La succursale de la SAQ à Bromont (notre photo) est fermée depuis mercredi après qu’un de ses employés ait appris qu’un client testé positif à la COVID-19 y était allé faire ses emplettes. D’autres succursales de la région ont vu par conséquent leur achalandage augmenter.

Fermeture de la SAQ à Bromont: «Les employés sont paniqués» 

La succursale de la SAQ à Bromont est fermée depuis mercredi après qu’un de ses employés ait appris qu’un client testé positif à la COVID-19 y était allé faire ses emplettes. « Nos membres sont paniqués, qu’ils soient à Bromont ou ailleurs au Québec », indique Katia Lelièvre, présidente du Syndicat des employés de magasin et de bureau de la SAQ (SEMB-SAQ).

En entrevue avec La Voix de l’Est, Mme Lelièvre explique que plusieurs centaines de ses membres lui ont écrit récemment pour lui faire part de leurs inquiétudes.

À Bromont, La Voix de l’Est a appris que neuf personnes travaillaient à la succursale le jour où l’incident s’est produit. Rappelons que vendredi dernier, un homme porteur de la COVID-19 — il en a eu la confirmation lundi — s’est rendu à la SAQ de Bromont pour y acheter de l’alcool.

Il n’est pas possible d’obtenir de détails concernant l’état de santé de ces personnes, nous a informé le CIUSSS de l’Estrie. « On communique avec les personnes si on juge qu’il y a un danger. C’est un travail qui se fait à l’interne », nous a-t-on répondu.

Du côté de la SAQ, on indique par courriel avoir demandé à certains employés concernés de se mettre immédiatement en isolement préventif. De plus, selon la SAQ, le client infecté a été pris en charge par la santé publique.

Aucune date de réouverture n’est connue pour l’instant. 

Cette fermeture entraîne un achalandage accru dans les autres succursales de la région. Lors d’un bref entretien téléphonique, une employée de la succursale de Waterloo nous a confirmé que les gens étaient plus nombreux qu’à l’habitude dans l’établissement.

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Pas une exception

« Bromont n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce qui se passe dans toutes les SAQ du Québec, indique Mme Lelièvre. Les gens viennent faire leur tour à la SAQ avant d’aller en isolement volontaire. »

Selon elle, les snowbirds le disent même aux employés au moment de payer, pour justifier leurs achats en grande quantité. « On vient acheter plusieurs caisses, car on s’en va rester en isolement à la maison. »

« Nos membres rencontrent beaucoup de clients comme ça », soutient la présidente du SEMB-SAQ.

Irresponsables

Celle-ci souligne que l’homme de Bromont est un exemple patent de l’irresponsabilité de ce type de clients. 

« Jeudi, il perd conscience dans sa cuisine, et le lendemain il vient acheter du vin, car il s’en va en isolement. Les clients sont complètement irresponsables, c’est comme si le vin était devenu un produit de première nécessité. Ce n’est pas le cas ! »

Si le gouvernement ne prévoit pas fermer les SAQ — ce que demande le syndicat SEMB-SAQ —, la SAQ devrait permettre aux employés de travailler dans un cadre beaucoup plus sécuritaire, insiste Mme Lelièvre. 

Le syndicat a ainsi proposé à l’employeur une nouvelle façon de procéder. Il s’agirait d’interdire de déambuler dans les succursales comme c’est le cas présentement et de demander aux clients de commander à l’avance. Ceux-ci viendraient ensuite chercher leurs commandes à des points de service, afin de limiter au maximum les contacts avec le personnel.

« Nous avons besoin de nouvelles mesures de sécurité, car les gens n’écoutent pas les consignes du gouvernement », souligne Mme Lelièvre.

« Je pense que le gouvernement a le devoir de protéger l’ensemble des citoyens, et les employés des SAQ ne sont pas des citoyens de seconde zone. »

Elle invite enfin les clients à faire preuve de davantage de responsabilité et leur demande de ne pas mettre la santé des employés en péril.

À 13 h jeudi, on recensait 26 cas confirmés de COVID-19 en Estrie, ce qui en faisait la région la plus touchée après Montréal (28 cas).