Vanessa Minville et Ariane Baril sont heureuses que leur chiot Kovu ait retrouvé la santé après avoir été affecté par le botulisme.

Deux chiens victimes de botulisme

BÉCANCOUR — Kovu est enjoué et curieux comme tous les chiots de son âge. Il y a quelques semaines à peine, le chiot de quatre mois atteint de botulisme a passé bien près de la mort. Sa fidèle amie Eska a toutefois eu moins de chance. La chienne d’un an et demi est décédée des suites des ravages du botulisme, une maladie rare qui entraîne la paralysie ainsi que de graves problèmes respiratoires et cardiaques. Souhaitant sauver leurs fidèles compagnons, les deux propriétaires des deux chiens ont dû s’endetter pour payer les frais de vétérinaire.

La journée où ils sont tombés malades, les chiens ont de toute évidence déterré un os en cuir dans la cour arrière de la résidence. Les deux chiens ont grugé cet os, mais c’est Eska qui l’aurait mangé. «Kovu est jeune. Il grignote, mais n’arrive pas encore à manger des os», mentionne Vanessa Minville, une des deux propriétaires des chiens.

Rapidement, l’état de santé des chiens s’est détérioré. Ariane Baril a constaté dans l’après-midi que Kovu, un berger allemand croisé avec un husky, n’allait pas bien. Le chien paniquait, car il n’arrivait plus à se lever. Aussitôt, la jeune femme a communiqué avec l’hôpital vétérinaire Rive-Nord pour une consultation en urgence. «Le vétérinaire soupçonnait une intoxication», précise Ariane Baril. «Lorsqu’on est arrivé chez le vétérinaire, il avait les quatre pattes paralysées. Il ne se levait plus et il vomissait.»

Le chien a bien sûr été gardé en observation sous soluté. Lorsque ses propriétaires sont retournées à la maison, elles ont alors constaté que leur chienne Eska, un berger allemand croisé berger australien, était aussi mal en point. «Ses pattes de derrière ont flanché. On l’a amenée tout de suite chez le vétérinaire et une heure plus tard, elle n’avait plus de réflexes. Elle n’avait plus de tonus et elle avait la langue sortie», se souvient Ariane Baril.

Les propriétaires de Kovu soupçonnaient d’abord un empoisonnement. Après avoir communiqué avec le Centre hospitalier universitaire vétérinaire de Saint-Hyacinthe, le vétérinaire qui traitait les deux chiens a émis un diagnostic. Les deux bêtes étaient atteintes de botulisme. Cette maladie très rare est causée par une neurotoxine produite par plusieurs bactéries anaérobies du genre Clostridium. Le botulisme entraîne des nausées, des vomissements, de la faiblesse musculaire, des problèmes de vision et même la paralysie.

Vanessa Minville et Ariane Baril sont heureuses que leur chiot Kovu ait retrouvé la santé après avoir été affecté par le botulisme.

Chez l’humain, le botulisme peut notamment être contracté à la suite d’ingestion d’aliments qui ont été mal conservés à la suite d’un défaut du récipient ou de manque d’hygiène lors de la préparation.

Au lendemain de leur admission à l’hôpital vétérinaire de la Rive-Nord, les deux chiens ne prenaient pas du mieux... bien au contraire. Ils ont dû être transférés au Centre DMV à Montréal. À son arrivée, Eska était en détresse respiratoire et a dû être intubée. La chienne a été beaucoup plus atteinte par la maladie que le chiot Kovu. «Elle est finalement décédée vers 1 h du matin, quelques heures plus tard», précise Vanessa Minville.

Kovu a de son côté été transféré rapidement au Centre hospitalier universitaire vétérinaire de Saint-Hyacinthe, car tout indiquait qu’il aurait lui aussi besoin d’un respirateur. Le chiot a été intubé durant sept jours sur ses quatorze jours d’hospitalisation. «Il s’agissait d’un traitement de support», mentionne Ariane Baril.

«Il devait guérir par lui-même», ajoute Vanessa Minville.

Des frais de 23 000 $

Tous ces soins s’avèrent bien sûr très onéreux. Les factures pour les traitements des deux chiens s’élèvent à près de 23 000 $. Une seule journée sous respirateur artificiel coûte 1000 $ à l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe. Il s’agit d’une somme très importante pour les deux étudiantes en psychoéducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Ariane Baril avec le petit Kovu et Eska, quelque temps avant le décès de la chienne.

«Ce qu’on savait, c’est que c’est du temps que Kovu avait besoin. Je n’aurais pas été capable d’arrêter, parce qu’on savait très bien qu’il allait s’en sortir. On ne savait juste pas quand», avoue Ariane Baril.

«C’était difficile comme décision. Mais on savait qu’il allait s’en sortir sans séquelle. Si on arrêtait les traitements, on abandonnait un chien qui serait en bonne santé», renchérit Vanessa Minville.

«Si on avait su que Kovu aurait des séquelles et qu’il n’aurait pas une belle vie, ça n’aurait pas été pareil. [...] On discutait chaque jour des questions financières et on se disait jusqu’où on allait, parce qu’à un moment donné ça n’a plus de sens, on n’a pas les moyens. Chaque fois, tu te dis qu’un dernier 24 heures va peut-être le sauver. On avait déjà mis 15 000 $, est-ce qu’on va perdre les deux parce qu’il aurait fallu mettre 1000 $ de plus.»

Bien qu’elles ont eu l’aide d’un parent pour payer une partie des factures, les deux jeunes femmes ont dû s’endetter. Conscientes qu’elles devront se serrer la ceinture pour rembourser ces dettes, elles sont tout de même très sereines avec leurs décisions.

«C’est beaucoup d’argent, mais je n’aurais pas été à l’aise d’avoir sur la conscience qu’on était à une décision près de sauver Kovu», souligne Ariane Baril.

Eska est décédée du botulisme, une maladie rare et très agressive.

Souhaitant venir en aide aux jeunes femmes, quelques collègues de travail de Vanessa Minville ont mis sur pied la campagne de sociofinancement «Sauvons Kovu» sur le site Internet Gofundme. Déjà, plus de 2000 $ ont été amassés pour leur venir en aide.

Surprises par cette générosité souvent anonyme, les deux jeunes femmes sont très reconnaissantes. «On ne demande pas la charité. Mais pour certaines personnes, la vie de leur animal vaut plus que des biens matériels», avoue Ariane Baril.

«Au stade où nous en sommes dans notre vie, nous n’avons pas d’enfants. Kovu et Eska étaient deux petites vies qui dépendent de nous. Tu es responsable de ton animal et tu l’aimes autant que si c’était ton enfant», ajoute Vanessa Minville.