Iris Martinez (sur la photo) et Antoine Missout produisent gratuitement des visières pour le milieu de la santé à l’aide d’imprimantes 3D.
Iris Martinez (sur la photo) et Antoine Missout produisent gratuitement des visières pour le milieu de la santé à l’aide d’imprimantes 3D.

Des visières de protection fabriquées à Sutton

Les imprimantes 3D roulent à plein régime à Sutton dans les bureaux de Kilncore, une entreprise d’impression 3D à haute température encore en démarrage. Antoine Missout, qui dirige l’entreprise, et Iris Martinez se sont lancés dans la fabrication intensive de visières de protection pour le personnel de la santé.

Inspirée par les nombreuses initiatives partout au Québec pour aider le réseau de la santé qui doit rationaliser ses outils de protection, Mme Martinez a proposé à M. Missout de consacrer ses imprimantes à la fabrication de visières répondant aux normes. Il a par ailleurs acheté de nouvelles imprimantes pour pouvoir en produire davantage.

«J’ai vu qu’il y avait des besoins dans la région, raconte en entrevue la développeuse web et auteure. Avec les huit imprimantes, on va pouvoir avoir une production d’une centaine de visières par semaine.»

Le duo a commencé la production le week-end dernier. Dimanche déjà, une douzaine de visières a pu être livrée à l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins, qui a approuvé leur modèle.

«Une entreprise, Prusa, a sorti un modèle libre de droits de reproduction et qui peut être adapté par tout le monde. On utilise une adaptation de ce modèle réalisée par le NIH, le National Institute of Health. On a eu des retours de l’hôpital de Cowansville et ça répond à leurs besoins.»

L’imprimante réalise la partie frontale de la visière. Selon leur rapidité, les imprimantes peuvent produire deux à trois visières par jour chacune. À cette composante s’ajoutent une feuille de plastique transparente et des rubans pour attacher le tout à l’arrière de la tête. Le duo a d’ailleurs pu compter sur un don d’acétates et de rubans élastiques de la part de citoyennes.

«On aimerait rallier tous ceux qui peuvent en faire, ajoute Mme Martinez. On ne doit pas être les seuls dans la région à avoir une imprimante 3D ! D’avoir un plus grand réseau, ça aiderait à ne pas laisser des gens sur le carreau. On veut faire en sorte que les gens qui en ont besoin puissent avoir accès à ces équipements-là.»

Une deuxième livraison est prévue durant la semaine à l’hôpital BMP. Il y a aussi de la demande à Granby et à Montréal, mais aucune entente n’avait encore été prise.

Mouvement de solidarité

Leur initiative cadre parfaitement avec le mouvement de solidarité qui a pris son envol depuis le début de la crise. Leur objectif n’est pas de faire de l’argent.

D’ailleurs, ils ne chargent rien pour ces visières. «Notre politique c’est donation volontaire. On est là pour aider. S’il y en a qui veulent donner de l’argent pour couvrir nos coûts, on accepte, mais on ne veut pas faire de bénéfices.»

Jusqu’à présent, Iris Martinez et Antoine Missout ont reçu des remerciements. Une employée de BMP leur a aussi envoyé une photo d’elle portant la visière.

Ils veulent fournir le personnel de la santé en priorité, mais n’excluent pas d’aider les personnes qui travaillent dans le public. Mme Martinez met cependant en garde ces derniers que les visières ne suffisent pas pour se protéger contre la contagion.

Elle invite d’ailleurs les personnes qui possèdent une imprimante 3D, et qui désirent participer au mouvement, de la joindre au iris@lokasennas.com. Les gens qui travaillent dans des centres de soins peuvent aussi la joindre de cette façon.