Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, s’est dit préoccupé par la faible productivité des entreprises québécoises qui n’a augmenté que de 0,8 % par année de 2013 à 2018.

Fitzgibbon évasif sur les 5000 emplois délocalisés en région promis par la CAQ

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a fait un passage devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, mardi, afin de vanter les vertus de sa réforme d’Investissement Québec (IQ) prévue dans le projet de loi 27, tout en se montrant discret sur le sort de la promesse électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui prévoyait la délocalisation de 5000 emplois de la fonction publique dans les régions.

De passage devant 140 membres réunis à La Saguenéenne, à Chicoutimi, le ministre a eu droit à une introduction réaliste du président de la chambre, Carl Laberge, qui a rappelé que le Saguenay-Lac-Saint-Jean arrive à un moment charnière de son histoire alors que les perspectives démographiques prévoient la perte de 15 000 citoyens d’ici 2040 après la perte de 27 000 citoyens depuis une quinzaine d’années.

Lors de son allocution, le ministre a vanté les performances économiques du Québec tout en se disant préoccupé que ces résultats se répercutent dans toutes les régions.

Après avoir énuméré les divers projets d’investissements en cours dans certaines entreprises, M. Fitzgibbon a rappelé que le gouvernement du Québec a été bien déçu du report des deux projets d’investissement de Rio Tinto pour la construction d’un centre de coulée de billettes à Alma et des 16 cuves AP-60 en raison des turbulences sur les marchés de l’aluminium. Québec reste en contact avec les dirigeants de Rio Tinto afin que la province demeure au centre de la stratégie d’avenir du groupe.

La période de questions des participants a été l’occasion pour le préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, Gérald Savard, d’interroger le ministre sur le sort réservé à la promesse électorale de déplacer 5000 emplois vers les régions sous le présent mandat. M. Fitzgibbon a reconnu que la promesse avait été faite et que le commentaire reçu n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, sans plus.

Réforme

En ce qui a trait à la réforme d’Investissement Québec, le ministre a indiqué que Québec souhaite mettre en place une nouvelle approche de développement économique en stimulant l’innovation dans les entreprises, la croissance et l’investissement local et étranger ainsi que l’exportation.

Une fusion aura lieu entre les bureaux du ministère de l’Économie et d’IQ qui englobera lui-même le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ).

Il est prévu que des services d’accompagnement aux entrepreneurs seront offerts par IQ avec une présence régionale par l’établissement de bureaux et de comités de développement régional. On y trouvera des services d’accompagnement et de financement. Ressources Québec, une filiale d’IQ, sera dissoute avant le 1er avril prochain.

Dans la région, il est peu probable que de grands changements surviennent, puisqu’à la direction régionale du ministère, on a indiqué qu’un travail de collaboration étroit existe entre les deux entités.

La création d’IQ international vise à favoriser l’attraction d’investissements étrangers, la diversification des exportations québécoises et l’accompagnement d’entreprises à l’exportation.

Fin des subventions 

M. Fitzgibbon a précisé que son gouvernement veut s’éloigner de la combinaison classique d’un prêt sans intérêt et d’une subvention tout en voulant sortir le mot subvention de son vocabulaire.

« Je suis prêt à vous dire que je vais prendre le risque de vous payer la meilleure machine au monde. Si vous perdez de l’argent, je vais en perdre avec vous. Mais si vous en faites, je vais en récolter aussi et la remettre dans le système », a indiqué le ministre.

La prise de risque dans certaines entreprises et des investissements dans des fonds de capital de risque figurent dans l’agenda du ministre afin de combler les carences dans la chaîne des capitaux en complémentarité plutôt que de viser le rendement financier à court terme.

Enfin, le ministre a indiqué qu’en matière environnementale, Québec entend soutenir des entreprises qui innoveront en matière de captation et de valorisation du carbone, la production de nouveaux carburants, le recyclage et la valorisation du plastique ainsi que l’application de technologies propres dans le domaine du transport. Le développement d’une stratégie de développement de la filière des batteries lithium-ion figure dans les priorités.

GNL Québec

En ce qui a trait au projet de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec, M. Fitzgibbon a mentionné que son gouvernement le favorise et qu’il est en contact avec l’entreprise.

« On doit regarder ça au plan économique, mais il faut que ce soit acceptable au plan environnemental. On analyse la possibilité de s’impliquer au niveau de la première phase de la faisabilité », conclut le ministre.