À l’invitation du Consulat général des États-Unis à Québec, Rick Braziel, ex-chef de la police de Sacramento, prononçait lundi au poste de police de Sainte-Foy une conférence sur les leçons à tirer de six tragédies.

Des policiers américains plaident pour la transparence policière

«Vous ne pouvez pas contrôler l’histoire si vous ne racontez pas l’histoire», a lancé Rick Braziel, ex-chef de la police de Sacramento, devant un parterre de policiers de la capitale et d’ailleurs au Québec.

Lundi matin, au poste de police de Sainte-Foy, M. Braziel et sa collègue Jennifer Zeunik, directrice des programmes à la Police Fundation, un groupe américain sans but lucratif dédié à l’avancement policier par la science et l’innovation, ont livré un plaidoyer pour une plus grande transparence policière. 

Les deux conférenciers ont notamment encouragé les corps policiers québécois à dévoiler l’information plus rapidement possible sur les réseaux sociaux et aux médias traditionnels, quitte à dévoiler des informations fragmentaires qui continuent d’évoluer. 

«Dans les forces de l’ordre, on pense qu’on ne peut pas se tromper... On fait des erreurs tout le temps, il faut juste l’assumer : “On va faire des erreurs, on va dévoiler des informations qui ne sont pas exactes à 100 %, mais c’est important qu’on vous transmette les informations”», dit M. Braziel, qui a dirigé le service de police de la capitale californienne jusqu’à sa retraite en 2012. 

«La communauté est tout à fait prête à pardonner si on reconnaît qu’on essaie juste de faire la bonne chose et qu’il y aura de petites erreurs au fil de l’événement», ajoute-t-il. 

Des leçons tirées de six tragédies 

À l’invitation du Consulat général des États-Unis à Québec, M. Braziel et Mme Zeunik prononçaient lundi au poste de police de Sainte-Foy une conférence sur les leçons à tirer de six tragédies.

Devant de nombreux policiers qui avaient encore à l’esprit l’attentat de la grande mosquée de Québec, les deux conférenciers ont décrypté la réponse policière à la fusillade du Pulse à Orlando, à l’attentat de San Bernardino, aux émeutes de Ferguson, à la prise d’otages de Stockton, aux feux de forêt de la Californie et aux fusillades et à la chasse à l’homme entourant le tueur Christopher Dorner.

Mais au-delà du travail des policiers, les conférenciers ont beaucoup insisté sur la communication avec le public, à l’heure où les vidéos des tragédies se retrouvent sur Facebook, Twitter et Instagram avant même la fin des interventions. 

Si les policiers attendent trop longtemps avant de transmettre l’information, a expliqué Mme Zeunik, les spéculations vont s’emparer des médias sociaux et le service de police va perdre le contrôle du message.

Lors des fusillades à Orlando et à San Bernardino, par exemple, les services policiers ont abondamment utilisé les médias sociaux pour informer rapidement le public. 

Le capitaine Alain Bernier, responsable des mesures d’urgence au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), a estimé que la transparence prônée par les conférenciers est une «très bonne approche. C’est du moins ce qu’on vise à travers les années», a-t-il dit.

La transparence policière est importante pour gagner la «confiance» des citoyens, a ajouté M. Bernier. «Sans confiance, c’est difficile de faire notre travail».