Christopher était le dernier étudiant des Pères Maristes à recevoir sa peine mercredi. L’adolescent de 14 ans a plaidé coupable au leurre informatique et à la distribution de pornographie juvénile. Il a été acquitté de l’accusation d’extorsion.

Fin de la saga du Séminaire des Pères Maristes

Amanda Todd. Rehtaeh Parsons. En posant un point final à la saga judiciaire du Séminaire des Pères Maristes, la juge Fannie Côtes a fait résonner les noms de ces deux adolescentes canadiennes, qui se sont suicidées après avoir été victimes de cyberintimidation.

Le partage des photos de trois étudiantes des Pères Maristes par cinq jeunes accusés, en 2018, ne se compare pas, en gravité, aux drames d’Amanda et Rehtaeh, précise la juge. 

«Si je te parle de ça», dit la juge Côtes au jeune accusé, «c’est pour que tu réalises l’ampleur du phénomène des réseaux sociaux et des impacts quand c’est mal utilisé.»

Christopher* était le dernier étudiant des Pères Maristes à recevoir sa peine mercredi. L’adolescent de 14 ans a plaidé coupable au leurre informatique et à la distribution de pornographie juvénile. Il a été acquitté de l’accusation d’extorsion.

Christopher avait demandé à une bonne amie, Mélissa*, de lui envoyer des photos d’elle nue. Il les a distribuées à plusieurs amis.

Pointée du doigt et ridiculisée, Mélissa a été bouleversée au point de former un plan de suicide et d’être hospitalisée en psychiatrie durant cinq semaines. 

Après son expulsion, Christopher a réintégré l’école privée de Sillery. Il a entrepris un suivi psychologique et sexologique depuis un an.

35 heures de travaux bénévoles

Comme ses quatre autres coaccusés, Christopher a pu bénéficier d’une absolution conditionnelle.

En raison de la trahison du lien de confiance entre les deux adolescents, la juge Côtes était prête à accorder la demande du procureur de la Couronne d’imposer 40 heures de travaux bénévoles.

Mais comme la jeune fille a finalement accepté de recevoir une lettre d’excuses de Christopher, la juge a consenti à réduire le nombre d’heures à 35 heures.

La mère de Mélissa s’était adressée à Christopher, lui disant qu’il «avait semé la peur dans la vie de sa fille». 

La mère de Christopher a aussi voulu parler à la juge, dénonçant les impacts de la judiciarisation de jeunes adolescents, alors qu’un programme de sanctions extrajudiciaires aurait pu atteindre les objectifs. «On a voulu faire un exemple pour la société avec notre école, mais sur le dos des enfants», déplore la mère. «Si on avait permis à tous ces jeunes de s’asseoir et de se parler, ils seraient sûrement encore des amis.»

Avant de lever l’audience, la juge Côtes s’est adressée à la jeune victime de 14 ans. «Je souligne ton courage, d’abord parce que tu as dénoncé et parce que tu as trouvé la force de témoigner, a dit la juge. Promets-moi de poursuivre ta route, la tête haute, avec fierté.»

* Prénoms fictifs