Alexandre et Jacques Tanguay ont créé le Fonds Famille Massé pour venir en aide à Josée Morin et à ses six enfants pendant 15 ans. À droite, le président du Club de hockey l’Océanic de Rimouski, Éric Boucher, qui est aussi engagé dans l’initiative.
Alexandre et Jacques Tanguay ont créé le Fonds Famille Massé pour venir en aide à Josée Morin et à ses six enfants pendant 15 ans. À droite, le président du Club de hockey l’Océanic de Rimouski, Éric Boucher, qui est aussi engagé dans l’initiative.

Décès d’un père de six enfants: Tanguay touché par le drame

RIMOUSKI — Quand Maurice Tanguay a appris, samedi, qu’une collision avait coûté la vie à Dave Massé, 41 ans, père de six enfants âgés de 4 à 13 ans, il a appelé son petit-fils Alexandre. Même s’il ne connaît pas ces gens, il est profondément touché par cette tragédie lors de laquelle la conjointe de la victime, Josée Morin, a aussi été gravement blessée. L’homme d’affaires de Québec s’est alors engagé à aider la famille endeuillée. Déjà, 200 000 $ ont été déposés dans un fonds à même la fondation qui porte son nom.

«Depuis ce temps-là, mon père ne pense qu’à ça», a raconté Jacques Tanguay, visiblement ému, lors d’une conférence de presse tenue jeudi à Rimouski. La Fondation Maurice Tanguay a donc créé le Fonds Famille Massé pour subvenir aux besoins financiers de la mère et de ses six enfants pendant quinze ans, dans lequel la Fondation a déjà versé 100 000 $. De plus, la Banque Nationale, la Fondation Ernest Simard et Louis Khalil, premier vice-président et gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale, ont ajouté 75 000 $. Enfin, Guy Pelletier, un bon ami de Jacques Tanguay, le vice-président et directeur général d’Ameublements Tanguay, a arrondi la somme avec un don de 25 000 $. 

Le président du Club de hockey l’Océanic de Rimouski, Éric Boucher, a rencontré les quatre grands-parents qui ont pris en charge les six enfants du couple. «Éric m’a appelé et il pleurait, a relaté Jacques Tanguay. Il m’a dit qu’il fallait faire quelque chose.» 

«Je suis passé sur les lieux de l’accident et j’ai trouvé ça tellement triste, a souligné M. Boucher. J’avais l’idée de faire un projet. Je me suis dit que je l’avais, mon projet. Je suis très content que Jacques Tanguay ait décidé de s’impliquer.»

Josée Morin et Dave Massé avaient récemment entrepris de rénover leur maison. Maintenant, sans le revenu de M. Massé qui était l’unique pourvoyeur de la famille, il sera impossible pour Mme Morin d’envisager la suite des travaux. «Ils vivaient dans un environnement modeste, mais dans les prochains mois, il va y avoir un projet de maison pour Josée et ses enfants», promet Jacques Tanguay, qui appelle à la générosité des citoyens. 

Le Fonds Famille Massé sera géré par Alexandre Tanguay et Louis Khalil de la Banque Nationale, succursale de Rimouski, où les dons peuvent être versés, tout comme à la billetterie de l’Océanic, située au deuxième étage du Colisée Financière Sun Life de Rimouski. 

Par ailleurs, Édith Deschamps, la cousine de Josée Morin, avait lancé une campagne de sociofinancement quelques heures après le tragique accident. Des 10 000 $ qu’elle avait fixé comme objectif, les dons dépassent aujourd’hui les 115 000 $.

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Jérôme St-Laurent, associé et ami de Dave Massé, était inconsolable.

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La mère de famille hors de danger 

RIMOUSKI — Josée Morin a subi au moins trois fractures, dont l’une au bras gauche. La plus importante est celle au bassin, qui a nécessité une intervention chirurgicale à l’hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec, où la mère de famille avait été transférée après la collision. La dame est maintenant hospitalisée au Centre hospitalier de Rimouski depuis mercredi.

Dave Massé, le père de famille décédé dans l’accident, avait fondé Groupe Solumec avec son grand ami Jérôme St-Laurent. Créée il y a trois ans, l’entreprise offre des réparations mécaniques directement chez les clients. Rencontré par Le Soleil jeudi, Jérôme St-Laurent était inconsolable. «Dave, avant d’être mon associé, c’était mon meilleur ami, souligne-t-il. On s’était connus au cégep, il y a 14 ans. Dave était toujours prêt à aider. Le téléphone pouvait sonner de jour ou de nuit, il était toujours là pour tout le monde, peu importe le problème. C’était dans sa nature de donner un coup de main dans la mesure de ce qu’il pouvait faire. Il laisse un grand vide et il ne sera jamais remplaçable.»

Selon lui, Dave était fier de sa famille. «Il n’était pas dans le luxe, indique son ami et associé. Ce qu’il privilégiait, c’était du temps de qualité en famille.» L’homme et la femme formaient un couple depuis 22 ans et, selon Jérôme, ils s’aimaient comme au premier jour. «C’est un couple qui était solide et rien n’aurait pu les séparer, à part cet accident», croit-il.

Benoît Chénard et Geneviève Fradette sont des voisins de la famille Morin-Massé et aussi des amis de longue date. Leurs cinq enfants côtoient les six enfants endeuillés. «Quand on a des corvées, on les fait ensemble», dit Benoît. Les deux familles partagent fréquemment des repas. «On a une grande table de 16», précise tout bonnement sa conjointe.

Celle-ci a eu une conservation par messages textes avec Josée de son lit d’hôpital. «Pour elle, c’est dur de réaliser ça, rapporte Geneviève. Ça lui fait du bien de savoir qu’il l’a protégée et l’a aimée jusqu’à la fin. Elle lui a tenu la main tout le long pendant qu’il était encore vivant. Il n’était plus conscient pendant le transport en ambulance. Ils l’ont massé à l’hôpital pendant une heure. Il est mort des suites de ses blessures.»

Les cadeaux des enfants détruits

Josée se préoccupait des cadeaux de Noël de ses enfants, dont plusieurs jouets, qui étaient tous dans la voiture. «Elle ne sait pas qu’ils ont tous été détruits dans l’accident, confie Geneviève. Je les ai tous rachetés identiques, avec les mêmes couleurs.» Ce sont les collègues de Benoît, les pompiers de la caserne de Sainte-Blandine, qui se sont cotisés pour payer le remplacement des cadeaux. Johanne Fournier