Les deux propriétaires du Ranch Dupont, Mathieu Dupont et Jolyane Campanozzi.
Les deux propriétaires du Ranch Dupont, Mathieu Dupont et Jolyane Campanozzi.

Des espèces menacées trouvent refuge à Shawinigan

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Situé au beau milieu de la très jolie campagne méconnue de Shawinigan-Sud, le Ranch Dupont offre un refuge pour près de 200 animaux d’une trentaine d’espèces. Ouvert au grand public depuis maintenant un an, ce refuge destiné principalement aux animaux à sabots a été visité par pas moins de 10 000 personnes. Et après des mois très difficiles en raison de la pandémie, les visiteurs sont en grand nombre cet été.

«Les visiteurs sont là et on est vraiment content. On est heureux de la vie qu’on a ici», lance le copropriétaire de l’endroit, Mathieu Dupont.

Le Ranch Dupont a de grands enclos où l’on retrouve des animaux comme des élans du Cap.

«On a plus d’entrées que ce qu’on pensait. Même avec la pandémie.»

Il y a pourtant quelques mois à peine, le site était désert et ses propriétaires ne savaient pas comment entrevoir l’avenir. Tous les groupes scolaires ou les services de garde avaient annulé leur visite. Mais depuis la réouverture des lieux extérieurs comme le ranch, les familles sont très nombreuses à s’y rendre. En moyenne, 350 personnes visitent l’endroit chaque jour actuellement.

Les paysages de ce secteur de Shawinigan-Sud offrent un beau décor aux visiteurs.

D’abord des amoureux et parents de trois enfants, Mathieu Dupont et Jolyane Campanozzi, une enseignante, ont acquis le ranch et le terrain de 100 acres (40 hectares) en 2016. À l’origine, le projet du couple était de créer une ferme éducative. Mais au fil de l’élaboration du projet, l’idée d’un ranch de conservation sous le modèle de ce qui se fait aux États-Unis s’est présentée comme la meilleure option pour le couple.

«On a décidé de créer un ranch de conservation pour des animaux à sabots en voie de disparition et de faire une terre d’accueil pour des animaux dans le besoin. De 2016 à 2018, il y a bien des choses qui ont changé», avoue avec le sourire Mathieu Dupont.

Une visite au Ranch Dupont peut quelque peu donner l’impression d’un safari, avec ces trois espèces africaines réunies.

«Beaucoup d’animaux à sabots sont disparus de la nature. Plusieurs sortes d’antilopes et de mouflons ont disparu ou sont très menacées. C’est méconnu au Canada, c’est pour ça que nous avons décidé de faire un ranch. Et avec le genre de terrain que nous avons, c’est l’idéal pour ces animaux.»

Le Ranch Dupont accueille maintenant des cerfs de plusieurs espèces, des wapitis, des gnous, des bisons, des watusis, des élans du Cap ou encore des chameaux, les petits nouveaux résidents des lieux. Certains animaux sans sabots ont aussi trouvé refuge au ranch de Shawinigan-Sud, comme des lémuriens, une tortue et des kangourous.

Certains animaux peuvent être nourris pas les visiteurs.

«Chaque animal a son histoire», mentionne Mathieu Dupont.

«On a souvent des animaux retraités. Ils n’avaient plus d’espace sur la ferme où ils étaient. Si on a de l’espace, ça va toujours nous faire plaisir de les accueillir.»

Que serait un ranch sans chevaux?

Véritable projet familial, le Ranch Dupont peut déjà compter sur la présence d’Élianna, Thomas et Édouard, la relève de la famille Dupont. De plus, les grands-parents mettent la main à la pâte pour que l’entreprise familiale soit une réussite et que les visiteurs aient une belle expérience.

«Notre projet a un important volet éducatif. On discute beaucoup avec les gens pour leur donner plein d’informations sur les différentes espèces qu’on a au ranch», note Jolyane Campanozzi.

Ces petits cervidés japonais vivent dans un sous-bois.

«On reçoit aussi beaucoup d’enfants, d’écoles ou de garderies.»

Consciente qu’elle amorce les activités du ranch alors que le public a une plus grande sensibilisation à l’égard du bien-être animal, la famille Dupont veut continuellement améliorer ses pratiques. «Quand tu as des animaux, tu dois être irréprochable», note le copropriétaire des lieux.

Les vaches watusis impressionnent par leurs cornes.

«Les lois sont plus sévères qu’elles étaient. Et on les respecte. Il y a des inspections du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) et du ministère de la Faune. Nous avons un contrat avec l’hôpital vétérinaire de l’Énergie et nous avons un suivi 24 heures sur 24 au besoin. Nous sommes bien accompagnés.»

Le Ranch Dupont compte aussi sur le travail d’une dizaine de bénévoles et de cinq employés, essentiellement des adolescents passionnés par les animaux. Des producteurs agricoles voisins du ranch offrent aussi régulièrement de l’aide au ranch pour qu’il concrétise sa mission.

Trois chameaux ont récemment emménagé au Ranch Dupont.