Alexia-Ève Blais-Baril et son père Jonathan Baril.

Disparition de Mélissa Blais: «Je veux que ma mère sache qu'on l'aime»

Trois-Rivières — «Je veux que ma mère sache qu’on l’aime. Que nous sommes là pour elle. C’est ma mère et on veut qu’elle soit là. On a besoin d’elle et on tient à elle», confie Alexia-Ève Blais-Baril, la fille de Mélissa Blais disparue depuis le 2 novembre après une soirée dans des bars de Louiseville.

C’est une adolescente très forte et mature que Le Nouvelliste a rencontrée mercredi soir. Accompagnée de son père Jonathan Baril, elle souhaitait lancer une bouteille à la mer que sa mère pourrait recevoir. La jeune fille de 15 ans voulait aussi envoyer un message à l’agresseur de sa mère, s’il y en a un, ou à toutes les personnes qui auraient des informations permettant de la retrouver.

Lorsqu’on se retrouve dans un tourbillon comme celui qui emporte depuis deux semaines Alexia-Ève Blais-Baril, tout peut sembler irréel. «Je ne le réalise pas encore... c’est dur parce qu’on n’a rien, on ne sait rien sur ce qui est arrivé. On ne sait pas elle est où et on n’a aucun indice», soutient l’adolescente. 

«Lorsque je raconte ce qui est arrivé à ma mère, c’est comme si je parlais de ce qui est arrivé à une autre personne. Ce n’est pas réaliste... comme si ça ne se pouvait pas.»

Malgré cet état d’esprit compréhensible, Alexia-Ève Blais-Baril sait que sa mère peut avoir été victime d’un geste criminel. Elle ne souhaite pas qu’une telle horreur soit arrivée, mais elle est assez grande pour savoir que certaines personnes peuvent être mal intentionnées. «Je n’arrive pas à ne pas y penser. Je pense juste au pire», avoue l’adolescente. 

«Je n’arrive pas à croire que c’est vraiment ma mère. On entend d’autres personnes qui parlent que leur sœur ou leur mère sont disparues, mais on ne pense jamais que ça va nous arriver un jour. Et là, ça nous arrive. C’est dur d’y croire.»

Si jamais l’hypothèse de l’agression se confirme, Alexia-Ève Blais-Baril veut dire à l’agresseur que sa mère est une femme aimée par ses proches. «Elle a une famille qui l’aime. Pense aux autres, il y a du monde qui tiennent à elle et qui s’inquiètent. Ça ne se fait juste pas faire ça... arracher un membre important d’une famille», lance-t-elle du fond du cœur. 

Le soir de sa disparition, Mélissa Blais a fréquenté trois bars de Louiseville, soit le bar Les 2 dés, le bar La Terrasse et le bar La Brassette L’ami. Tous les proches de la femme de 34 ans répètent le même discours depuis deux semaines: un des clients détient sûrement des informations pouvant aider les policiers. 

«C’est important d’être honnête et de dire toutes les informations qu’on connaît. On s’inquiète et on aimerait ça avoir des nouvelles le plus rapidement possible. On veut la retrouver», affirme Alexia-Ève Blais-Baril. «Juste avoir plus d’indices et de pistes possibles, ça pourrait nous aider.»

Jonathan Baril vit aussi des moments sombres. Le père de l’adolescente le dit lui-même, il est lié pour la vie à Mélissa Blais. «Je suis à terre intérieurement. Je ne veux même pas imaginer comment ma fille se sent à l’intérieur», confie-t-il. «C’est dur. On est dans le néant et on n’a aucun indice. On n’a pas de point de départ pour commencer à mettre des théories de côté.»

Même si deux semaines se sont écoulées depuis la disparition de la mère de famille de 34 ans, Jonathan Baril ne veut pas perdre l’espoir de la retrouver saine et sauve. Il indique que sa fille est dans le même état d’esprit. Ils sont toutefois conscients que plus le temps avance, plus les chances que Mélissa Blais soit retrouvée en vie s’amenuisent. 

«On ne ferme aucune porte. On éloigne un peu certaines options, car le temps commence à jouer contre nous. Ce n’est pas parce qu’on veut, mais il faut être réaliste», affirme Jonathan Baril. «On garde les portes ouvertes. L’espoir qu’elle revienne ou qu’on la retrouve est encore là.»

Par ailleurs, les proches de Mélissa Blais souhaitent que la population continue d’être vigilante et surtout que la mère de famille ne soit pas oubliée. «Il ne faut pas abandonner. Il ne faut pas oublier. Il faut en parler le plus possible et partager le mot. Notre but c’est de la retrouver, on ne veut pas que sa disparition tombe dans l’oubli», lance Alexia-Ève Blais-Baril. 

Évidemment submergés par l’inquiétude, Jonathan Baril et sa fille se serrent les coudes alors que l’attente est insupportable. Le père de l’adolescente indique qu’ils se donnent en famille le temps de bien s’exprimer sur ce qu’ils vivent. «Je laisse parler ma fille pour qu’elle puisse exprimer ce qu’elle a à dire», précise Jonathan Baril. «On se soutient beaucoup. On garde le moral en famille. Mais on sait les possibilités aussi...»

Malgré tout, la fille de Mélissa Blais ne se replie pas sur elle-même. Elle continue de fréquenter son école, ce qui lui permet d’avoir une certaine stabilité et du soutien de ses amis. «Je vais à la même école que ma cousine. Et ma mère est sa marraine. On en parle vraiment souvent. On se demande où elle est et on veut qu’elle revienne», précise la jeune Alexia-Ève. «Ce qui est important, c’est de la retrouver.»

Des recherches sur la rivière du Loup

La Sûreté du Québec continue d’ailleurs de garder toutes les options sur la table, assure la porte-parole du corps policier, la sergente Éloïse Cossette. Les policiers n’ont pas exclu les possibilités que la disparition de Mélissa Blais soit un enlèvement, un accident, une fugue ou un geste volontaire. Tant que la voiture de Mélissa Blais demeure introuvable, il est très difficile pour les enquêteurs de suivre une piste. 

C’est d’ailleurs pour retrouver le véhicule Toyota Corolla 2011 de couleur noir quatre portes immatriculé Y70 FAD qu’un hélicoptère de la SQ a survolé la région de Louiseville et des municipalités avoisinantes. Le corps policier envisage aussi de faire des recherches sur et près de la rivière du Loup. 

«Nous avons déjà fait des recherches sur les berges de la rivière. Toutefois, nous devrions y retourner jeudi avec des embarcations et des plongeurs», soutient la sergente Éloïse Cossette.