Les bâtiments incendiés sont une perte totale.

Familles jetées à la rue par un incendie: la solidarité dans l’épreuve

SAINT-FABIEN – Dans l’épreuve, la solidarité s’est très rapidement organisée dans la communauté de Saint-Fabien, située près de Rimouski. À 48 heures d’un accident impliquant un camion-citerne de propane qui a nécessité une dizaine d’évacuations et qui aurait pu avoir des conséquences tragiques, la communauté de 1900 habitants est éprouvée à nouveau, alors qu’un incendie majeur a jeté à la rue trois familles, à une semaine de Noël.

Jane Lefebvre et Marie Morneau, de l’organisme Notre maison de répit et d’entraide, avaient décidé d’organiser pour la première fois un grand bazar au Centre des loisirs du village, dimanche, question pour les gens de partager gratuitement leurs surplus. «Je voulais aider le plus de gens possible, explique Mme Lefebvre. Ce n’est pas juste pour les gens dans le besoin. C’est une façon écologique de récupérer les vêtements, les jouets et autres choses dont on ne se sert plus. C’est uniquement des dons.» Puis, le hasard a voulu que l’événement se tienne à quelques heures du terrible sinistre, qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. 

Immédiatement, les deux bénévoles ont décidé de donner priorité aux sinistrés et de lancer un cri du coeur auprès de toutes les personnes qui peuvent donner des vêtements, de la vaisselle et tout ce qu’il faut pour les six personnes qui ont tout perdu dans l’incendie. L’appel a vite été entendu et les deux bonnes samaritaines ont immédiatement vu la générosité des leurs. Des gens sont venus faire des dons en argent et en certificats-cadeaux. 

Les deux femmes continuent à recevoir des dons en matériel ou en argent pour les prochains jours, voire les prochaines semaines. «On mobilise la communauté pour apporter le plus de choses possible parce qu’il ne leur reste plus rien, tout est parti en cendres», s’attriste Jane Lefebvre, qui n’avait dormi que 40 minutes parce que sa maison était dans le secteur.

Après avoir été recueillis par la Croix-Rouge, des sinistrés se sont rendus à la rencontre des bénévoles au grand coeur. «On les a rencontrés et on leur a parlé, raconte Marie Morneau. On se connaît.» «On leur a offert du soutien et de l’aide, ajoute Jane Lefebvre. On voulait faire notre part.»

Heureusement, le brasier n’a fait aucune victime. Mais, cela n’empêchait pas pour autant les sinistrés d’être désemparés. «On voyait, dans leur visage, beaucoup de tristesse, mais avec un petit brin d’humour parce que je pense que ça fait partie de leur personnalité», décrit Mme Lefebvre. 

La solidarité s’est vite organisée à Saint-Fabien. Même si le grand bazar de l’organisme Notre maison de répit et d’entraide était destiné à tout le monde, la priorité a été accordée aux sinistrés de l’incendie, surtout ceux qui ont tout perdu.

Commerces partis en fumée

Dans le village, tous les passants rencontrés se désolaient d’avoir perdu leur principal magasin : le Coin du cadeau. Le propriétaire, l’horloger et bijoutier Guy Beaulieu, habitait à même le bâtiment de son commerce. «On trouvait de tout à cet endroit, lance un Fabiennois. Tout ce qu’on avait besoin, on le trouvait là. Il avait énormément de stock et les prix étaient imbattables.» «Il va à Montréal, il va chercher plein de jeux, renchérit Jane Lefebvre. C’était un peu comme un magasin général. Nous, dans le village, on allait beaucoup dans son magasin acheter les choses pour Noël. Là, tout est parti en fumée. Tout son travail, son matériel, sa maison, tout son cocon sont partis.»

Le Centre funéraire Jean-Guy Rioux, qui était adjacent au commerce, a également été rasé par les flammes. L’édifice abritait deux logements. Les biens de ces locataires ont été réduits en cendres. Dans le salon funéraire, aucun corps n’y était actuellement exposé. Cependant, le nouveau colombarium contenait l’urne d’une dame décédée en octobre. «C’est terrible pour les proches, estime une dame qui connaît la famille. Pour les enfants, il ne reste plus rien de leur mère, pas même les cendres.»

Des habitants de cette municipalité du Bas-Saint-Laurent se demandent à quel endroit ils pourront bien s’adresser pour les arrangements funéraires de leurs défunts. «Il ne sera pas question, pour moi, qu’un de mes proches soit exposé à Rimouski ou à Trois-Pistoles», laisse tomber une résidente de l’endroit.

L’incendie s’est déclaré peu après minuit au 9, 7e Avenue, dans le village de Saint-Fabien, au Bas-Saint-Laurent.