Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette a été incapable de dire, mercredi, si l’eau courante au Québec est sécuritaire.

Eau du robinet: bonne «jusqu’à preuve du contraire»

C’est la confusion au sein du gouvernement caquiste concernant le plomb dans l’eau : l’eau du robinet est-elle potable ou non?

Tandis que le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, dit qu’il existe une réponse pour chaque municipalité, le premier ministre François Legault affirme que l’eau est bonne «jusqu’à preuve du contraire».

Ils répondaient à des questions sur la salubrité de l’eau, après que plusieurs enquêtes journalistiques eurent révélé des concentrations de plomb anormalement élevées dans les fontaines de certaines écoles et dans des résidences privées.

M. Charette a été incapable de dire, mercredi, si l’eau courante au Québec est sécuritaire. Son ministère édicte des normes, mais il n’y a aucune façon de savoir si les tests sont faits dans les municipalités, a-t-il affirmé. «C’est la responsabilité de la municipalité d’offrir une eau de qualité.»

La concentration maximale acceptable de plomb au Québec est fixée à 10 parties par milliard (ppb), alors que celle de Santé Canada est de 5 ppb.

Le Québec est la seule province à utiliser une méthode d’échantillonnage désuète, rapportait Le Devoir, mercredi. Les municipalités laissent couler l’eau pendant cinq minutes avant de prendre la mesure, ce qui sous-estime le niveau de plomb dans l’eau.

M. Legault a tenté de se faire rassurant. «Jusqu’à preuve du contraire, oui c’est sécuritaire, a-t-il déclaré. Maintenant, on ne veut pas prendre de chances, c’est préoccupant ce qu’on a entendu.»

Vérification demandée

Il a indiqué que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait commandé une vérification de la qualité de l’eau dans toutes les écoles.

M. Roberge a confirmé en mêlée de presse que des tests seront réalisés dans l’ensemble des écoles primaires et secondaires, sans faire couler l’eau pendant cinq minutes, et que des correctifs seraient apportés d’ici un an.

«On est optimiste et ambitieux, comme l’est le gouvernement de la CAQ depuis le début», a-t-il dit.

Dans l’intervalle, les enfants et leurs parents demeureront dans le doute, ne sachant pas si l’eau qui sort de la fontaine de l’école est exempte de plomb.

En juin, dans un avis, l’Institut national de santé publique du Québec avait sonné l’alarme, en révélant que le niveau de plomb détecté dans l’eau des écoles et des garderies du Québec était si élevé qu’il pouvait affecter le quotient intellectuel des enfants.

Une autre étude, menée par l’Université de Montréal, en collaboration avec La Presse, révélait la semaine dernière qu’un pourcentage élevé de fontaines présentes dans les écoles de Montréal contenaient des concentrations de plomb trop élevées, parfois bien supérieures à la norme fédérale.