Plus de 1300 personnes ont assisté au match de mercredi.

Faire de tous les matchs un carnaval...

TROIS-RIVIÈRES — C’était le premier match du Carnaval étudiant en deux ans pour les Patriotes... et, à moins d’un revirement, le dernier dans le vieux Colisée du parc de l’Exposition avant le déménagement au District 55.

On le sait, le débat entourant l’occupation du futur Colisée attise les passions à Trois-Rivières et dans les environs depuis quelques semaines. En entrevue au 106,9 FM mardi, l’entraîneur-chef Marc-Étienne Hubert a d’ailleurs admis que le dossier faisait beaucoup jaser chez les joueurs, à l’interne.

En se promenant dans les gradins mercredi soir, on comprend que le sujet concerne aussi de nombreux étudiants, qui suivent périodiquement les activités de leur équipe. «Quand les matchs sont disputés en semaine, c’est beaucoup plus facile pour nous de nous déplacer», disait Jérémy Mayer, de Victoriaville.

Avec sa chemise à carreaux, le jeune fringant se veut l’un des meneurs du «booster club», situé dans la section 24. Beaucoup d’étudiants en éducation physique encouragent les Patriotes... parce que plusieurs étudiants-athlètes ont choisi ce programme quand ils sont arrivés à l’UQTR. Ils les connaissent personnellement.

Jérémy Mayer est le colocataire de l’un des joueurs. «Ça fait des belles soirées. Surtout pour nous, ce n’est vraiment pas cher», sourit le jeune homme, sous le regard complice de ses alliés de l’animation, impatients que la séance d’échauffement commence pour huer les patineurs de McGill.

Un peu plus loin, un duo père-fils assiste aussi au match. Retraité de l’UQTR au département de génie électrique, François Trudel se déplace au vieux Colisée deux ou trois fois par année. Les deux affichent fièrement leurs couleurs, casquettes et chandails bien en vue. Ils ont hâte à l’ouverture du nouvel amphithéâtre.

«Il y aura assurément un effet de curiosité. Est-ce qu’on va y aller plus souvent? Je pense bien que oui! Ça fait de belles sorties. Je n’ai jamais aimé le hockey de la Ligue nord-américaine à cause des batailles. Moi, le hockey universitaire, ça me convient.»

«Il n’y a pas d’excuse»

À savoir si les étudiants suivront l’équipe au District 55, les principaux intéressés ne s’inquiètent pas. «On a des navettes, il n’y a pas d’excuse. Le booster club, quand nous sommes 25 ou 30, on crée une grosse ambiance.»

Le hic, c’est que dans un amphithéâtre de quelque 4300 places comme celui en construction, ce ne sera pas suffisant pour animer les soirées.

En ce moment, les Patriotes attirent en moyenne entre 500 et 600 personnes. Ils étaient plus de 1300 mercredi au vieux Colisée. Avec ce nombre, on ne remplirait seulement que le tiers du futur édifice. À moins que l’effet de nouveauté n’enthousiasme la population et que des masses convergent vers l’ouest de la ville...

«Honnêtement, je ne pense pas que la Ligue ECHL serait aussi bonne que ça», croit Jérémy Mayer.

Étudiant en administration, Vincent Viviers venait de prendre part au concours de tirs au but entre la première et la deuxième période. Sur 14 matchs locaux cette saison, il en a vu «au moins cinq, peut-être six.»

«Le nouveau Colisée va changer la dynamique. Sur le campus, ceux qui sont intéressés par les sports universitaires en parlent quand même un peu. Ce sera un attrait et je pense que ça va amener plus de vie si les gens décident d’embarquer.»

Il reconnaît néanmoins que l’organisation des Patriotes aura du travail à faire pour attirer des centaines, voire quelques milliers de personnes dans les estrades, surtout d’une ligue dont on entend très peu, voire pas du tout parler dans les grands médias nationaux.

«Pourquoi on ne pourrait pas avoir un gros club qui attire, nous aussi? C’est possible avec les Patriotes, mais également avec un club-école du Canadien. Pourquoi pas les deux?»