Pierre-Benoît Fortin demande à la Ville de revoir ses plans afin que des égouts ne soient pas déversés dans ce ruisseau qui borde sa propriété.
Pierre-Benoît Fortin demande à la Ville de revoir ses plans afin que des égouts ne soient pas déversés dans ce ruisseau qui borde sa propriété.

Des eaux usées sous sa fenêtre?

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Des citoyens du secteur Sainte-Marthe-du-Cap s’inquiètent d’apprendre qu’un réseau pluvial et un trop-plein d’urgence pourraient bientôt être redirigés vers un fossé qui passe à proximité, et même parfois directement sur leurs terrains, afin d’accommoder les besoins d’un nouveau développement domiciliaire situé à proximité de la rue P.-Dizy-Montplaisir. Une pétition est sur le point d’être lancée afin de demander à la Ville de Trois-Rivières de revoir ses plans et de penser ces aménagements autrement.

Le projet domiciliaire, qui comptera à terme entre 1200 et 1500 nouvelles portes, force l’augmentation de la capacité du poste de pompage Stoybroumont, dans le secteur Sainte-Marthe. Les travaux relatifs à l’augmentation de cette capacité seront cependant financés par une taxe d’amélioration locale.

Or, le réseau pluvial pour desservir ce secteur sera redirigé vers un fossé déjà existant, qui longe notamment le parc Frigon, où l’on retrouve plusieurs dizaines de résidences, de même que le long du rang Saint-Malo, avant d’être dévié vers un autre ruisseau qui lui, se déverse dans le fleuve. Dans ce réseau pluvial se déversera aussi, au besoin, le trop-plein d’urgence de la station de pompage, s’il devait survenir un bris ou un événement inattendu.

Pour Pierre-Benoît Fortin, dont ledit ruisseau passe directement sur son terrain, à quelques pieds à peine de sa maison, cette situation est inacceptable. «Juste avec le réseau pluvial de tout ce secteur, ça va augmenter le débit du cours d’eau et forcément causer la détérioration de nos terrains. Mais là on me dit en plus qu’un trop-plein d’urgence est prévu, et qu’à l’occasion, ils vont déverser les égouts là-dedans», s’indigne-t-il.

Le réseau pluvial d’un nouveau développement domiciliaire et un trop-plein d’urgence pour éviter les refoulements d’égouts pourraient bien se déverser dans ce ruisseau.

À la Ville, on a indiqué au propriétaire que les déversements de ce type étaient extrêmement rares, arrivant entre une fois par année à une fois aux cinq ans, et qu’ils permettent surtout d’éviter des refoulements d’égouts dans les résidences. «Mais ils ne peuvent pas me donner aucune garantie sur la fréquence. Ça pourrait tout aussi bien être aux trois mois. On va déverser des égouts dans ce ruisseau, qui passe juste sous ma fenêtre», mentionne-t-il.

Pierre-Benoît Fortin qui, rappelons-le, était candidat à la mairie de Trois-Rivières aux dernières élections, a commencé à consulter le voisinage et s’apprête à lancer une pétition dans le secteur afin de demander à la Ville de revoir ses plans. À l’heure actuelle, il semble que la démarche reçoive de nombreux appuis, selon ses dires.

«Ce n’est pas compliqué, on veut qu’ils fassent passer ça ailleurs. Qu’ils fassent passer un tuyau qui se rend directement au fleuve, qu’ils travaillent proprement», ajoute-t-il.

À la Ville de Trois-Rivières, on confirme que le scénario présenté plus haut est celui priorisé par la Ville, mais on indique toutefois être en attente du certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement pour procéder. «Le projet va être étudié selon de nombreux critères, et forcément que tout ça sera pris en compte», indique Guillaume Cholette-Janson, porte-parole de la Ville.

Le fossé visé passe devant plusieurs résidences avant de se jeter dans un ruisseau qui se dirige vers le fleuve à travers les terres.

Ce dernier indique que pour ce qui est du réseau pluvial, de nombreuses actions sont prévues pour rendre le tout conforme, dont le nettoyage et la perméabilisation du fossé. Par ailleurs, l’aménagement de la station de pompage avec des génératrices de même que la présence d’une pompe supplémentaire qui peut prendre la relève en cas de bris font que les déversements d’eaux usées dans un trop-plein d’urgence deviennent des événements rarissimes.

«Notre objectif n’est clairement pas de faire passer les toilettes de tout un quartier résidentiel sur le terrain des gens», image-t-il.