Des observateurs formés pour la mission conjointe d'Amnistie internationale et de la Ligue des droits et libertés étaient présents dans les rues de Québec jeudi.

G7: l’instauration d’un climat de «peur» dénoncée

En mission à Québec et La Malbaie dans le cadre du Sommet du G7, Amnistie internationale et la Ligue des droits et libertés déplorent le climat de «peur» instauré par les forces de l’ordre qui freinerait l’élan public à la manifestation.

«C’est déplorable», a critiqué Geneviève Paul, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone, en conférence de presse jeudi matin. «Les gens ont peur.»

Elle rappelle qu’au cours des rencontres internationales de même acabit, «ce sont les forces policières qui ont été blâmées»: pour les arrestations sans fondement, pour des détentions arbitraires, pour le non-respect de nombreux droits fondamentaux.

Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés, souligne néanmoins que les autorités ont offert à leur équipe d’observateurs des accréditations qui leur permettront d’avoir accès aux centres de détention et périmètres de sécurité. «Nous avons constaté un certain changement de discours de la part des forces policières qui disent vouloir éviter l’utilisation de la force et les arrestations sans élément de preuve. Toutefois, certaines mesures annoncées publiquement et liées aux préparatifs du sommet ainsi que nos échanges avec l’établissement de détention d’Orsainville […] confirment une anticipation importante d’arrestations de masse.»

Par exemple, la prison de Québec a libéré 320 cellules pour incarcérer d’éventuels contestataires hors-la-loi, font-elles valoir. D’autres indices qui inquiètent les deux femmes : le Service de police de Québec a aménagé des cellules dans des roulottes à même le stationnement de son poste du parc Victoria ; l’achat de beaucoup de munitions de gaz lacrymogène…

«On reconnaît les efforts de coopération», souligne à son tour Geneviève Paul. Mais l’accent mis sur les préparatifs policiers dans l’espace public restreint la possibilité des citoyens de s’exprimer dans la rue pour dénoncer les injustices, selon elle.

Manifester «est un droit démocratique», rappelle Nicole Filion. «Ça comporte des dérangements. Mais ce n’est pas parce que tu déranges que la manifestation devient illégale.»

Les deux organisations invitent la population à se mobiliser pour dénoncer les injustices.

Une quarantaine d’observateurs ont été formés pour leur mission conjointe. Ils se sont engagés à demeurer neutres tout au long de l’événement international, ce qui signifie qu’ils devront également documenter les excès éventuels de manifestants. 

Jeudi, ils étaient déjà bien visibles dans les rues de Québec. Circulant par petits groupes, ils exploraient la cité et observaient les préparatifs des policiers.

Quelques observateurs se rendront à Saguenay demain en matinée puisque les chefs d’État et de gouvernements du G7 devraient arriver par les airs à la base militaire de Bagotville.