Ce nouveau livre a aussi été une manière pour Valérie Fontaine de dresser le bilan d’une décennie d’écriture.
Ce nouveau livre a aussi été une manière pour Valérie Fontaine de dresser le bilan d’une décennie d’écriture.

Entre ici et là-bas: cet inconnu bien-aimé

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Une boucle est bouclée pour Valérie Fontaine. Dix ans après avoir fait paraître Toujours près de toi, l’auteure rougemontoise récidive avec Entre ici et là-bas, un livre-miroir du premier où le deuil est abordé avec douceur.

C’est sous les traits de son fils Vincent «devenu grand» que l’auteure aborde le sujet sensible de vivre sans avoir connu un être cher parti trop tôt. Valérie Fontaine dédie d’ailleurs ce livre à son fils, mais aussi à son père André, «qui ne s’éloigne pas malgré le temps qui passe».

André Fontaine dit «Fonfon», est la bougie d’allumage des Éditions Fonfon, où le tout premier livre à être publié il y a dix ans était Toujours près de toi. Une manière pour la nouvelle maman de provoquer, à sa manière, le rendez-vous manqué à jamais entre son fils aîné et son aïeul. «Moi non plus, je n’ai pas connu mon grand-père paternel. Mon père me parlait très peu de lui, il ne m’a pas raconté de souvenirs. Quand mon père est décédé à son tour, je ne voulais pas que mes enfants vivent la même chose», confie la Rougemontoise.

Ce nouveau tome traite du revers de cette médaille, alors que Vincent a grandi et apprend à vivre avec les souvenirs de celui qu’il n’a pas connu. Entre ici et là-bas se lit donc comme une lettre de Vincent à son grand-père, dont l’absence pèse lourd dans sa vie, étant né la veille du décès de son aîné.

«Vincent a été le tout premier petit-enfant de notre famille. Depuis, j’en ai eu deux autres, et mes sœurs en ont eu quatre à elles deux, relate l’écrivaine. Au fil du temps, il leur arrive de penser à leur grand-père et d’oser poser des questions. Quand on apprend des choses sur quelqu’un qu’on n’a pas connu, on réalise un peu ce qu’on a manqué.»

Parler de la mort ne devrait pas être un tabou au sein des familles, estime Valérie Fontaine.


« Les adultes évitent trop de parler de la mort à un enfant, souvent parce qu’ils n’ont pas toutes les réponses aux questions que ceux-ci leur posent. [...] Pour moi, parler de mon père me fait du bien et m’a aidé à vivre mon deuil. »
Valérie Fontaine
C’est sous les traits de son fils Vincent «devenu grand» que l’auteure aborde le sujet sensible de vivre sans avoir connu un être cher parti trop tôt.

Faire le point

C’est pour marquer les dix bougies des Éditions Fonfon, fondées par le trio des sœurs Fontaine, que la question d’un nouveau livre portant sur le deuil a été abordée. Ce projet a aussi été une manière pour son auteure de dresser le bilan d’une décennie d’écriture, une vocation qu’elle s’était jusqu’alors ignorée.

«Au début, on avait fait Toujours près de toi pour nous et nos futurs enfants. Notre deuil était tout frais, j’entreprenais une vie de nouvelle maman... Ce livre-là, ça a été le début de ma carrière d’auteure, et pour ma sœur, d’une brillante carrière d’éditrice, relève Mme Fontaine. Dix ans plus tard, j’ai acquis de la maturité comme auteure. Entre ici et là-bas m’a aussi permis de faire le point sur mon deuil, parce que c’est quelque chose qui bouge dans le temps. Il y a des hauts et des bas.»

«Le deuil, c’est quelque chose qui s’apprivoise. Avant de le vivre, je n’aurais pas cru qu’il serait possible de rire en se rappelant des souvenirs de celui qui est parti», ajoute-t-elle.

Et les souvenirs, c’est ce qui demeure de plus précieux «parce que c’est tout ce qui reste», est convaincue la Rougemontoise.

C’est pourquoi la trame narrative est fort bien servie par les illustrations apaisantes de Ninon Pelletier, qui captent l’œil avec leurs couleurs éclatantes et qui marquent la vie qui continue, malgré la mort. «Je voulais qu’on garde la même ligne, que le côté lumineux des souvenirs heureux demeure bien présent», explique Valérie Fontaine.

Entre ici et là-bas est disponible en librairie depuis le 20 août. L’auteure en fera la lecture le 29 septembre dans le cadre de son heure du conte hebdomadaire, qui reprendra sur sa page Facebook les mardis soirs à 19 h à compter du 1er septembre.

L’auteure jeunesse publiera également, chez Québec Amérique<em>, Les 1000 enfants veulent un animal de compagnie</em>, nouveau tome dans cet univers où se déroulent les péripéties de la (très) nombreuse marmaille de Monsieur et Madame Chose.

Seconde offrande

Entre ici et là-bas n’est pas la seule offrande de Valérie Fontaine au cours de cette rentrée littéraire.

Le 8 septembre prochain, l’auteure jeunesse publiera également, chez Québec Amérique, Les 1000 enfants veulent un animal de compagnie, nouveau tome dans cet univers où se déroulent les péripéties de la (très) nombreuse marmaille de Monsieur et Madame Chose.

«On tombe dans un tout autre registre, explique l’auteure de cet autre livre. Dans ce cas-ci, ce sont les enfants qui demandent à leurs parents d’avoir un animal de compagnie, avec tous les questionnements qui suivent. Est-ce que ce sera oui ou non? Si oui, est-ce que chaque enfant a son animal ou on en adopte un pour toute la famille? Avec la famille de 1000 enfants, on peut parler de tout ce que peuvent vivre les familles. Avec humour, bien sûr! »