Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a annoncé lundi matin 35,7 millions $ en aide financière aux 250 organismes communautaires Famille du Québec, notamment pour pérenniser la hausse du financement qui leur avait été accordé l’an dernier par son prédécesseur.

Familles: 35,7 M $ pour les organismes communautaires

À moins de quatre mois des élections, le gouvernement Couillard poursuit sa distribution de cadeaux. Cette fois, ce sont les organismes communautaires œuvrant auprès des familles qui ont été gâtés.

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a annoncé lundi matin 35,7 millions $ en aide financière aux 250 organismes communautaires Famille du Québec, notamment pour pérenniser la hausse du financement qui leur avait été accordé l’an dernier par son prédécesseur.

« Les organismes communautaires Famille et les haltes-garderies communautaires participent activement au mieux-être et à l’épanouissement des familles dans toutes les régions du Québec. Je suis donc très heureux d’annoncer aujourd’hui, conformément à leur demande, une pérennisation de leur budget de fonctionnement. En appuyant davantage la mission de ces organismes, nous pourrons mieux soutenir les parents qui en ont besoin, pour que tous les enfants aient les mêmes chances de se développer et de réussir », a-t-il dit.

Deux enveloppes

Le ministre Fortin a expliqué que l’investissement de 35,7 millions $ allait être divisé en deux enveloppes distinctes. Une première de 30 millions sur trois ans, à hauteur de 10 M$ par année jusqu’en 2021.

Cette somme s’ajoute aux 3,4 M$ déjà prévus dans le budget 2018-2019 pour aider les organismes communautaires Famille à absorber notamment les hausses prévues du salaire minimum.

La deuxième enveloppe, de 5,7 millions $ répartis sur quatre ans, servira à financer différentes activités pour venir en aide aux familles immigrantes ou démunies.

Parmi celles-ci, une campagne de sensibilisation à l’importance de faire subir un examen de la vue aux enfants de 3 à 5 ans avant leur entrée scolaire, question de mettre toutes les chances de leur côté pour une bonne réussite scolaire. « Même si c’est gratuit pour les enfants, seulement 20 % d’entre eux en ont bénéficié », a souligné le ministre Fortin.

Ce montant servira également à faciliter et soutenir la participation des parents dans la réussite scolaire de leur enfant, en particulier les plus vulnérables ou ceux issus de l’immigration. « On pourrait par exemple financer des services d’accompagnement ou de traduction pour oublier la barrière de la langue », a proposé celui qui est également le ministre responsable de la région de l’Estrie.

Ce dernier a en outre mentionné qu’un mécanisme de concertation national sera mis en place pour contrer la gestion en silo maintes fois reprochée lorsqu’il s’agit d’enjeux familiaux.

Réfléchir aux enjeux

Ces annonces ont été faites lundi matin à Saint-Hyacinthe, lors du tout premier Sommet de la famille devant quelque 400 personnes. Des gens en provenance de divers milieux, du domaine de l’éducation à celui de la santé en passant par le monde politique et communautaire.

Réunis lundi et mardi au Centre des congrès, ils ont comme mission de réfléchir aux enjeux auxquels font face les familles d’aujourd’hui et aboutir à des propositions concrètes de politiques publiques en soutien à celles-ci. Ces propositions seront ensuite présentées aux différents partis en vue des élections.

LOIN DE LA COUPE AUX LÈVRES

« Pour nous, c’est un pas positif, mais ce n’est qu’un pas. Il reste beaucoup à faire. »

Présente lors de l’annonce du ministre Luc Fortin lundi matin à Saint-Hyacinthe, la directrice de la Maison des familles de Granby et Région — l’un des organismes communautaires Famille — n’a pas voulu se réjouir trop vite, d’autant plus qu’il reste à voir comment sera distribuée cette enveloppe de plusieurs millions de dollars.

Line Lambert s’attend à recevoir le même montant que ce qui lui a été accordé en 2017, soit quelque 30 000 $ supplémentaire. « Actuellement, on est financé par le ministère de la Famille à hauteur de 18 % de ce qu’on aurait besoin. Avec ce coup de main, on monterait à 28 %. On s’entend que c’est quand même un financement minimal », dit-elle.

La directrice aurait dans ses plans d’embaucher une agente de milieu pour accompagner les familles sur le terrain dans diverses situations. « Mais 30 000 $, ce n’est même pas suffisant pour payer un salaire à temps plein », déplore-t-elle.

Elle se dit néanmoins contente de cette petite « tape dans le dos ». « Ça démontre que le ministre croit en nous, qu’il est capable de reconnaître l’importance de ce qu’on fait. » Elle attend avec impatience « les autres pas ».