Comme plusieurs dizaines de skieurs, Marcel Gagnon, un traducteur âgé de 62 ans, a vu sa journée sportive virer au cauchemar le 21 février.
Comme plusieurs dizaines de skieurs, Marcel Gagnon, un traducteur âgé de 62 ans, a vu sa journée sportive virer au cauchemar le 21 février.

Demande d’action collective pour les skieurs victimes de l’accident des télécabines 

Un homme de Gatineau demande la permission d’exercer une action collective pour faire indemniser tous les skieurs victimes de l’arrêt d’urgence des télécabines au Mont-Sainte-Anne.

Comme plusieurs dizaines de skieurs, Marcel Gagnon, un traducteur âgé de 62 ans, a vu sa journée sportive virer au cauchemar le 21 février.

Vers 10h, il prenait place à bord d’une cabine avec sept autres personnes. Soudainement, la remontée mécanique s’est brusquement arrêtée.

Dans sa requête déposée devant la Cour supérieure, M. Gagnon décrit comment les cabines ont alors pivoté sur leur point d’ancrage. Plusieurs cabines ont été projetées sur les câbles, poulies et poteaux de la remontée, dit-il. Le plancher de plusieurs cabines s’est retrouvé à la verticale et les gondoles ont oscillé fortement «pendant d’interminables secondes», dit-il.

Les vitres de plusieurs cabines ont été fracassées et le matériel de ski accroché à l’extérieur a été projeté au sol.

À l’intérieur, les passagers étaient violemment projetés les uns sur les autres et sur les parois de la cabine. Plusieurs skieurs ont été blessés et un homme a été projeté à l’extérieur de la cabine avant d’être retenu par les membres de sa famille.

Après avoir été évacués, 21 skieurs, dont M. Gagnon, ont pris le chemin de l’hôpital.

La remontée mécanique a été remise en fonction dimanche, après neuf jours d’interruption.

Marcel Gagnon dit avoir subi de nombreux impacts, dont plusieurs à la tête. Il dit avoir subi une entorse cervicale et souffre toujours de douleurs à la tête, aux côtes et au cou. «M. Gagnon n’a jamais eu aussi peur, peut-on lire dans la requête. Lorsque la vitre de sa cabine a chuté, il a cru mourir.»

Pour ses propres dommages non pécuniaires et matériels, Marcel Gagnon réclame à la station de ski Mont-Sainte-Anne une somme de 22 000$.

Le skieur de Gatineau estime que la station de ski a fait défaut de respecter son obligation de sécurité à l’égard des usagers de la remontée mécanique.

M. Gagnon croit que l’action collective est le véhicule parfait pour indemniser les skieurs victimes de l’accident de gondoles car la question de la faute est identique pour tous et que les dommages subis sont assez similaires. Les skieurs ont subi des chocs nerveux, des fractures aux membres ou aux vertèbres, des ecchymoses, des commotions cérébrales, des entorses et des pertes de conscience.

Selon le skieur de Gatineau, plusieurs centaines de skieurs pourraient faire partie du groupe. Chacun a le droit «d’être indemnisé intégralement pour les dommages subis», peut-on lire dans la requête. 

Variation de tension

La remontée mécanique a été remise en fonction dimanche, après neuf jours d’interruption. Cette réouverture a été autorisée par la Régie du bâtiment du Québec, après plusieurs inspections et tests.

Selon le communiqué émis par la station de ski, l’inspection aurait permis de conclure que «l’accident n’a pas été causé par un bris d’équipement, une intervention humaine ou une erreur opérationnelle, mais par un événement indépendant, extérieur et imprévisible», soit une variation de tension sur l’alimentation électrique.