Au total, onze perquisitions ont été réalisées, notamment à Saguenay, dans les arrondissements de La Baie et Jonquière, et dans les municipalités de Saint-Fulgence, L’Ascension-de-Notre-Seigneur, Alma, Roberval et Saint-Gédéon. Des articles de pêche, une cabane à pêche et plusieurs milliers de poissons ont été saisis jusqu’à maintenant dans le cadre de cette opération.

Des réseaux de braconnage d'éperlans démantelés

Les agents de protection de la faune ont réalisé une intervention en force, mercredi, visant 70 individus du Saguenay-Lac-Saint-Jean impliqués dans la capture illégale d’éperlans arc-en-ciel dans la rivière Saguenay, ainsi que dans la vente et l’achat de ces poissons.

L’intervention, appelée Marée montante, a mobilisé 95 agents assistés de l’escouade canine de la Protection de la faune du Québec. Au total, onze perquisitions ont été réalisées, notamment à Saguenay, dans les arrondissements de La Baie et Jonquière, et dans les municipalités de Saint-Fulgence, L’Ascension-de-Notre-Seigneur, Alma, Roberval et Saint-Gédéon. Des articles de pêche, une cabane à pêche et plusieurs milliers de poissons ont été saisis jusqu’à maintenant dans le cadre de cette opération.

Des amendes de 1825 $ par individus

« La vente illégale de poissons et l’achat illégal de poissons sont des infractions majeures en vertu de la Loi sur la conservation de la faune et la peine minimale dans ce genre d’infraction est de 1825 $ par chef d’accusation. S’ils sont reconnus coupables, les individus impliqués dans ces actes de braconnage sont passibles d’amendes pouvant atteindre plus de 175 000 $ », a précisé le commandant Jasmin Larouche, directeur de la protection de la faune du Saguenay-Lac-Saint-Jean à l’issue d’une conférence de presse.

« C’est grâce à la dénonciation de pêcheurs au centre d’appel S.O.S. Braconnage que nous avons initié cette enquête durant la saison de pêche 2015. Nos agents ont fait de l’observation et de la filature sur les sites de pêche du Saguenay afin de documenter la preuve. Nous avons mis trois ans pour monter une preuve solide avant de lancer l’opération Marée montante », indique le commandant pour expliquer ce long délai d’enquête.

À la base, les agents de la faune croyaient avoir affaire à un réseau organisé, pour se rendre compte au fil des investigations qu’il s’agissait de plusieurs cellules d’individus qui vendaient leurs prises sur les sites de pêche. La vente et l’achat d’éperlans arc-en-ciel pouvaient servir à des fins de consommation, mais le commerce se faisait aussi avec des adeptes de la pêche aux poissons de fond qui utilisent les petits poissons argentés pour appâter leur ligne à pêche afin de capturer des sébastes, des morues et des flétans à des profondeurs de plus de 200 mètres.

La Loi sur la faune au Québec interdit d’acheter, de vendre, d’échanger, de troquer et d’offrir pour la vente, l’échange ou le troc des poissons capturés dans le cadre d’activités de pêche récréative.

Sur la baie des Ha ! Ha !, on compte environ 900 cabanes à pêche dont 348 (183 à L’Anse-à-Benjamin et 165 à Grande-Baie) sont installées sur les glaces dans des secteurs de pêche à l’éperlan arc-en-ciel qui se capture en eau peu profonde.

Jasmin Larouche, directeur de la protection de la faune du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a rappelé que la vente illégale de poissons et l’achat illégal sont des infractions majeures en vertu de la Loi sur la conservation de la faune.

Des appâts pour poissons de fond

Il était connu des habitués de la pêche que certains adeptes acceptaient de contrevenir à ces lois en vendant les petits poissons aux gens qui en faisaient la demande. « Le prix des éperlans pouvait varier de 2 $ à 5 $ la douzaine selon la rareté de l’espèce au moment de la transaction », évalue le commandant Jasmin Larouche en se fiant aux informations amassées sur le terrain par les agents.

Questionné à savoir s’il se faisait aussi de la vente illégale de poissons de fond comme le sébaste, la morue et le flétan, le directeur de la protection de la faune n’avait pas d’information à ce sujet. « La pêche aux poissons de fond est sous la juridiction de Pêches et Océans Canada du gouvernement fédéral alors que la pêche à l’éperlan est de juridiction provinciale », de préciser Jasmin Larouche.

Rappelons que la pêche à l’éperlan dans la zone 21, de la flèche du littoral à Saint-Fulgence jusqu’en amont du pont Dubuc, incluant la baie des Ha ! Ha !, peut se pratiquer à l’année, sans avoir besoin de permis de pêche. Les pêcheurs peuvent utiliser un maximum de cinq cannes à pêche sans limites quant au nombre d’hameçons.

Le directeur de la Protection de la faune du Saguenay-Lac-Saint-Jean indique par ailleurs que de nombreux agents patrouilleront sur les glaces du Saguenay, jeudi, pour rencontrer les pêcheurs dans le cadre d’une opération de sensibilisation et d’information sur les conséquences du braconnage des espèces sportives de poissons et pour inviter les adeptes à poursuivre leur collaboration en signalant tout acte de braconnage.