Le bris est survenu dans la nuit de lundi à mardi, sur un terrain du secteur Sainte-Marthe, non loin du Golf Le Marthelinois.
Le bris est survenu dans la nuit de lundi à mardi, sur un terrain du secteur Sainte-Marthe, non loin du Golf Le Marthelinois.

Eaux usées: déversement pour encore plusieurs jours à Trois-Rivières, plus d’un million $ en coûts de réparation

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Bien qu’elle prévoyait une remise en service de son réseau des eaux usées dès ce lundi, la Ville de Trois-Rivières annonce que les travaux nécessaires pour réparer le bris survenu plus tôt cette semaine dans le secteur Sainte-Marthe prendront davantage de temps, et ne souhaite désormais plus s’avancer sur aucun échéancier. Du même coup, la Ville estime que les coûts relatifs à ces bris et ces déversements survenus depuis les deux dernières semaines dépasseront le million de dollars. 

C’est ce qui ressort d’un point de presse tenu par le maire Jean Lamarche, jeudi après-midi, afin de pouvoir informer les citoyens sur le déroulement de ce chantier, nécessaire après un second bris sur le réseau. Des bris, rappelons-le, qui forcent la Ville à déverser la totalité de ses eaux usées dans la rivière Saint-Maurice et le fleuve Saint-Laurent depuis bientôt deux semaines

Au terme de ce chantier, on peut facilement avancer que plus d’un milliard de litres d’eaux usées auront été déversés dans la rivière et le fleuve. Les coûts relatifs à toutes ces réparations pourraient dépasser le million de dollars, avance le maire Lamarche.

«On est en action, on est à travailler sur comment régler le problème. Il y a une expression anglaise qui dit ‘‘Money is no object’’. Alors on est en décret d’urgence. Ce qu’on fait c’est qu’on s’évertue à procéder à la réalisation des travaux», explique le premier magistrat, qui a tenu à saluer l’engagement des équipes sur le terrain qui, dit-il, n’ont pas compté leurs heures depuis bientôt deux semaines.

Selon le maire Lamarche, les travaux de réparation s’avèrent beaucoup plus complexes que ceux réalisés la semaine dernière près de l’ancienne usine Aleris, notamment en raison de la nature du sol, de la proximité de la nappe phréatique et de la ligne de transport d’électricité, de l’importance du bris sur la conduite ainsi que le temps de fabrication des pièces de remplacement.

Le chef de service - hygiène du milieu de la Ville, Jean Mercier, a expliqué jeudi après-midi que ses équipes pourront entamer le remplacement de la pièce seulement mardi et mercredi, en raison des délais incombant à la production des pièces chez le fabricant. Si tout va bien, jeudi, les équipes pourraient procéder à du bétonnage et du remblayage, avant de penser à une remise en service du système. Il ne s’avance toutefois pas sur une date précise de remise en service, mais la Ville estime qu’en date de jeudi après-midi, elle ne pourra se faire avant au moins une semaine.

Les équipes sur le terrain profiteront toutefois de ce chantier pour effectuer une inspection par caméra des conduites sur une certaine distance, afin de détecter toute autre faiblesse qui pourrait occasionner un bris lors de la remise en service.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Entre-temps, le déversement dans la rivière doit se poursuivre. À la demande du ministère de l’Environnement, environ 60 % des eaux usées ont été redirigées vers le poste de pompage Lasnier, situé au port de Trois-Rivières, pour être déversées directement dans le fleuve. Ainsi, des 70 millions de litres d’eaux usées déversées chaque jour, 40 % le sont dans la rivière Saint-Maurice et 60 % le sont dans le fleuve Saint-Laurent.

La Ville a par ailleurs proposé au ministère de l’Environnement de survoler le secteur deux fois par jour à l’aide d’un drone afin de détecter la présence de possibles rejets flottants. Elle s’est en outre engagée à retirer tous les déchets flottants qui pourraient échouer sur le rivage.

Jean Mercier, chef de service - hygiène du milieu à la Ville de Trois-Rivières.

Les citoyens sont de nouveau invités à limiter leur consommation d’eau potable afin de réduire le nombre de litres d’eau déversés dans la rivière et le fleuve. Par ailleurs, la Ville demande aussi aux citoyens de ne rien jeter dans la toilette autre que du papier de toilette. Le reste des déchets, comme les applicateurs de tampons, les condoms, les cheveux ou les serviettes hygiéniques par exemple, devraient toujours aller à la poubelle, indique Jean Mercier. «Si les citoyens veulent poser un geste pour l’environnement, c’est le temps de le faire», a-t-il ajouté.

Toutefois, Jean Mercier se fait rassurant: les déversements qui surviennent actuellement se font bien en aval de la prise d’eau de la rivière Saint-Maurice et n’affectent pas non plus la nappe phréatique. Les citoyens peuvent donc consommer l’eau potable sans craindre pour leur santé. Des tests sont d’ailleurs effectués fréquemment pour s’en assurer. 

Investissements

Le maire Lamarche a profité de ce point de presse pour rappeler que d’importants investissements ont été réalisés au cours des dernières années sur le réseau, mais que davantage d’investissements le seront dans les années à venir.

De 2015 à 2019, la Ville a investi une moyenne de 9 M$ par année sur le réseau. En 2020, ce sont 16 M$ qui seront investis dans le réseau, et des sommes de 20 M$ par année sont prévues au Plan triennal d’immobilisations 2021-2023. On parle notamment d’un projet de 14,6 M$ dans le secteur Saint-Louis-de-France afin de permettre la séparation du pluvial et du sanitaire, de même que 13 M$ prévus pour le remplacement du réseau d’égout de la rue Père-Daniel. Notons par ailleurs qu’en 2020, 7 M$ supplémentaires ont été investis dans un plan d’intervention pour la réfection de conduites sanitaires.