La Cité accueille le symposium Femmes des services d’incendie de l’Ontario.

Des casernes pas assez féminines

La proportion de femmes dans les services d’incendie du pays est famélique. Dans les grandes villes comme en région, elles représentent à peine 3 % à 5 % des forces vives des corps de pompiers. Une centaine d’entre elles se sont réunies à Ottawa cette fin de semaine pour briser cette forme d’isolement et montrer aux plus jeunes la place qui leur revient.

La Cité accueille depuis vendredi le symposium Fire Service Women in Ontario (Femmes des services d’incendie de l’Ontario), une organisation qui fête cette année son 10e anniversaire.

C’est l’occasion pour ces femmes et leurs collègues masculins de débattre ensemble des préjugés sexistes, du racisme, du sexisme, de la diversité en milieu de travail, et de la nécessité d’accueillir plus de femmes dans les casernes. Les femmes ont besoin de mentors féminins dans la profession. Elles sont encore trop rares.

Des formations — et un brin de collégialité — réunissent ces pompières de partout en Ontario et au Canada.

Les femmes dans les services d’incendies se retrouvent dans une situation qui était semblable à celle des femmes dans la police, à la fin du siècle dernier.

Selon Statistique Canada, les femmes représentaient 21 % de tous les policiers assermentés et elles atteignaient davantage de grades supérieurs, en 2017.

Est-ontarien

Audrey-Anne Robinson est l’une des trois pompières volontaires dans la Cité de Clarence-Rockland. Dans la mi-trentaine, elle a effectué un retour aux études au collège La Cité. Sa passion l’a conduite dans les casernes de ce village de l’est ontarien, et dans les classes de La Cité, en tant que professeure d’éducation physique au programme de Service incendie.

« Année après année, on a deux ou trois filles par classe, dit-elle. Ce n’est évidemment pas assez. » Selon Mme Robinson, les jeunes femmes hésitent à devenir pompières par crainte de travailler dans un environnement de machos, mais aussi parce qu’elles se sentent incapables de satisfaire aux exigences physiques. « Oui, c’est difficile, mais c’est très faisable. Puis, les hommes ont une bien meilleure attitude qu’avant. C’est un travail d’équipe. »

Une des épreuves les plus difficiles est le processus d’embauche. Plusieurs finissants(e)s cognent aux portes des grands services d’incendie, comme ceux d’Ottawa et Gatineau. Ces grands services peuvent bien rémunérer des pompiers et des pompières, en les embauchant à temps plein.

Les petites villes n’ont d’autre choix que de retenir les services de pompiers volontaires.