Steve Dumas a été généreux de ses anecdotes et de ses conseils, lors de la mini-conférence qu’il a donnée à Granby, 20 ans après avoir été lauréat du Festival de la chanson.

Dumas, lauréat du Festival de la chanson de Granby en 1999 se raconte

« Après la finale, je ne suis jamais retourné à Victo. Ça été le plus beau mois de septembre de ma vie », a raconté Dumas, lauréat il y a 20 ans du Festival international de la chanson de Granby, aux demi-finalistes de l’édition 2019 réunis à la Distillerie de la Chaufferie, mardi soir.

Durant la rencontre, animée par la journaliste Marie-Christine Blais et organisée par la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec, l’artiste originaire de Victoriaville est revenu sur son expérience à Granby, l’impact de cette reconnaissance sur sa carrière et sur certaines choses qu’il aurait aimé qu’on lui dise alors qu’il était dans la même position que ceux qui monteront sur scène du 14 au 24 août prochain.

Steve Dumas s’est présenté aux auditions du FICG une première fois à 18 ans, en 1998. À défaut d’obtenir une participation au concours cette année-là, il repart vers Victoriaville — et son emploi de pompiste — avec d’excellents commentaires des juges en tête, beaucoup de temps pour perfectionner son œuvre et énormément de motivation.

Un an plus tard, c’est la consécration.

Collaborations

Lors du FICG de 1999, sur la rue Principale, il fait une rencontre charnière dans son parcours, celle de Marc Déry, l’un des juges du concours. De fil en aiguille, il rencontre Alain Quirion qui lui apprendra le métier et l’importance de la discipline. « Pendant quatre mois, de midi jusqu’à deux heures du matin, on faisait des démos. On écrivait des chansons, on a peut-être fait 50 démos pour le premier disque. C’est un rythme que j’ai gardé dans le reste de ma carrière », explique-t-il.

Plus tard, en 2001, il fera la rencontre du réalisateur Carl Bastien, qui a notamment travaillé avec Jean Leloup et Daniel Bélanger sur l’album Rêver Mieux. Une rencontre importante, qui lui a permis de trouver sa voix.

« Quand j’ai gagné Granby en 1999, j’étais très jeune. Je ne savais pas encore ce que j’étais pour être. Quand je réécoute mon premier album, j’entends encore Steve Dumas de Victoriaville, et c’est correct. Ensuite, Carl m’a aidé à me trouver. »

Dumas a ensuite présenté deux extraits de la chanson J’erre, avant et après que Carl Bastien lui ait suggéré de chanter plus doucement. « C’est là que ça a pris une autre dimension », assure-t-il.

Cindy Lauper

Parmi les conseils qu’il a donnés, il a répété l’importance de se diversifier, en composant pour d’autres, pour des publicités et pour des œuvres cinématographiques. Particulièrement à l’ère de l’écoute en continu sur les plateformes comme Spotify et Apple Music.

C’est ce qui l’a amené à composer une chanson pour le film La Course des tuques, la suite animée du classique québécois La Guerre des tuques, en 2018. Le film a été diffusé ailleurs dans le monde, il a donc été traduit.

Pour la trame sonore anglophone, il a travaillé avec une légende des années 80, Cindy Lauper.

Il présente donc un démo « avec [mon] accent de Victoriaville », qu’elle adore. Une rencontre de quatre heures à New York est alors organisée. « Elle a dit: “C’est bon, mais j’aimerais qu’on réécrive le couplet”. Elle aurait pu le dire un mois avant et que je travaille d’autres versions, mais là on avait seulement quatre heures », raconte-t-il rieur.

Une heure plus tard, le couplet est réécrit. « J’ai eu une petite goutte dans le front, mais il ne fallait pas que je panique parce que je devais ramener une chanson pour l’équipe à Montréal », dit-il.

Des conseils

À plusieurs moments au courant de la rencontre, Dumas s’est directement adressé aux concurrents pour leur donner certains conseils. Parmi ceux-ci, il leur a recommandé d’embrasser les contraintes, d’accueillir les collaborateurs, de ne pas se prendre au sérieux, mais de prendre le public, lui, très au sérieux et de le traiter avec énormément de respect.

Le FICG se tiendra du 14 au 24 août. La finale est prévue le 23 août, à 19 h 30. Selon la soirée, les billets se détaillent entre 10 $ et 45 $.