Marie-Noëlle Tremblay a eu peur de perdre son conjoint dans l’incendie qui a détruit leur résidence de la rue Notre-Dame, à Champlain, le 4 juin dernier.
Marie-Noëlle Tremblay a eu peur de perdre son conjoint dans l’incendie qui a détruit leur résidence de la rue Notre-Dame, à Champlain, le 4 juin dernier.

Incendie à Champlain: «Mon chum aurait pu mourir»

CHAMPLAIN — Le 4 juin dernier, Marie-Noëlle Tremblay a tout perdu. Meubles, souvenirs, vêtements: tout est parti en fumée lorsque son domicile a brûlé, sur l’heure du dîner. Elle se réjouit toutefois de ne pas avoir perdu l’essentiel: son conjoint, les trois fils de celui-ci et sa fille Mia.

Mme Tremblay était en voiture avec Mia et Evan, 4 ans, lorsque son téléphone a sonné. C’était son conjoint, Francis Bourque, qui l’appelait alors qu’il était transporté à l’hôpital en ambulance.

«Il m’a dit: ‘‘on n’a plus de maison, la maison a brûlé. Je m’excuse, je m’excuse, c’est de ma faute, je n’aurais pas dû faire de la soudure’’», raconte-t-elle, cinq jours après le terrible événement.

C’est en effet dans le garage, où M. Bourque faisait des travaux de soudure, que l’incendie a pris naissance. Le service de sécurité incendie de Champlain a conclu qu’il s’agissait d’un incendie accidentel, probablement causé par ces travaux.

«Mon chum aurait pu mourir. Par miracle, il a réussi à ramper vers la porte de garage qui était entrouverte, mais il n’a pas pu l’ouvrir. Il a dû se lever pour sortir par l’autre porte et c’est là qu’il s’est brûlé», poursuit Mme Tremblay.

Par chance, un pompier volontaire passait devant leur résidence de la rue Notre-Dame lorsque M. Bourque en est émergé, brûlé aux deuxième et troisième degrés à plusieurs endroits, notamment au visage et au bras. Il a pu lui porter assistance jusqu’à l’arrivée d’une ambulance. Il a été transporté au CHU de Québec, où sont traités les grands brûlés. Son œil n’a heureusement pas été affecté par les brûlures, mais des tests doivent être menés pour vérifier si son audition a été atteinte. Il devra également subir une greffe de peau. Il est toutefois hors de danger.


« Heureusement que les enfants n’étaient pas au sous-sol, dans leur chambre, quand l’incendie s’est déclaré. Je ne suis pas sûre qu’ils auraient pu sortir à temps. »
Marie-Noëlle Tremblay

«Mon petit coin de paradis»

Marie-Noëlle Tremblay est arrivée par la suite sur les lieux pour constater l’ampleur des dégâts sur la résidence qu’elle louait avec option d’achat avec son conjoint. «On a un très grand terrain avec un petit boisé, la maison est très bien située, à neuf minutes de mon travail», explique celle qui travaille comme coordonnatrice aux activités jeunesse du Complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD).

«Une chance, on était assurés, le propriétaire aussi. Si le terrain n’est pas contaminé, on va l’acheter et on va sûrement se reconstruire. Mais le garage ne sera pas collé sur la maison», indique-t-elle.

En attendant d’avoir le feu vert de sa compagnie d’assurance, Mme Tremblay et les enfants ont été relogés dans une grande maison appartenant à la famille Lanouette. Elle témoigne d’ailleurs des nombreux gestes de bonté qui ont été posés pour leur venir en aide dans cette difficile épreuve.

«Ç’a été très difficile, puisqu’en raison de la COVID-19, je ne pouvais serrer personne dans mes bras. Mais il y a des gens vraiment merveilleux qui nous ont tendu la main. C’est dans des temps comme ça que l’on voit à quel point c’est précieux d’avoir un bon réseau», se réjouit Mme Tremblay.

Cette dernière tient également à souligner le soutien du chef des pompiers de Champlain, Jacques Brouillette, et du bénévole de la Croix-Rouge qui a pris sa famille en charge, ainsi que la compassion dont ont fait preuve deux enquêteurs de la Sûreté du Québec.

«On tient à remercier notre famille, nos amis et nos collègues pour notre soutien. En particulier Claude Bourque, Daniel Lanouette, Megam Thibeault-Macneil, feu Jean-Guy Lanouette, Lise Baribeau, Annie et Caroline Baribeau-Lanouette, Geneviève Bourque, J-F Côté, Sarah-Maéva, Isalie et Livia, qui ont donné des jouets aux enfants, Lyne Harvey, Jean-Yves Tremblay et Louise Lanouette. Un gros merci aussi à Mouv, Académie de danse, qui nous a habillés toute la gang», énumère Mme Tremblay.

Erreur sur la personne

En plus de l’incendie, Mme Tremblay déplore d’avoir vu sa réputation et celle de son conjoint salies. En effet, Le Nouvelliste rapportait jeudi dernier que la demeure est la propriété d’un criminel notoire. Or, cette information s’est avérée inexacte: la demeure appartient plutôt à son fils, qui porte le même nom que son père. Mme Tremblay déplore que ce quiproquo ait eu pour effet d’occulter la tragédie que sa famille a vécue.

«J’ai eu peur du regard des autres, d’autant plus à mon travail, puisque je sentais la suspicion dans le regard de mes collègues, même s’ils étaient de tout cœur avec moi», indique-t-elle.

Mme Tremblay espère que ce malentendu se dissipera rapidement et qu’elle pourra se concentrer sur le nouveau départ qu’elle veut prendre avec sa famille. Nouveau départ qui commencera, elle l’espère, avec une nouvelle maison bâtie dans son «petit coin de paradis».