Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, souligne que le système Arrima permettra de favoriser la régionalisation de l’immigration au Québec.

Immigration: le système Arrima est lancé

MONTRÉAL — Le gouvernement du Québec a lancé, jeudi, un système qui devrait accélérer considérablement le traitement des demandes d’immigration et permettre de mieux arrimer l’immigration aux besoins du marché du travail.

Ce nouveau système, Arrima, doit aussi favoriser la régionalisation de l’immigration au Québec, a souligné le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, en conférence de presse à Montréal.

La première étape consistera, pour une personne qui désire immigrer au Québec, à remplir une « déclaration d’intérêt ». Cela se fera gratuitement et devrait prendre une heure, a dit le ministre Jolin-Barrette.

Pour la seconde étape, c’est le Québec qui décidera quels candidats il invite, en fonction des besoins du marché du travail.

Le nouveau système Arrima doit permettre de réduire de 36 à six mois le délai pour obtenir un Certificat de sélection du Québec (CSQ).

« Ce qui n’était pas respectueux et ce qui n’était pas humain, c’était d’attendre durant deux, trois, quatre, cinq, six ans avant d’avoir une réponse pour savoir si vous alliez pouvoir être accepté au Québec », a affirmé le ministre.

Québec traitera en priorité les 3700 dossiers de personnes qui avaient formulé une demande pour obtenir un CSQ et qui se trouvent déjà en territoire québécois.

Pour la première étape du déploiement, les employeurs devront passer par « l’accompagnement » du ministère.

Pour la deuxième phase, prévue en février prochain, les employeurs pourront eux-mêmes suivre les étapes du recrutement.

Réactions

Les regroupements d’employeurs ont tous applaudi à ce nouveau système, qu’ils réclament depuis un certain temps déjà, vu la rareté de main-d’œuvre dans bien des secteurs.

« C’est une bonne nouvelle. Ça faisait longtemps qu’on demandait de changer la méthode de sélection pour mieux arrimer les immigrants aux besoins du marché du travail », a commenté en entrevue sur place Stéphane Forget, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Il note qu’il ne sera pas garanti que les immigrants ainsi recrutés en région voudront y rester.

« La régionalisation de l’immigration, c’est un défi partout dans le monde, pas juste au Québec », a-t-il rappelé.

M. Forget a hâte que la deuxième phase d’Arrima soit déployée.

« On a vécu d’espoir, là on piaffe d’impatience que les employeurs puissent le faire directement. On apprécie qu’il y ait un accompagnement des fonctionnaires du ministère, mais qu’un employeur, en 2020, puisse lui-même, à tout moment de la journée, s’installer devant son écran et aller voir et déterminer quels sont ses besoins, là on va accélérer le processus », s’est-il exclamé.

Le groupe Manufacturiers et exportateurs du Québec y a aussi vu « des actions qui contribuent à pallier la pénurie de main-d’œuvre » dont il se réjouit.

Mais sa PDG Véronique Proulx a aussi souhaité que le gouvernement fédéral améliore le Programme des travailleurs étrangers temporaires, puisque les deux tiers des postes vacants, dans le secteur manufacturier, visent les travailleurs peu spécialisés.

Même son de cloche au Conseil du patronat du Québec : « le système permettra de privilégier les candidats pouvant exercer des professions et des métiers en demande », s’est réjoui son président Yves-Thomas Dorval.

« Les employeurs auront également la possibilité de soumettre une offre d’emploi validée, afin de pouvoir obtenir des candidats qui correspondent à leurs besoins », a-t-il poursuivi.