Stéphanie Wang cultive des légumes asiatiques depuis cinq ans sur sa ferme Le Rizen, à Frelighsburg.
Stéphanie Wang cultive des légumes asiatiques depuis cinq ans sur sa ferme Le Rizen, à Frelighsburg.

Goûter l’Asie localement grâce à la ferme Le Rizen [PHOTOS]

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Les deux mains dans la terre au milieu d’un champ de cinq acres, Stéphanie Wang récolte des bottes de choy sum. Vingt-cinq autres variétés de légumes majoritairement asiatiques poussent sur la ferme Le Rizen, à Frelighsburg.

Depuis cinq ans, Stéphanie Wang aspire à la « souveraineté alimentaire » et reconnecte avec la terre. Partageant un champ avec la Ferme Pettigrew, où l’on produit notamment des légumes traditionnels, mais biologiques, Le Rizen offre quant à elle une grande variété de légumes asiatiques qu’on retrouve plus rarement sur les tablettes ou dans les marchés, tels que du bok choy, du gai lan, du brocoli chinois, ou encore du mizuna, les herbes de type shiso, de la citronnelle, de la luffa, sorte d’hybride entre le zucchini et le concombre à la texture « fluffy », et bien plus encore.

« Ce sont des légumes qui poussent bien ici, dit Mme Wang, née à Montréal, dont les parents cantonais ont grandi à Madagascar. Je pense que beaucoup de maraîchers ne les connaissent pas assez pour les cultiver et les vendre, mais ça vaut la peine de les découvrir. »


« Au final, mes réflexions m’ont amenée à me dire que pour changer les choses, pour atteindre la souveraineté alimentaire, il faut mettre les mains dans la terre. Il faut avoir plus de petites fermes pour nourrir la communauté, et non dépendre des exportations. »
Stéphanie Wang, propriétaire de la ferme Le Rizen

Un projet de livre est d’ailleurs dans les plans de la maraîchère et de ses deux sœurs, et porterait sur une quinzaine de légumes asiatiques cultivables ici. À suivre...

Stéphanie Wang a toujours été fascinée par les autres cultures et l’aspect sociopolitique de l’agriculture. Après un stage effectué en Inde au sein d’organisations paysannes, et grâce à des lectures inspirantes, dont <em>Le jardinier-maraîcher</em> de Jean-Martin Fortier, elle a eu « la piqûre » pour la terre.

La « piqûre » de la terre

Détenant une maîtrise en sociologie de l’agriculture et ayant beaucoup voyagé — notamment en Chine et en Inde —, Stéphanie Wang a toujours été fascinée par les autres cultures et l’aspect sociopolitique de l’agriculture. Après un stage effectué en Inde au sein d’organisations paysannes, et grâce à des lectures inspirantes, dont Le jardinier-maraîcher de Jean-Martin Fortier, elle a eu « la piqûre » pour la terre.

« Au final, mes réflexions m’ont amenée à me dire que pour changer les choses, pour atteindre la souveraineté alimentaire, il faut mettre les mains dans la terre. Il faut avoir plus de petites fermes pour nourrir la communauté, et non dépendre des exportations. »

Réflexion qui s’est accentuée avec l’arrivée de la pandémie, et qui s’est propagée au sein de la population, dont la curiosité pour l’autosuffisance et l’achat local ne cesse de croître.

En plus d’être certifiée biologique, la ferme Le Rizen est également semi-mécanisée, donc les travaux au sol sont effectués à la machine, mais la transplantation et la récolte se font à la main.

« J’ai senti que les gens étaient plus compréhensifs, plus contents d’acheter nos légumes et plus ouverts à les découvrir. On a eu beaucoup de bénévoles qui sont venus nous aider aussi. Les gens étaient en arrêt de travail et avaient envie de bouger, de se rendre utiles. Ç’a été très apprécié. »

Le modèle d’agriculture du Rizen en est un « résilient », c’est-à-dire qu’il ne dépend pas de l’externe et peut facilement s’adapter. En plus d’être certifiée biologique, la ferme est également semi-mécanisée, donc les travaux au sol sont effectués à la machine, mais la transplantation et la récolte se font à la main. Trois employés travaillent à temps partiel, en plus de Stéphanie Wang et de son conjoint et partenaire Stanislas Pettigrew.

Une ferme à petite échelle, donc, et qui le restera dans les années à venir, souhaite la propriétaire. « Je me rends compte que je n’ai pas envie de prendre de l’expansion. On est bien comme ça. Ça nous permet de garder une qualité de vie et de pouvoir faire du bureau ou s’occuper des livraisons, en plus d’être dans les champs. »

Trois employés travaillent à temps partiel, en plus de Stéphanie Wang et de son conjoint et partenaire Stanislas Pettigrew.

Petits pots de joyaux asiatiques

Le Rizen compte également un volet transformation, où Mme Wang, avec l’aide d’un ami, fait quelques cannages et conserves, tels que du kimchi aux concombres asiatiques, du pesto de mizuna, de la vinaigrette asiatique, etc.

Chaque année, Mme Wang crée de nouveaux produits et essaie de nouvelles plantations.

Une ferme à petite échelle, donc, et qui le restera dans les années à venir, souhaite la propriétaire Stéphanie Wang.

« C’est sûr qu’avec des légumes nouveaux, il faut aussi donner de l’information, expliquer comment les cuisiner et les conserver. » De ce fait, Mme Wang partage des recettes et astuces via la page Facebook et Instagram « Le Rizen », afin de faire connaître les joyaux qui poussent chez elle.

Même si ce sont des légumes différents, poursuit-elle, on peut les cuisiner comme on cuisine d’autres verdures plus connues. « Ce n’est pas si inaccessible qu’on pense. Ça amène des saveurs différentes, des plats différents. J’encourage les gens curieux à les essayer. »

Les produits du Rizen se retrouvent entre autres au marché de Sutton et à l’épicerie Les Marchés Tradition de Frelighsburg, et également en commande en ligne sur le site web www.leterroirsolidaire.ca.

« C’est un travail gratifiant, qui fait du sens. On se lève le matin, et on se dit, je vais passer la journée dehors, près de la nature. On est notre propre patron. C’est une forme de liberté, même si c’est aussi beaucoup de travail. On crée notre emploi, notre mode de vie. C’est apaisant, on bouge, on respire le bon air. »

Chaque année, Mme Wang crée de nouveaux produits et essaie de nouvelles plantations.

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RECETTE DE CHOY SUM (OU CHOU CANTONAIS)

Dans une marguerite ou une casserole, faire bouillir un fond d’eau d’environ un centimètre. 

Mettre la botte entière de choy sum (en ayant préalablement enlevé l’élastique!), puis couvrir à nouveau. 

Après 2 minutes, prendre la botte avec des pinces et la mettre sur une assiette. 

Verser sur le légume un filet d’huile de sésame, de sauce soya et de sirop d’érable. Déguster.

(Source : Stéphanie Wang)