La ministre de la Santé, Danielle McCann, se dit disposée à l’examiner pour ensuite «consulter la population» sur ce «projet de société».

Don d’organes: McCann veut consulter sur ce «projet de société»

Rare qu’un projet de loi déposé par un député de l’opposition survive longtemps. Mais celui sur le don d’organes déposé mardi pourrait faire exception. La ministre de la Santé se dit disposée à l’examiner pour ensuite «consulter la population» sur ce «projet de société».

Porte-parole de l’opposition officielle en matière de Santé, le député libéral André Fortin a déposé mardi après-midi, à l’Assemblée nationale du Québec, le projet de loi 399 sur la Loi instaurant une présomption de consentement au don d’organes ou de tissus après le décès.

En résumé, on ferait passer le consentement au don d’organes au Québec du mode volontaire au mode présumé. Chaque personne serait ainsi considérée comme donneuse potentielle à moins d’indication contraire.

Il faudrait donc dorénavant se désinscrire du registre des donneurs, si telle est votre volonté, au lieu de s’y inscrire, comme c’est le cas en ce moment en signant, comme méthode possible, l’autocollant au dos de votre carte d’assurance maladie.

«On est prêts à regarder le projet», a indiqué au Soleil la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, à sa sortie de la Chambre. «Il faut vraiment le regarder et aussi consulter la population là-dessus, parce que je pense que c’est vraiment un projet de société, tout le consentement présumé», a dit Mme McCann.

Elle s’est ensuite attardée aux gestes déjà réalisés par son gouvernement dans le domaine. Comme l’ajout de 22 médecins coordonnateurs de dons d’organes dans l’ensemble des hôpitaux du Québec, pour grimper ce nombre à 32. En Ontario, ils sont 60.

Sensibilisation

La ministre insiste aussi sur la nécessité de sensibiliser les Québécois au don d’organes. Transplant Québec, organisme qui gère le don d’organes dans toute la province, a réussi à hausser le taux de dons de 5 % dans les dernières années grâce à la sensibilisation.

«À la lumière des expériences qui fonctionnent bien dans le monde, comme en Espagne, ce qui est important, c’est d’appliquer différentes mesures», poursuit Mme McCann.

En plus de compter sur beaucoup de médecins coordonnateurs de dons, l’Espagne fonctionne avec le consentement présumé de ses citoyens, comme en France. L’Espagne atteint un taux de 50 donneurs par million d’habitants, tandis que cette proportion n’est qu’à 20 au Québec pour le moment, où quand même 40 % de la population a donné son consentement. Le but de Mme McCann est de hausser ce ratio.

La Nouvelle-Écosse sera un autre modèle à suivre de près à compter de 2020, alors que la plus importante province des Maritimes adoptera le consentement présumé.

«C’est un projet de loi qui peut faire une différence dans la vie de centaines de Québécois, un projet de loi positif qui peut contribuer à améliorer et à sauver des vies. C’est un outil qu’on peut se donner, qu’on doit se donner», résume de son côté M. Fortin.

Le projet de loi prévoit que la personne qui demande le prélèvement s’assure auprès des proches du défunt que celui-ci n’a pas, de son vivant, exprimé un refus par quelque moyen que ce soit, sauf en cas d’urgence.

En 2018, au Québec, 164 personnes ont donné leurs organes à 451 receveurs et 805 étaient en attente d’un don. La liste d’attente a quand même été réduite du tiers au cours des dernières années, puisqu’elle était auparavant autour de 1200.