Selon la Fédération canadienne des contribuables, une hausse de taxes sur le tabac au Québec n’est pas un risque à prendre, considérant que le Québec est l’une des provinces où les activités de contrebande sont très élevées.

Hausse de taxes exigée sur le tabac au Québec

Le Québec demeure la province avec la plus basse taxe spécifique sur le tabac. Vaudrait-il mieux augmenter les taxes sur le tabac pour en réduire la consommation, même si cette modification entraînerait une aggravation de la contrebande?

La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac croit qu’il devient nécessaire de hausser la taxe pour réduire le nombre de fumeurs. Pour une cartouche de 200 cigarettes, les taxes s’élèvent à 29,80 $ au Québec. La province avec un montant que s’en approche le plus est l’Ontario, avec 44,37 $ de taxes pour un même produit. 

Dans une lettre envoyée en novembre dernier aux ministres concernées, la Coalition demandait au gouvernement caquiste d’entamer l’augmentation progressive de la taxe provinciale sur les cigarettes, pour rejoindre le niveau de l’Ontario. Selon ses calculs, une telle hausse pourrait réduire le nombre de fumeurs de 21 000 et pourrait générer des revenus s’élevant jusqu’à 195 millions $, en tenant compte du taux de contrebande actuel.

«Il n’existe aucune justification légitime pour un gouvernement soucieux de la santé de la population et surtout des jeunes de ne pas profiter de ce contexte favorable pour instaurer une hausse de la taxe sur le tabac, qui bénéficierait autant à la santé de la population qu’aux finances publiques. En écartant les hausses de taxes des interventions visant à empêcher le tabagisme chez les jeunes, c’est littéralement comme si le Québec décidait de ne pas vacciner ses enfants contre une maladie infantile répandue», exprime la porte-parole et codirectrice de la Coalition, Flory Doucas.

Pas un risque à prendre

Selon la Fédération canadienne des contribuables, une hausse de taxes sur le tabac au Québec n’est pas un risque à prendre, considérant que le Québec est l’une des provinces où les activités de contrebande sont très élevées.

«La solution c’est plutôt de mettre davantage d’argent dans la prévention, dans les campagnes d’éducation publique et de rendre plus facile d’accès les divers moyens de quitter le tabac. Que ce soit les patchs ou les cigarettes électroniques, etc. Tous les Québécois savent que fumer c’est mauvais pour la santé. Le problème c’est ceux qui sont accros. Ce n’est pas une question monétaire, c’est de trouver le moyen qui leur permettra d’arrêter de fumer, et de rendre ce moyen-là accessible», note le directeur de la Fédération pour le Québec, Renaud Brossard.

Même si le marché de la contrebande connaît une baisse soutenue depuis 2011, malgré les hausses de taxes de 2012 et 2014, M. Brossard croit qu’il ne faut pas «stimuler le marché en rehaussant les taxes».

«On ne veut pas déplacer le problème, si les gens n’achètent pas des cigarettes au prix augmenté, ils vont les acheter en contrebande», ajoute M. Brossard, qui prône une augmentation de la sensibilisation plutôt qu’une hausse de taxes.