Éducation des adultes: un syndicat dénonce une situation «intenable»

MONTRÉAL — L’éducation des adultes souffre d’un sous-financement, le soutien aux élèves est inadéquat et les trois quarts des enseignants ont un statut précaire, dénonce un important syndicat d’enseignants.

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), un syndicat affilié à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), estime qu’il s’agit d’obstacles à la capacité d’action de ce secteur. Le syndicat dresse ce constat à la veille de la deuxième Semaine de la formation générale des adultes qu’elle organise.

L’éducation des adultes, qui a été créée pour répondre à un besoin d’adultes qui retournaient en formation, est de plus en plus devenue une courroie pour des jeunes qui n’ont pas terminé leur secondaire, a expliqué la présidente de la FSE, Josée Scalabrini.

«On n’a jamais pris l’ampleur des besoins»­

Plusieurs de ces décrocheurs bénéficiaient de l’aide de professionnels en comportement ou en santé mentale quand ils étaient au secondaire. Or, Mme Scalabrini a expliqué qu’à l’éducation des adultes les enseignants ne sont pas appuyés par des services dont ils ont besoin.

«Un jeune qui avait une difficulté d’apprentissage au secondaire a encore la même difficulté d’apprentissage», a-t-elle lancé.

En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Scalabrini a ajouté que les enseignants se retrouvent dans des situations loufoques où ils enseignent différentes matières, à des élèves de différents âges et de différents niveaux.

«Tu peux te retrouver dans une classe dans laquelle est enseigné de l’univers social, des mathématiques et du français à des gens qui ont des besoins équivalents à un secondaire un, trois et cinq en même temps», a-t-elle raconté.

Selon elle, les enseignants ne sont ni plus ni moins que «des hommes et des femmes-orchestre qui font des miracles avec des élèves très différents les uns des autres».

200 000 élèves

Selon la FSE, la solution passe d’abord par une meilleure connaissance de ce secteur par la population et les décideurs. «Qui sait qu’il y a autant d’élèves à l’éducation des adultes qu’au collégial (public) ?», demande Josée Scalabrini.

Elle souligne également que 16 pour cent des diplômés du secondaire sont issus de ce secteur.

«Plus on va le faire connaître, plus le financement qui devrait être là et l’accompagnement qu’on doit donner à ces gens-là suivront», estime-t-elle.

Selon Mme Scalabrini, cette formation permet à des jeunes qui ont décroché de regagner l’estime d’eux-mêmes et de poursuivre leur parcours.