L’avant des Raptors Chris Boucher, qui a grandi à Montréal, est revenu dans son patelin rencontrer des amateurs après la conquête du titre de la NBA par l’équipe torontoise, en juillet dernier.

Hausse remarquable de la popularité du basketball au Québec

Les Raptors de Toronto, champions en titre de la NBA, ont nourri et cultivé leur statut de club chéri d’un océan à l’autre en organisant notamment une partie de leur camp d’entraînement à Québec au début du mois.

Il s’agit d’une vitrine de plus pour le basketball, dont la popularité est montée en flèche au Québec ces dernières années.

La fédération provinciale, Basketball Québec, a pu le constater de façon bien évidente. De 2013-2014 à 2018-2019, le nombre de participants est passé d’environ 38 000 à environ 52 000 personnes, une augmentation de plus de 35 pour cent.

«C’est une hausse très appréciable, mentionne Daniel Grimard, le directeur général de Basketball Québec. La croissance vient surtout des 9 à 17 ans. Aux niveaux collégial et universitaire, c’est assez stable.

«Il y a une grande demande pour des entraîneurs et, de notre côté, il faudra assumer cette croissance-là.»

Les participants sont définis comme les athlètes, entraîneurs et officiels de structures reconnues par la fédération: RSEQ, ligues pour les moins de 18 ans, pour adultes ou de mini-basket, etc.

«La hausse n’est pas que dans les grands centres, poursuit Grimard. Dans le Centre-du-Québec, le Saguenay, l’Abitibi ou ailleurs, on le voit. C’est vraiment à l’échelle de la province. Je pense que les parents ont découvert le basket et là, ils veulent faire essayer ça à leurs enfants.»

Il y a l’aspect abordable: «acheter un ballon (de basket), ce n’est pas comme acheter un bâton (de hockey)», dit Grimard, qui inclut aussi, comme autres raisons de l’engouement, les succès des Raptors et les récentes vagues d’immigration.

«Les gens arrivent de pays où il y a une culture de basket, et ils veulent continuer leur cheminement.»

Mais la ferveur n’est pas limitée à cette filière, ajoute-il.

«Nous avons de plus en plus de passionnés de basket au Québec, pas seulement ceux venant de l’immigration. Des personnes qui ont grandi avec le hockey, le baseball et le soccer.

«Plusieurs gens font grandir leur région côté basket. Avant, on les connaissait par leur nom. Maintenant c’est impossible, parce qu’il y en a de plus en plus.»

Engouement

Les Raptors ont pris du coffre depuis au moins quatre ans, culminant avec leur premier championnat en juin.

«C’est sûr que ç’a aidé à rehausser la popularité du basket, dit Alexandre Dufresne, directeur des services aux élèves et des sports au Collège Jean-Eudes, à Montréal.

«Ça se remarque dans les discussions d’élèves, dans les corridors.»

Son institution offre des concentrations en basket. Il y a 10 ans, il y avait 27 Concentrations ou Sport-études de basketball, dans les écoles secondaires du Québec. Il y en a maintenant 48.

Et les bienfaits vont au-delà du terrain.

«Pratiquer un sport qu’on aime a un impact sur la motivation et les résultats scolaires, fait valoir Nadia Caron, directrice de l’école Gérard-Filion à Longueuil, qui offre une concentration et du sports-études. Le jeune va mieux s’organiser et faire plus d’efforts au niveau académique.»

Au Collège Jean-Eudes, à chaque deux ans, les jeunes ont l’occasion de faire un voyage dans la région de Boston: ils visitent le Temple de la renommée du basket et assistent à un match des Celtics, à des rencontres de la NCAA et à un entraînement d’un club universitaire.

«Les jeunes voient que ce sont de grosses organisations avec trois ou quatre adjoints à l’entraîneur, un préposé juste pour les ballons, un autre juste pour les gourdes d’eau, etc., confie Maripier Malo, la responsable du programme de basketball. Ça les impressionne.»

Malo a joué dans la NCAA avec St. Bonaventure, au sud de Buffalo. Enseignante d’éducation physique, elle est aussi arbitre de niveau international - elle a récemment officié à Porto Rico, pour l’AmeriCup. En juillet, elle a eu le statut d’observatrice pendant la Ligue estivale de la NBA.

«J’arbitre à l’international depuis une dizaine d’années, raconte Malo. Le basketball m’a tant donné comme athlète, alors c’est une façon pour moi de redonner au suivant.»

En septembre, la Ville de Montréal a annoncé la construction ou la rénovation de terrains de basket dans 10 parcs.

L’un des endroits où se dressera un tout nouveau terrain est le parc Gilbert-Layton, dans Notre-Dame-de-Grâce.

Le parc est voisin de l’école primaire Les-Enfants-du-Monde - une appellation fort appropriée pour la métropole, mais aussi pour un sport où, parmi les joueurs de la NBA, 42 pays étaient représentés en 2018-2019.