«Le deuil chez les jeunes est encore malheureusement un sujet méconnu, mal connu, voire même tabou. Et à travers ces pages, ce sont de milliers de gens endeuillés qui parlent», explique Josée Masson.

Deuil des jeunes: Josée Masson lance une 3e édition de son livre sur ce «sujet méconnu»

Quand Josée Masson a lancé son livre «Mort, mais pas dans mon coeur» en 2006, l’organisme Deuil-Jeunesse, qu’elle préside et dirige, n’existait pas encore. Aujourd’hui, alors qu’elle vient tout juste d’en lancer la troisième édition intitulée «Accompagner un jeune en deuil» aux éditions Trécarré, l’organisme d’aide professionnelle pour les jeunes endeuillés et leurs familles est présent partout au Québec ainsi qu’en Europe et fera une percée dans l’Ouest canadien francophone d’ici quelques semaines.

«Oui, beaucoup d’années ont passé et maintenant, on vit bien financièrement grâce à nos donateurs et notre équipe de permanence est beaucoup plus stable», explique la fondatrice de Deuil-Jeunesse, qui estime néanmoins que son livre est toujours aussi pertinent en 2018 que lors de son premier lancement. «Le deuil chez les jeunes est encore malheureusement un sujet méconnu, mal connu, voire même tabou. Et à travers ces pages, ce sont de milliers de gens endeuillés qui parlent», explique Mme Masson.

«Il y avait certains aspects à mettre à jour également. La première fois que j’ai écrit ce livre, les réseaux sociaux n’existaient pas. L’aide médicale à mourir non plus. Ce sont des réalités dont il faut tenir compte aujourd’hui. Il y a aussi le fait que dans ma première version, j’avais le goût de foncer dans les tabous, j’étais très émotive. À la deuxième, j’y suis allé davantage avec ma tête alors que là, je crois que c’est avec la tête et le coeur que j’ai réédité le livre qui demeure une référence au Québec.»

Josée Masson a aussi modifié certains aspects au fil de son expérience auprès des jeunes endeuillés. Par exemple, exit les fameuses «étapes du deuil». «Je ne veux plus en parler! Beaucoup de cliniciens ont cessé de le faire aussi, car il n’y a pas de consensus littéraire là-dessus. De plus, souvent, les adultes en viennent à vouloir que leurs enfants se «conforment» aux étapes telles que décrites... Au fond, il y a autant de façons de vivre le deuil qu’il y a de jeunes et il n’y a pas une bonne ni une mauvaise façon.»

Dans son livre, Josée Masson guide les parents, les proches et les enseignants sur la façon d’annoncer le décès à un enfant, comment leur faire vivre les rites funéraires et comment les aider à poursuivre leur deuil, par exemple. Elle part d’un principe fondamental, soit que le jeune est l’expert de ses besoins et de son deuil et que c’est l’adulte qui doit aller à sa rencontre. «Nos enfants vivent une histoire. Il ne faut pas leur enlever, il faut les accompagner. Je souhaite que mon livre aide les parents à ne pas trop en faire et à ne pas en faire trop peu non plus. Le problème est que certains adultes souhaitent éviter des séquelles à leurs enfants, mais en rajoutent parce qu’ils abordent mal la situation», résume-t-elle.