Sébastien St-Louis est président-directeur général et cofondateur de l'entreprise Hydropothicaire.

Hydropothicaire triple ses installations

Deux mois à peine après avoir lancé les travaux de construction d’une nouvelle serre de 250 000 pieds carrés au sein de son usine située à Gatineau, voilà que l’entreprise Hydropothicaire annonce un second projet d’expansion qui fera d’elle l’un des plus importants producteurs de marijuana séchée au Canada.

La compagnie a annoncé mardi avoir fait l’acquisition de 78 acres de terrain contigus à ses 65 acres d’installations actuelles aménagées en bordure du chemin du Quai, dans le secteur Masson-Angers. Hydropothicaire projette de construire sur ses nouveaux terrains une serre supplémentaire d’une superficie d’environ un million de pieds carrés, ce qui lui permettra de produire annuellement 108 000 kilogrammes de cannabis séché.

Les travaux de construction de ce complexe de production devraient être terminés en décembre 2018. Le coût total du projet d’expansion est chiffré à 80 millions de dollars. 

Selon la direction de l’entreprise, ce sont 100 emplois qui seront créés pendant la construction des nouvelles infrastructures et 100 autres lorsque les installations, qui intégreront des technologies robotiques et des systèmes automatisés, seront prêtes à opérer. 

Au terme du chantier, la superficie des laboratoires de culture d’Hydropothicaire se situera donc à 1,3 million de pieds carrés. Le nombre d’employés permanents oscillera pour sa part autour de 300.

Le président et directeur général de la compagnie, Sébastien St-Louis, reconnaît qu’il s’agit d’un projet audacieux, mais affirme que son entreprise, présentement spécialisée dans la production et la distribution de pot médical, sera fin prête à répondre à la demande lorsque la légalisation de la plante entrera en vigueur en juillet 2018 et que le marché de consommation de la marijuana à des fins récréatives pour adultes s’ouvrira. 

« Quand nous avons comparu devant la commission parlementaire, le gouvernement du Québec nous a fait part de ses inquiétudes par rapport à la disponibilité de la marijuana légale de qualité et par rapport à la pénurie potentielle. Ce qu’on vient faire aujourd’hui, c’est mettre le pied de l’avant et prendre le risque au niveau de la construction et de l’exécution pour s’assurer qu’il n’y ait pas de pénurie de cannabis au Québec. Non seulement c’est important pour le Québec, mais au niveau de la compagnie, ça devrait aussi faire de nous le premier ou le deuxième producteur en importance au pays à la fin 2018 », a affirmé au Droit le président et directeur général de l’entreprise.

Ce dernier rappelle que la production totale estimée pour répondre annuellement aux besoins du marché récréatif du cannabis au Québec sera d’environ 144 tonnes par année, selon les prévisions du gouvernement provincial. Hydropothicaire priorisera le marché québécois avant tout et visera ensuite le marché canadien et éventuellement le niveau international, soutient M. St-Louis.

Quant aux premiers travaux d’agrandissement entamés en octobre, ceux-ci seront finalisés à temps pour le 1er juillet 2018, a confirmé M. St-Louis, hier.