Un périmètre de sécurité avait été érigé, dimanche, sur les lieux de l’agression.

Félix-Antoine Banville arrêté

Trois-Rivières — Après des recherches intensives de plus de 24 heures, les policiers ont réussi à mettre la main au collet de Félix-Antoine Banville, vers 14 h, lundi, à Trois-Rivières.

C’est grâce à une information reçue du public que les policiers de la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR) ont été en mesure de le localiser et de procéder à son arrestation.

Le jeune homme de 25 ans, qui souffre de schizophrénie, était recherché pour avoir agressé son père avec une arme blanche, dimanche matin, dans une résidence, située à l’intersection des rues Saint-Jude et La Jonquière, dans le quartier Sainte-Marguerite, à Trois-Rivières. Il était alors manifestement en crise, selon la DPTR. 

Durant sa cavale, plusieurs patrouilleurs ont ratissé les rues de Trois-Rivières dans l’espoir de le retrouver alors que des enquêteurs étaient également à pied d’oeuvre pour tenter de le localiser. De plus, le signalement de Banville avait été transmis aux autres corps de police dont celui de Québec puisqu’il a déjà habité à cet endroit. En effet, la possibilité qu’il ait pu quitter la ville a été envisagée. Il a d’ailleurs l’habitude de se déplacer en faisant de l’auto-stop.

Banville a été transporté au quartier général où il a été interrogé par les enquêteurs. Il devrait comparaître, mardi, au palais de justice de Trois-Rivières.

Félix-Antoine Banville

Le jeune homme a quelques dossiers pendants au palais de justice qui remontent à septembre et octobre. En effet, en septembre, il aurait commis des vols auprès de personnes de son entourage. Il aurait ainsi dérobé des biens comme une guitare, un ordinateur portable et un lecteur CD. En octobre, il a été arrêté pour avoir proféré des menaces de mort contre un membre de sa famille. Lors de sa comparution le 21 octobre, une évaluation de sa responsabilité criminelle a été demandée. Il devait aussi demeurer au centre de thérapie en dépendances et en réinsertion sociale De l’autre côté de l’ombre à Bécancour. 

Il a quitté les lieux au cours de la nuit de samedi à dimanche. C’est un gardien qui s’est aperçu, vers 3 h 15, qu’il n’était plus dans sa chambre. Après avoir fait quelques recherches dans le bâtiment, il a contacté la Sûreté du Québec.

Banville a réussi à se rendre jusqu’à Trois-Rivières, et en matinée, il s’en serait pris à son père. Ce dernier a été conduit au Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR). Il a reçu son congé dimanche en soirée.

Selon Éric Dorion, directeur De l’autre côté de l’ombre, rien ne laissait présager que Banville allait ainsi s’enfuir. «Dans son cheminement, ça allait super bien. Sa médication était contrôlée. C’est une personne qui était stable. Il n’y a aucun signe qui aurait pu être observable autant physique que psychologique. Quel est l’élément déclencheur? Je pense qu’il est trop tôt pour le dire», mentionne-t-il.

Au centre, il n’a pas démontré un tempérament violent. «Durant son séjour, il n’y a eu aucune altercation, aucun signe de violence. La veille tout allait bien.»

M. Dorion se demande aussi ce qui s’est passé entre le moment où il a quitté le centre et l’agression. «Qu’est-ce qui s’est passé entre 3 h 30 et le moment de l’altercation avec son père? Est-ce qu’il a vu des anciens amis? Est-ce qu’il a réussi à se procurer de la drogue? Est-ce qu’il est tombé en psychose toxique? On ne le sait pas», laisse-t-il tomber. «C’est un événement qui est très malheureux et très triste à la fois», ajoute-t-il.

Il n’est pas inhabituel que ce centre accueille des personnes souffrant de troubles de santé mentale. Son équipe compte d’ailleurs des intervenants en santé mentale. «Depuis les 10 dernières années, il y a eu une augmentation flagrante de double problématique, soit à la fois de consommation et de santé mentale», précise M. Dorion qui s’explique mal cette hausse importante. «Est-ce qu’on est en train de vivre les effets de la désinstitutionnalisation, le manque de ressources spécialisées en santé mentale?»

Avec la collaboration de Nancy Massicotte