clôture a été assez robuste pour ralentir l’individu. Mais la GRC va revoir les procédures (de sécurité) pour les améliorer et apprendre de ce qui est arrivé. »
Michael Duheime, sous-commissaire de la Gendarmerie royale du Canada

M. Hurren possède une entreprise spécialisée dans le domaine de la viande, GrindHouse Fine Foods. Cette entreprise a dû fermer en raison de la pandémie de COVID-19.

Vétéran du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, il a intégré les rangs des Rangers, une unité de réserve assurant une présence militaire dans les régions éloignées, comme le Nord canadien.

Le sous-commissaire de la GRC, Michael Duheime.

Le sous-commissaire Duheime a mentionné qu’un examen des mesures de sécurité serait fait en collaboration avec la Commission de la capitale nationale et les responsables de Rideau Hall. «La clôture a été assez robuste pour ralentir l’individu. Mais la GRC va revoir les procédures (de sécurité) pour les améliorer et apprendre de ce qui est arrivé.»

Selon la GRC, M. Curren a relativement «bien collaboré» lors de l’intervention de la GRC.