Le président de la FTQ, Daniel Boyer

Équité salariale dans le secteur public: 8 ans de délai, se plaint la FTQ

MONTRÉAL — Le président de la FTQ, Daniel Boyer, reproche au gouvernement du Québec d'avoir laissé tomber les travailleuses du secteur public, qui attendent depuis 2010 que soit réglé un litige concernant le maintien de l'équité salariale.

En mars dernier, le gouvernement avait suscité de l'espoir chez des dizaines de milliers de travailleuses du secteur public, en se montrant prêt à discuter de ce litige, qui date de 2010 et qui concerne le maintien de l'équité salariale.

La loi stipule en effet qu'il faut vérifier s'il y a maintien de l'équité salariale tous les cinq ans, puisque des biais peuvent être introduits -lorsque des tâches sont ajoutées à un titre d'emploi, par exemple.

Or, la semaine dernière, les discussions à ce sujet ont encore été mises sur la glace, cette fois à cause de la campagne électorale, a rapporté M. Boyer, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, vendredi.

«Je ne vous dirai pas qu'on a eu une fin de non-recevoir, mais on n'a pas eu de négociation de bonne foi avec le Conseil du trésor. Il a fallu que j'intervienne à de multiples reprises dans le but que les discussions reprennent. Et, finalement, elles n'ont jamais repris», a déploré le président de la plus grande centrale syndicale du Québec.

Le gouvernement, de son côté, affirme qu'en cette période électorale, il doit se concentrer sur les dossiers urgents. Il n'avait pas été possible d'obtenir des commentaires du Secrétariat du Conseil du trésor au moment d'écrire ces lignes.

«On peut comprendre que ce sont les élections et que les mandats ne sont pas là. On peut comprendre ça. Mais ce n'est pas conjoncturel. Quand ça fait huit ans que les plaintes sont là et qu'elles sont toujours là, actives et pas réglées... Ce n'est pas rien que la conjoncture des élections actuelles. Il y a eu trois élections depuis ce temps-là! Il faudrait s'asseoir et les régler», a tonné M. Boyer.

Ce dossier peut toucher des dizaines de milliers de travailleuses qui occupent des postes à prédominance féminine. Il s'agit de secrétaires d'école, d'auxiliaires en santé, de techniciennes en administration, par exemple.

En décembre 2010, le Conseil du trésor s'était assuré seul du maintien de l'équité salariale. C'est à ce moment que les syndicats avaient déposé plusieurs dizaines de plaintes quant aux catégories d'emplois à prédominance féminine.

Plusieurs syndicats sont concernés, soit, en plus des différents syndicats affiliés à la FTQ, d'autres à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), à l'Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux (APTS).