L’édifice du 350, rue King Edward, a été infesté de punaises de lit pendant une bonne partie de l’été.

Des punaises de lit au travail

Plus de 200 employés d’un sous-traitant de Services partagés Canada (SPC) à Ottawa ont dû travailler parmi des punaises de lits pendant plus d’un mois.

L’édifice du 350, rue King Edward, a été infesté pendant une bonne partie de l’été, a appris Le Droit.

Selon nos informations, des premiers insectes ont été aperçus à la mi-août. Un exterminateur a été aperçu à l’entrée du bâtiment vendredi dernier.

Plusieurs travailleurs ont dû tolérer la présence de ces insectes pendant plusieurs semaines au détriment de leur santé, dénonce l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).

Les travailleurs réguliers de SPC ont eu l’autorisation de faire du télétravail pendant cette période critique, afin de ne pas être contaminés, et de ne pas rapporter ces insectes nuisibles à la maison.

Mais la situation d’environ 240 autres personnes a été tout autre, déplore Magali Picard, vice-présidente exécutive nationale de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC).

Il s’agit de « non-fonctionnaires » qui ne sont pas des employés réguliers du gouvernement. Ils sont employés par la firme ottavienne NewFound Recruiting, elle-même sous-traitante du géant informatique IBM. Cette grande firme internationale est la signataire d’un important contrat de service avec le gouvernement et SPC.

« Le gouvernement a reconnu le problème et invité ses employés réguliers (dont le bureau est au 350, King Edward) à travailler à la maison, explique Mme Picard. Mais c’est très différent pour les employés contractuels. Ils doivent se présenter, malgré tout, au bureau. Ils doivent mettre leurs effets personnels dans un sac en plastique, et changer de vêtements avant de repartir le soir, pour éviter d’infester leurs résidences. »

Les directions de NewFound Recruiting et d’IBM n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue, lundi.

Le Droit attendait toujours, lundi en fin de journée, la réaction de Services partagés Canada,

Selon le syndicat, « IBM et l’agence de placement s’en mettent plein les poches, et le gouvernement s’en lave les mains. » L’AFPC invite par ailleurs les candidats aux élections fédérales à réagir, et visiter le 350, King Edward.

« On se rappelle que le gouvernement conservateur a privatisé ce genre de services, plaide Mme Picard. C’est ce que ça donne. »

L’Alliance ne cache pas son désir d’obtenir une accréditation syndicale pour ces employés. Elle veut aussi faire reconnaître par un tribunal du travail ontarien que l’employeur est bien IBM. L’arbitre au dossier n’a toujours pas tranché dans cette affaire.

« IBM fait des profits, dit Mme Picard. Le sous-traitant doit remplir sa part du contrat, et on en paie le prix avec les conditions d’emploi. Par manque de personnel, on se retrouve sans marge de manoeuvre. »